Chaque trouvaille fortuite n’est pas faite d’or ou d’argent. Le plus souvent les métaux dits vulgaires, peuvent nous apporter du plaisir à identifier et découvrir. Ainsi récemment, il m’a été donné de tomber sur un outil en fer dont le manche en bois avait disparu appelé serpette. Cette dernière disposait d’un double tranchant dont je ne comprenais pas l’utilité mais qui s’est avéré être utile pour les greffons. J’ai pu dater cet outil de la fin XVIIIe au début XIXe siècle. Vient ensuite cette découverte de couvercle en aluminium en plein champ isolé. Il y a un logo au centre et une inscription sur le pourtour que je déchiffre facilement : « Minéraline du Dr C. Baud ». Cela fait plus de quarante ans que je détecte et je n’ai pas souvenir d’avoir déjà trouvé cela ou vu chez un de mes collègues. Qu’à cela ne tienne, le Web nous permet une instruction rapide et facile, fini les Larousse volumineux et poussiéreux. Et voilà les informations que j’ai pu glaner. La Minéraline du Dr. C. Baud était un produit médical utilisé pour la protection et l’hygiène de la peau. Plus précisément, il s’agissait d’une poudre, souvent conditionnée dans des boîtes en métal, destinée à apaiser et protéger la peau, probablement contre les irritations ou les inflammations. Le produit était disponible dans les années 1940 et 1950 et était fabriqué à Gennevilliers, dans la Seine . Il s’agit plus précisément d’un talc pour les enfants. Les emballages de ce produit étaient dans des boites de fer blanc ou d’aluminium (le mien est en alu), et sont aujourd’hui considérés comme des objets de collection et peuvent être utilisés à des fins décoratives, en particulier dans des environnements évoquant le style des années 40-50. Je joins une photo de l’objet d’origine trouvé sur eBay à la vente pour la boite complète. Je me suis intéressé au docteur C. Baud, mais j’ai fait chou blanc. Il existe un Docteur Victor Baud connu du milieu spécialisé et dont la période est antérieure à celle de la minéraline. Mais peut-être qu’elle découle de ses travaux. Mais en lisant la biographie de ce monsieur je n’ai pas trouvé de référence à une quelconque commercialisation d’un talc. Alors il s’agit peut-être d’un prêtenom tout simplement. Voilà comment on peut positiver une prospection sans trouvaille notoire d’intérêt majeur en numismatique… Et puis mon imagination aidant, je me dis que mes grands-parents ont tenu cette boite dans leurs mains pour saupoudrer les fesses de mes géniteurs…
Gilles Cavaillé
source CollecOnline, Mille Trésors.


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Août.2,2025
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