MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Archive pour août, 2014

Trouvaille 74.09.bis

On continue sur une période totalement différente, avec une pince à épiler de l’époque gallo-romaine, décorée de trois lignes parallèles. Nicolas termine sa présentation avec deux jolis blancs du XVe siècle. Le premier, à gauche, est appelé Blanc Guénar de Charles VI :
Avers : KAROLUS FRANCORU REX, écu de France.
Revers : SIT NOME DNI BENEDICTU, croix cantonnée de deux couronnelles et de deux lys : 60 € en l’état.

Le second est de Jean Sans Peur (1404-1419).
Avers : IOHANES DVX BVRGVNDIE, écu écartelé de Bourgogne.
Revers : SIT NOME DNI BENEDICTU, croix cantonnée de deux lis et de deux lions. La monnaie reste en TTB malgré le léger flou sur la photo du revers, on peut l’estimer à 100 €.

Trouvaille 74.09

Nicolas, en Bourgogne, a trouvé fortuitement ce joli sceau en Eure-et-Loir. Il s’agit d’un sceau-matrice en bronze, en forme de navette, une forme réservée aux femmes ou aux ecclésiastiques (autres gens de robe). Cette matrice, de la fin du XIVe ou du tout début du XVe siècle, figure une grande plante à fleur centrale et à petites fleurs à sa base. La fleur du bas a une curieuse forme de tête humaine, dont on ignore si elle est accidentelle ou intentionnelle. Sur une des tiges de la plante, est juché un oiseau avec la tête retournée (plante à identifier : chardon et chardonneret ? Autre ?). La légende latine, très abrégée, donne : S. IOHS DE NOLETO PMSRIA (ou PIESRIA) PRBI = S(igillum) IOH(anne)S DE NOLETO PIESRIA PR(es)BI(ter) = Sceau de Jean de Nolet, prêtre de Piesria (lieu à identifier).

Vient ensuite un splendide éperon en bronze, sauf la pointe, qui est d’une toute autre matière que je n’arrive pas à identifier. Il m’apparaît peu probable que ce soit de l’argent…

Trouvaille 74.08

Bonjour, je vous fais part de ma trouvaille. Je pense à une fibule carolingienne, pouvez-vous me le confirmer ? Poids : 12 grammes et dimensions de 3 cm sur 2 cm. Objet trouvé dans un bois, département 39, près de Dole. Longue vie à Monnaies et Détections !
Yoann,

Non, il ne s’agit absolument pas d’une fibule. Après mûre réflexion et concertation, cela pourrait être une pièce d’un chandelier médiéval – soit à cinq branches, soit à une seule bougie centrale. Compte tenu de l’usure et de la corrosion, il est difficile de dire s’il ne manque pas des pièces métalliques intermédiaires, comme des bagues, pour mieux maintenir les bougies dans les orifices prévus.

Trouvaille 74.06

Petite monnaie de la taille d’une obole, trouvée par Arthur près de Castres, dans le Tarn. Ce n’est pas une monnaie de la région, l’aigle fait penser à une origine germanique ou tout au moins Alsace-Lorraine… et effectivement, il s’agit d’une monnaie issue du nord-est de la France, pour Cambrai.
CAMBRÉSIS – SEIGNEURIE DE WALINCOURT – GUILLAUME Ier, COMTE DE HAINAUT (1304-1337)
Double mite ou coquibus Avers : GVIL COMES. Croix. Revers : + O WALLECORT. Aigle éployée. Monnaie de Walincourt. C’est une monnaie peu courante et encore moins dans le Tarn, elle est estimée à 40 €.

Trouvaille 74.05

Romain promène son détecteur dans la Drôme et ne voilà-t-il pas qu’il trouve fortuitement deux jolies monnaies en argent ? Un petit blanc du Dauphiné de Vienne attribué à Louis XI. Avers : LV]DVCS. D[PH]S. VIENE[NSIS], écu écartelé de France-Dauphiné. Revers : + SI[T. NOME. D]NI. BENED[ICT], croix cantonnée d’un lis et d’un dauphin. Argent, la monnaie est un peu rognée mais peut s’estimer à une bonne centaine d’euros en l’état.

On termine par une belle drachme de Rhodes avec le portrait de Perséphone à gauche, de beau style grec, avec boucle d’oreille à pendeloques.
Au revers : une rose vue par-dessous. La monnaie est bien conservée, on peut regretter un léger décentrage du portrait. L’estimation tourne autour de 600 euros.

Trouvaille 77.24

Cette monnaie a été trouvée par Gérard dans l’Hérault, il s’agit d’une pièce attribuée à Sextus Pompeius. C’est un Aureus, frappé en Sicile 37-36, MAG PIVS IMP ITER : tête nue de Pompée à droite, dans une couronne de chêne visible à 11 h “Magnus pius imperatori iterum” (Pompée, le grand, pieux Imperator pour la deuxième fois). Revers : PRAEF CLAS ET O-RAE MIT EX. S. C “Praefectus classis et oræ maritimæ ex senatus consulto” (Préfet de la flotte et de la côte maritime par décret du Sénat) Sextus Pompee face à Pompée le grand. Lithus et tripode dans le champ. Cette monnaie est très rare et le coup visible sur la tranche à 11 h (avers) la décote (espérons que cela ne soit pas un coup de piochon !) Monnaie en état TB+ estimée à 15000 €.

Les jetons-monnaies des lieux de plaisir

De tout temps, les lieux de plaisir ont attiré la gente masculine, que ce soient les cabarets, cafés populaires, théâtres de boulevard ou les maisons closes appelées aussi : lupanars sous l’Antiquité, maisons des plaisirs au Moyen Age, puis maisons de tolérance ou bordels. 

Les jetons-monnaies de maisons closes

Des dames expérimentées, « prostituées », vendaient leurs charmes dans les maisons closes pour le plus grand bonheur des messieurs. La prostitution (du latin prostituere mettre devant, exposer au public) étant une activité consistant à accepter ou obtenir des relations sexuelles, en échange d’une rémunération ; des jetons-monnaies étaient prévus à cet effet.

Le jeton-monnaie n’est pas une pièce de monnaie bien qu’il y ressemble. En effet, même s’il est le plus souvent rond, métallique, d’un format pratique, souvent orné d’emblèmes du régime en place, parfois daté, il porte rarement une indication de valeur car il n’a pas de cours officiel et n’est pas émis pour la circulation générale.

Les plus anciens jetons-monnaies de maisons closes, les spintriae, furent émis sous l’Empire romain. 

Ces spintriae (singulier : spintria) ou spintriennes ou plus exactement tessères spintriennes sont des jetons de la Rome antique décrivant un symbole ou un acte sexuel.

La prostitution est florissante à Rome où elle se présente sous des formes multiples : les prostituées se trouvent en maison signalée par des bougies allumées pendant les heures d’ouverture, dans des auberges, dans des loges, ou dans la rue, devant les arcades (appelées fornix d’où le terme de fornication) comme devant la porte de leurs domiciles.

Dans les maisons closes, le client peut échanger ses spintriae, contre une faveur sexuelle spécifique. Le recours à ces jetons-monnaies s’explique par l’interdiction d’introduire des monnaies à l’effigie de l’empereur au sein de lieux de débauche.

Les spintriae sont rares et très recherchés en particulier par les collectionneurs et les amateurs de sujets érotiques. Ces jetons, principalement en bronze mais parfois en laiton, représentent toujours à l’avers une scène érotique. Le revers porte un chiffre allant de I à XXI.

L’usage de ces tessères est mal connu. … La suite dans Monnaies & Détections n° 77

Une pièce unique

Darrin Simpson, prospecteur anglais, une fois de plus… (on espère qu’un jour viendra où l’on vous parlera des prospecteurs français), Darrin donc était de sortie avec trois copains dans un champ du Sussex, au mois de mars de cette année quant il trouva un trésor ! Il était bien modeste son trésor puisqu’il n’y avait qu’une seule monnaie ! Mais une seule peut suffire si elle est unique ! Si elle a forcément eu des petites sœurs, c’est à ce jour le seul exemplaire connu. Frappée sous le règne d’Etelberthe II, il y a environ 1200 ans. Les historiens pensent d’ailleurs que cette monnaie et les autres du même type conduisirent Etelberthe à sa perte, le roi Offa de Mercie y voyant des velléités d’indépendance le fit, par prudence décapiter ! On n’est jamais trop prudent…

Cette monnaie est donc considérée comme exceptionnelle, estimée entre 15 et 20 000 livres sterling elle a été adjugée lors d’une vente aux enchères le 11 juin dernier 78 000 £ soit environ 97 500 euros ! Pas mal pour une seule monnaie. Darrin remettra lui-même la moitié de la somme au propriétaire du terrain et il a, le jour de la vente, déclaré qu’il donnait un quart de sa part à ses trois copains qui étaient avec lui le jour ou il trouva un trésor composé d’une seule monnaie !

Sources: itv.com & bbc.com

Pièce frappée sous le règne d’Etelberthe II. ©

Trouvaille 72.32

Loïc en haute Provence a trouvé cette petite statuette en bronze gallo romaine I au II° siècle de notre ère. Colombe ou pigeon ? en tout cas oiseau stylisé œil rond et grandes  plumes d’ailes mises en évidence grâce aux traits de gravures les pattes sont hélas cassées et la patine est bien conservée

Trouvaille 72.30

Voici deux trouvailles faites en Bourgogne. La première : une chape de fourreau. De quelle époque et de quelle provenance ? La seconde : une monnaie féodale, un esterlin de Toul ! Quel est son degré de rareté ? Stéphane.

Pour la chape de fourreau, la taille mentionnée aurait été appréciable pour confirmation. Il ne peut s’agir que d’un petit fourreau pour une lame de coutelas, par exemple, en aucun cas une arme de guerre. Le décor est constitué de deux écus accolés fabriqués en poinçonnant le métal. Nous sommes en présence d’un objet du Moyen Âge central, XIe-XIIIe siècle environ.

LORRAINE – DUCHÉ DE LORRAINE – Esterlin à la légende « Ec moneta nostra », 1321-1328, Toul.
A/ + EC MONETA NOSTRA. Buste couronné de face. « Ceci est notre monnaie ».
R/ LVN – TON – ENG – IEN, dégénérescence de « Lontonrengie », soit Lorraine. Grande croix pattée coupant la légende, cantonnée de quatre groupes de trois besants posés en triangle.
Exemplaire fatigué, dommage pour ce type de monnayage rare. La monnaie est usée et fendue sur presque toute la moitié de la pièce. Estimation à 60 € maximum.