MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Catégorie : Trouvailles

Trouvaille 147.03

Bonjour, fidèle abonné depuis le N°1, voici une originale agrafe à double crochet retrouvée autour de Troyes, dans l’Aube. Elle mesure 16 mm de large, 31 de long et pèse 5 grammes. On entend souvent parler d’agrafe mortuaire mérovingienne, mais il me semble avoir lu quelque part que ces agrafes étaient aussi portées par les vivants, à la place des fibules. Qu’en pensez- vous ? Merci, Luc du Lot.

L’objet se compose d’une plaque rectangulaire légèrement bombée, encadrée de part et d’autre par un décor ajouré formé de spirales roulées. Ces volutes latérales, obtenues par martelage et enroulement du métal, confèrent à l’ensemble une élégance graphique caractéristique de l’artisanat mérovingien régional VIIe– VIIIe siècle. Sur la plaque, une palmette stylisée en décoration poinçonnée est présente. Aux extrémités, deux crochets opposés permettaient l’accrochage dans des passants textiles ou des anneaux cousus au vêtement. Ce système diffère de celui des fibules à ardillon, mais répond à la même fonction : maintenir fermé un élément de costume, probablement une tunique légère, un voile ou un pan de manteau. On qualifie souvent ces pièces d’« agrafes mortuaires mérovingiennes », car elles sont fréquemment découvertes en contexte funéraire. Cette appellation peut toutefois prêter à confusion. Il ne s’agit nullement d’objets fabriqués pour la sépulture : ils étaient portés du vivant de leur propriétaire et accompagnaient simplement le défunt dans la tombe avec son costume.

Trouvaille 147.02

Bonjour, Je m’appelle Romain, je suis de Normandie et je viens vers vous pour identifier un sceau. Je vous envoie des photos, dont une en miroir. Cordialement, Romain.

Belle matrice de sceau du XIVe siècle. Romain a eu l’idée de prendre une empreinte en cire et de la mettre en contre-jour devant une lampe électrique assez puissante. Le résultat est époustouflant : ce que nous avions lu en première lecture directement sur l’image du sceau inversé : ✠ SIG’ HEN : DE NOVVECRIE devient, sans l’ombre d’un doute : ✠ SIG’ HEN : DE LOVVEGNIE, que l’on peut interpréter comme sceau de Henry de Louvigny. Il existe un Louvigny dans le département du Calvados. L’oiseau marche à dextre et porte une brindille dans son bec ; en fond, un ornement végétal.

Trouvaille 147.01

Pourriez-vous, s’il vous plaît, m’aider à dater cette petite hache trouvée il y a quelques années ainsi que m’éclairer sur son éventuelle utilité ? Sa petite taille m’intrigue (6 cm x 1 cm)… Objet votif ? Son poids est de 70 grammes et je ne suis pas certain de son alliage… Merci pour votre aide et tout votre travail pour les passionnés que nous sommes ! Bien cordialement, Jeremy.

Petite hache plate votive en bronze datant de 2000 à 1600 avant J.-C. La silhouette est caractéristique : corps plat, profil légèrement trapézoïdal, tranchant évasé, sans rebords latéraux ni ailerons (qui apparaîtront plus tard au Bronze moyen). L’absence de véritable affûtage fonctionnel et les dimensions réduites plaident en faveur d’un objet votif ou symbolique, plutôt qu’utilitaire. La surface semble montrer des irrégularités de coulée et un façonnage limité après démoulage, ce qui correspond bien aux productions anciennes issues de moules ouverts en pierre ou en argile.

Trouvaille 146.31

Bonjour, Ci-jointes 2 photos de ma trouvaille que je pense être une pointe de Palmela. Ci-après les détails : trouvée à Vrères (79) 12 g / 84 × 20 mm. Par : JC.

En bien meilleur état que la dernière recensée il y a deux mois ! C’est la 85e pointe de flèche de Palméla officielle et non prise en compte par les archéologues, car archéologie grise comme dirait l’autre imbécile à la retraite… La rédaction.

Trouvaille 146.30

Monnaie envoyée par un anonyme, sans indication de lieu — dommage aussi pour l’absence de poids et de diamètre. Néanmoins, on peut dire qu’il s’agit d’un aureus de la période de la Tétrarchie pour Maximin II Daïa, César (305–308 ap. J.-C.). Avers : MAXIMINVS NOB C, buste lauré et cuirassé à droite. Revers : PRINCIPI IVVENTVTIS, le Prince de la Jeunesse debout à gauche, tenant un globe et une lance (type augustéen). Marque d’atelier peu lisible : TR pour Trèves. Poids théorique : env. 5,3–5,5 g. Réf. : RIC VI (Maximin II César). Rareté : R2 à R3. Aureus rare frappé lors de la courte période où Maximin II porte encore le titre de César. Le revers PRINCIPI IVVENTVTIS, hérité de l’idéologie augustéenne, souligne le rôle dynastique et militaire du jeune prince dans le système tétrarchique. La monnaie est loin d’avoir passé sa vie dans un médailler : on note plusieurs coups puissants sur le portrait, dont un plus récent devant le nez — si c’est toi, c’est dommage. On aperçoit également un coup important sur la tranche à 6 heures. Le revers a beaucoup moins souffert et rehausse légèrement l’état général. On lui attribue un petit TTB-. Étant une monnaie recherchée, une estimation entre 8 000 et 10 000 € reste raisonnable.

Trouvaille 146.29

Bonjour, cet objet a été trouvé en terre picarde. Dimensions : 17 cm × 8,5 cm (diamètre). Quelle époque et quel usage ? Lampe à huile, peut-être ? Matériau : marbre. D’avance merci. Fidèlement, Françoise.

Sans aucun doute possible, il s’agit d’une lampe à huile monolithe taillée dans le marbre, avec un réservoir circulaire profond et deux lignes de liseré en simple décoration. Le bec est allongé, creusé en gouttière et ouvert sur le dessus pour la mèche. Nos connaissances sur ce type d’objet restant limitées, nous nous contenterons d’indiquer qu’il existe des lampes en pierre à l’époque gallo-romaine, comme celles du musée de Bavay (Nord) — lampe en calcaire à cuve circulaire et bec allongé (Ier– IIe s.) — ou du musée de Saint-Romain-en-Gal, avec des lampes monolithes en pierre en contexte domestique. Les collections n’étant pas accessibles en ligne, nous n’avons pu comparer ces exemplaires avec le vôtre. Aussi, nous ne nous avancerons pas sur une datation précise sans risquer de nous tromper lamentablement. Mais vous savez ce que c’est : faites-le nous savoir !

Trouvaille 146.28.bis

On passe à une monnaie ? Pas sûr… Difficile de se prononcer sans diamètres ni poids, informations importantes à préciser. La dernière est une drachme gauloise dont le profil à gauche ressemble fortement aux drachmes à tête aquitanique des Bituriges Cubi. La réf. DT 3345 au fleuron avec cheval à gauche s’en rapproche, mais l’état B+ de la monnaie empêche l’identification formelle des symboles du revers.

Trouvaille 146.28

Bonjour, vous trouverez ci-joint des photos de mes dernières trouvailles. Vous pouvez les publier dans votre magazine, dont je suis abonné. Tout a été trouvé dans le sud de la Charente. Bien cordialement, Patrick.

La première est un as de Domitien sous Vespasien (77–78), RIC 1290, Sear 2659. Avers : CAESAR AVG F DOMITIANVS COS V, buste de Domitien à droite. Revers : l’Espoir à gauche tenant une fleur. La terre acide n’a fait aucun cadeau à cette monnaie, dont l’état est un petit B. Peu d’espoir de la voir rejoindre un médailler sous les yeux énamourés d’un collectionneur. La seconde est un sesterce probablement de Vespasien, reconnaissable au portrait ; état B également, sans valeur de collection. Remarquez la différence de conservation entre ces deux monnaies.

Trouvaille 146.27

Bonjour, j’ai acheté par hasard votre revue une première fois, puis deux autres fois ; cela m’a tellement plu que je viens de m’abonner. Bravo à l’équipe : beaux travaux de recherche et belles pages d’histoire, j’adore. J’ai acheté une vieille ferme des années 1700 en Béarn et, en creusant une énième fois pour des travaux, j’ai exhumé l’objet dont la photo est jointe, que même mon voisin agriculteur ne connaît pas. Métal : fer ; poids : 1 320 g ; largeur : 27 cm ; hauteur du demi- disque : 8 cm ; hauteur totale : 18 cm ; épaisseur : 17 mm, finissant sur l’arrondi à 2 mm. Merci de bien vouloir m’aider. Sincères salutations, Alain.

Fer en demi-lune prolongé par une soie permettant l’emmanchement d’un manche en bois : on est face à un outil de type doloire ou herminette en axe direct, destiné à équarrir ou dégrossir une bille de bois. Les spécialistes de l’outillage pourront confirmer ou infirmer cette hypothèse dans le prochain numéro.

Pour l’objet, je propose une hache pour le bois pour dégrossir des billes. Le poids et l’axe direct seraient ce qui me fait penser à cet ustensile par mouvement de balancier comme un passe-partout, les doloires et hachadets ont le manche dévoyé pour éviter les éclats sur les doigts de la main. Vu le poids de l’objet, je propose donc l’outil à deux mains, la hache, outil de charpentier pour le débillardage du temps ou l’on dégrossissait l’arbre dans le fil de bille, après l’avoir abattu à la bonne lune évidemment. Je joins quelques photos d’outils de mon ex-métier, puisque je suis à la retraite, et que au vu de votre photo, j’avais imaginé un hachadet de couvreur. Que nenni à cause du poids ! Jean-Paul.

Trouvaille 146.26.bis

Suivent un petit crucifix et une médaille religieuse, connue pour ses vertus protectrices et purificatrices. Cette médaille de saint Benoît, en métal argenté, daterait de la fin du XIXe au début du XXe siècle, tout comme le crucifix (voir page Artefact pour une description complète des légendes).