MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Archive pour août, 2025

Minéraline du Dr C.Baud

Chaque trouvaille fortuite n’est pas faite d’or ou d’argent. Le plus souvent les métaux dits vulgaires, peuvent nous apporter du plaisir à identifier et découvrir. Ainsi récemment, il m’a été donné de tomber sur un outil en fer dont le manche en bois avait disparu appelé serpette. Cette dernière disposait d’un double tranchant dont je ne comprenais pas l’utilité mais qui s’est avéré être utile pour les greffons. J’ai pu dater cet outil de la fin XVIIIe au début XIXe siècle. Vient ensuite cette découverte de couvercle en aluminium en plein champ isolé. Il y a un logo au centre et une inscription sur le pourtour que je déchiffre facilement : « Minéraline du Dr C. Baud ». Cela fait plus de quarante ans que je détecte et je n’ai pas souvenir d’avoir déjà trouvé cela ou vu chez un de mes collègues. Qu’à cela ne tienne, le Web nous permet une instruction rapide et facile, fini les Larousse volumineux et poussiéreux. Et voilà les informations que j’ai pu glaner. La Minéraline du Dr. C. Baud était un produit médical utilisé pour la protection et l’hygiène de la peau. Plus précisément, il s’agissait d’une poudre, souvent conditionnée dans des boîtes en métal, destinée à apaiser et protéger la peau, probablement contre les irritations ou les inflammations. Le produit était disponible dans les années 1940 et 1950 et était fabriqué à Gennevilliers, dans la Seine . Il s’agit plus précisément d’un talc pour les enfants. Les emballages de ce produit étaient dans des boites de fer blanc ou d’aluminium (le mien est en alu), et sont aujourd’hui considérés comme des objets de collection et peuvent être utilisés à des fins décoratives, en particulier dans des environnements évoquant le style des années 40-50. Je joins une photo de l’objet d’origine trouvé sur eBay à la vente pour la boite complète. Je me suis intéressé au docteur C. Baud, mais j’ai fait chou blanc. Il existe un Docteur Victor Baud connu du milieu spécialisé et dont la période est antérieure à celle de la minéraline. Mais peut-être qu’elle découle de ses travaux. Mais en lisant la biographie de ce monsieur je n’ai pas trouvé de référence à une quelconque commercialisation d’un talc. Alors il s’agit peut-être d’un prêtenom tout simplement. Voilà comment on peut positiver une prospection sans trouvaille notoire d’intérêt majeur en numismatique… Et puis mon imagination aidant, je me dis que mes grands-parents ont tenu cette boite dans leurs mains pour saupoudrer les fesses de mes géniteurs…

Gilles Cavaillé

source CollecOnline, Mille Trésors.

Courrier des lecteurs 141

Comme tous les deux mois (à quelques infidélités près), j’ai fait l’emplette du nouveau numéro (n° 140) de votre revue chez mon marchand de journaux. Un « rituel » que j’apprécie toujours beaucoup, qui me ramène à cette fin des années 1980 où, enfant, emmené alors par mon père, je faisais déjà de même – les revues s’appelaient alors « Trésors de l’Histoire » ou « Numismatique & Change », les unes comme les autres me permettant (chacune dans un genre différent) d’assouvir ma curiosité de jeune numismate en herbe. Puis les études sont venues, le début de la carrière, l’orientation de mes collections a changé pour la bibliophilie, devenue aussi ma profession autant que ma passion. Jusqu’aux alentours de 2015 où le désir de revenir un peu aux monnaies, romaines et byzantines cette fois, m’a saisi. En kiosque, plus de « Trésors de l’Histoire », plus de « Numismatique & Change », mais votre « Monnaies & Détections » et quelques-autres. Au fil des mois et des lectures, j’en suis demeuré à votre seule revue, pour la qualité et l’intérêt de fond de ses articles et informations, sans compter l’aspect agréable tant de la mise en page que de la fluidité (et correction) d’écriture des auteurs (et cela sans le parasitage désagréable d’avoir des « placements de produits » à chaque photo d’illustration, parfois au détriment des objets reproduits). Bref, depuis plusieurs années, je vous dois de belles heures de lecture dominicales (ayant même la surprise, au détour d’une page du n° 131, de trouver citer un de mes articles !). Que vous dire, sinon merci et bravo, en vous souhaitant bonne continuation ! L’autre objet de mon message était de vous demander d’adresser les mêmes chaleureux remerciements à celui qui fournissait le premier article de vos numéros depuis maintenant bien des années. Il y avait un réel plaisir à se faire emmener en balade par ce prospecteur-chroniqueur qui, d’une plume à la fois élégante et évocatrice, avait l’art de brosser en quelques mots les situations et les paysages. D’une certaine manière, ces « Cahiers de prospection » permettaient de communier autour de ce frisson de la découverte (ou du désappointement). Aussi est-ce avec surprise que j’ai vu tout à coup le texte de ce numéro 140 obliquer vers une digression au format inhabituel pour cette chronique (mais au contenu réjouissant : un trésor !) pour en arriver hélas à une bien triste conclusion… Le joli détournement final des célèbres vers hugoliens m’a, je dois le confesser, fortement ému. Je tenais donc à saluer et à remercier ce chroniqueur qui m’a permis de vivre pendant toutes ces années, par procuration, un peu de ce plaisir de la découverte et de l’exhumation du passé directement de la terre (une sorte de plaisir que je connais certes par mes découvertes chez les libraires d’anciens et les numismates : c’est parfois tout aussi excitant, mais c’est évidemment autre chose !). Auriez-vous l’amabilité, si vous jugez la chose pertinente, de lui faire parvenir ces quelques mots de gratitude et de sympathie ?

Vous priant d’excuser ce message un peu long sans doute, je vous souhaite une bonne continuation à la tête de votre revue (dont le prochain numéro sera, comme toujours, attendu avec impatience) et vous prie d’accepter, cher Monsieur, l’expression de mes bien sincères et cordiales salutations,

Nicolas D.

Une monnaie d’or savoyarde inédite.

Avers : L’aigle tournée vers la gauche, les ailes déployées, tient sur sa poitrine le bouclier de Savoie, incliné vers la gauche, et un serpent se trouve à côté des serres. Légende : + LUDOVICUS ++ DUX ++ SAUBAUDIE Revers : Saint Maurice, avec une auréole, debout et de face, tient dans son bras droit une épée en position verticale, tandis que sa main gauche repose sur son flanc. Entre ses pieds se trouve une croix mauricienne. Légende : S ++ MAURICIU’ D ++ THEOBIE (Saint Maurice Duc de Thèbes). Les deux petites croix superposées représentent les marques (différentes) des maîtres généraux de la Monnaie de Cornavin : Guido Bessone et Cristino Boulard. Poids : 2,51 g d’or, Diamètre : 20,5 mm

I l y a quelques mois, lors d’un de mes rares voyages, j’ai eu le privilège de tenir entre mes mains une monnaie d’or de la Maison de Savoie, qui avait toujours été considérée comme non frappée. À ma grande surprise, il s’agissait d’un florin de petit poids appartenant à Louis, Duc de Savoie (1440-1465). La monnaie a été frappée à Cornavin, conformément à un édit ducal daté du 27 octobre 1448, dont nous reproduisons une copie extraite du Domenico Promis : Monete dei Reali di Savoia – Turin 1841. D’après cet édit, 96 florins pesaient une marque, ce qui signifiait que chaque monnaie pesait 2 deniers, soit environ 2,56 grammes. Le titre était de 17 carats et 12 grains, correspondant à 719,16 millièmes de fin. En conséquence, la quantité d’or pur dans chaque florin était de 1 denier et 11 grains, soit 1,84 gramme.Tant Amédée VII qu’Amédée VIII avaient frappé des florins de petit poids, mais avec des grammages supérieurs et des titres jamais inférieurs à 22,18 carats, soit environ 948 millièmes. Il est probable que le titre particulièrement bas de cette monnaie soit l’une des raisons de sa très rare voire quasi inexistante frappe. Un autre aspect intéressant concerne l’avers de la monnaie, qui présente l’aigle, une figure très rare dans la numismatique savoyarde. Bien que l’aigle bicéphale soit apparu sur les gros d’Amédée V et Édouard, ainsi que sur les forts et les viennois d’Amédée VI, il faudra attendre plus de trois siècles pour voir un aigle tourné vers la gauche, à savoir sur les pièces en or de Victor- Amédée III de 1786. Nous ne considérons pas l’aigle présent sur les ducats de Victor-Amédée II en tant que roi de Sicile, car ces pièces ne se réfèrent pas au Duché de Savoie, ni les 10 soldi d’Alexandrie de 1746 frappés en période de siège. Au revers de la monnaie, on retrouve une figure récurrente dans la numismatique savoyarde : Saint Maurice d’Agaune, patron des Savoie. Maurice fut le commandant de la légendaire Légion Thébaine, qui, sur ordre de l’empereur Maximien, fut massacrée parce qu’elle avait refusé de tuer certains chrétiens du Valais. Les reliques de Saint-Maurice furent enterrées à Agaune, qui prit ensuite le nom de Saint-Maurice d’Agaune. Cette ville fut également une ville des Savoie de 1235 sous Amédée IV jusqu’en 1359 sous Amédée VI. Florent Sabaudus