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Duels avec le Glorioso

Juillet 1747, le Glorioso, navire espagnol, approche des Açores, ramenant des Amériques une cargaison de quatre millions de dollars en argent provenant des mines du Mexique. Le navire a été construit à La Havane, en bois tropicaux fort denses et très pesants. Il est plutôt lent mais d’une incroyable robustesse, quand à son capitaine, Pedro Messia de la Cerda, c’est un chevalier grand-croix de l’ordre de Malte. C’est un homme habile, déterminé et son équipage le suivrait en enfer !

Au large de Florès, le Glorioso se fait intercepter par 3 navires britanniques : le vaisseau Warwick de 60 canons, la frégate Lark de 40 canons et un brick de 20 canons. Le Gloriosio est lui armé de 70 canons. Pour les navires anglais, il s’agit d’une proie facile, du moins le pensent-ils. Ils engagent le combat, et contre toute attente, le Glorioso contre attaque à la stupeur des Anglais. Les tirs précis des Espagnols provoquent des dégâts incroyables chez les Anglais, coques percées, gréements ravagés, équipages décimés. En moins d’une heure, les Anglais prennent la fuite avec des navires à l’état d’épaves ! Le Glorioso, bien que lui aussi endommagé, poursuit sa route vers l’Espagne, sans avoir perdu un seul homme d’équipage.
Six jours plus tard, il arrive en vue du Finistère galicien et comble de malchance, il tombe à nouveau sur les Anglais ! Cette fois, il s’agit de l’amiral John Byng qui commande l’Oxford de 50 canons, la frégate Shoreham de 24 canons, et le Brick Falcon de 20 canons. Et encore une fois, le Glorioso attaque ! Après 3 heures de combats acharnés, les navires anglais se retirent en piteux états. Le Glorioso a aussi subi de nouvelles avaries dont la perte de son beaupré, la coque est toujours intacte ! Il réussit à rentrer le 16 août dans la ria de Corcubion et d’y décharger la totalité de ses trésors. La mission remplie, La Cerda effectue quelques réparations de fortune mais constate que pour l’essentiel, il faudra un bon radoub d’Arsenal.
Devant rejoindre le Ferrol, le navire reprend la mer ; des vents contraires le déroutent et le capitaine opte pour Cadix, s’éloignant des côtes portugaises afin d’éviter toutes mauvaises rencontres. Hélas, la poisse le poursuit et le 17 octobre, non loin du cap Vincent, les Anglais lui tombent encore dessus. Cette fois, il s’agit d’une escadre corsaire, et pas n’importe laquelle, on l’appelle « la famille royale ». Elle regroupe les frégates Prince Frédérick, King George, Princess Amélia et Duke, totalisant 960 hommes et 120 canons. Pris au piège, le Glorioso ne change pas de tactique et choisit l’attaque !, à un contre quatre ! Après 4 heures de combat, le Glorioso arrive à s’extirper de la mêlée, ayant mis hors jeu un navire anglais totalement démonté. Il met le cap au sud, bientôt pris en charge par les 3 autres navires anglais, fortement amochés.

3e duel, le corsaire anglais Duke démâté.

La suite dans Monnaies & Détections n° 115

Jamaica Island ou le naufrage de Port-Royal

Un port au bout de la péninsule

La Jamaïque, pays indépendant, est une île d’importance dans la Mer des Caraïbes, elle s’étend sur deux cent trente-quatre kilomètres de long pour quatre-vingt de large. Comme beaucoup d’îles des Caraïbes, la Jamaïque fut reconnue par Christophe Colomb qui en prit possession au nom de l’Espagne en 1494. Le navigateur créa la ville de « Sevilla la Nueva » sur la côte nord puis érigea « Santiago de la Vega » dans les plaines. Les tribus indiennes de la Jamaïque, les Arawaks, disparaissent sous la poussée colonisatrice espagnole. Ces derniers sont utilisés comme esclaves, notamment pour la culture de la canne à sucre. L’île ne présente pas un grand intérêt pour l’Espagne, si ce n’est son utilité stratégique sur les routes commerciales maritimes.
En 1655, l’Angleterre devant son échec à prendre possession d’Hispaniola se rabat sur l’île de la Jamaïque pour s’en emparer. Une colonie anglaise se développe et se fortifie avec la construction du Fort Cromwell en 1656, suivi plus tard par le développement de Port-Royal. La ville portuaire est située à l’extrême pointe d’une péninsule de sable, au sud-est de l’île de la Jamaïque.

Port-Royal, Sodome du nouveau monde

Port-Royal est un endroit sensible, les défenses bien qu’ayant été développées avec l’annexion anglaise, peuvent plier devant les forces espagnoles. Le gouverneur Edward d’Oley propose alors aux équipages de flibustiers de s’installer à Port-Royal, et d’en faire leur port d’attache. Une offre judicieuse qui éloigne les navires espagnols de ce repaire des « Frères de la côte ». Cette tolérance sera acceptée par les gouverneurs successifs qui y voient une manière d’affaiblir les forces espagnoles. Les flibustiers deviennent corsaires et attaquent de manière officielle, au nom du Roi d’Angleterre, les navires marchands croisant au large de l’île. Port-Royal devient très rapidement une ville florissante, les corsaires et commerçants de la ville y développent une activité lucrative liée aux raids sur les navires espagnols et français. Cette activité où les commerçants parrainent les corsaires dans leur pillage sera nommée « Commerce forcé ». Les corsaires seront rejoints par des équipages de pirates, trouvant en ces lieux un refuge sûr et abrité pour leurs navires. La proximité des voies commerciales, l’importance du port, les colonies côtières espagnoles proches font de Port-Royal une ville idéale pour les coureurs des mers.
Pourtant, l’image de cette ville florissante se ternit dans les années 1660. En effet, la faune bigarrée des pirates draine avec elle mendicité, prostitution, jeux d’argent, alcoolisme, maladies… Les rues ne sont plus sûres, la prolifération des tavernes n’aide pas à apporter la sérénité dans la ville portuaire. Entre 1672 et 1692, on peut dénombrer près de six-mille cinq cent à sept-mille résidents dans une ville très dense de près de vingt hectares.
Un célèbre corsaire, Henry Morgan, ayant touché également à la piraterie au cours de sa carrière, deviendra lieutenant-gouverneur de la Jamaïque en 1675. Il développe sur l’île une économie sucrière florissante et le commerce des esclaves. Morgan meurt en 1684 et sa dépouille est enterrée au cimetière de Palisadoes à proximité de Port-Royal. Mais déjà à cette époque, la ville tente de se reconstruire une image d’honnêteté, les flibustiers et pirates se font moins nombreux et Port-Royal entame une nouvelle décennie placée sous le signe de la respectabilité. Pourtant, l’année 1692 sonne le glas de ce nouveau départ, les puritains diront que la ville fut damnée pour ses dépravations passées.

Le séisme du 7 juin 1692

Un peu avant midi, un tremblement de terre de grande ampleur secoue les côtes de la Jamaïque. Une partie de Port-Royal s’effondre dans la mer, les maisons de briques et de bois se disloquent et … La suite dans Monnaies & Détections n° 86