MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Archive pour juillet, 2019

Trouvaille 107.03

Bonjour, j’ai toujours voulu passer dans votre revue qui m’a souvent aidé à identifier mes trouvailles. J’espère que cette petite bourse de patard me permettra d’être publié. J’ai remarqué des différences dans le détail des clés. J’ai aussi mis en pièce jointe un tigre en bronze qui je pense est très vieux. Pouvez-vous svp me dire sa fonction et de quelle époque il est ? Merci d’avance, Davidou23

Ce sont bien des patards d’Avignon cité des papes. VRBANVS VIII PONT MAX. Deux clefs croisées surmontées d’une rose. Urbain VIII, grand pontife. Revers : S PETRVS ET PAVLVS AVEN. Croix dans un quadrilobe. Ces monnaies sont fatiguées mais c’est toujours un plaisir à trouver en boursée. Sur la monnaie centrale parmi les trois on distingue parfaitement le début de légende URB, c’est illisible sur les autres mais la rose ou le croissant sont présents. Bien sûr on ne détaille pas tout le lot, ce n’est pas possible. La valeur de ces monnaies est assez faible, quelques euros à peine à l’unité. Votre objet est bien moins courant que vos patards, il s’agit probablement d’un bec de fontaine représentant un lion plutôt qu’un tigre et le style se rapprocherait des périodes comprises entre le VIIe et le Xe siècle. Merci pour le clin d’œil des déclarations sans risque que nous publions régulièrement, vous partagez notre opinion mais ce n’est pas le cas de tout les lecteurs (voir courrier des lecteurs dans ce numéro).

Trouvaille 107.02

Cyrille, commune de St Waast dans le 81, 1,25 g, électrum (un peu terne pour de l’or) ? Que voilà une belle monnaie ! On a l’œil attiré d’emblée par le monogramme de Rodez au revers. Mais voilà, les seules monnaies que nous connaissons sont sur le même schéma, monogramme de Rodez et nom du monétaire autour, le plus prolixe : Vindimius, moins connus : Saturninus et Evancius. Avec au droit un portrait de profil, une palme devant ou quelques lettres mais non pas cette croix latine, et cette légende où l’on pense lire +CASTROF- ? Et au revers le monogramme est à l’envers (E et R inversés et pas de S central). La légende peut se déchiffrer comme telle : MONCT–PIO ? Finalement il doit s’agir d’une monnaie inédite avec un monogramme proche de celui de Rodez. Cette monnaie semble manquer à tous les ouvrages. On peut essayer néanmoins de l’interpréter car les légendes sont bien lisibles, au moins en partie. Pour la légende du droit, on admet aujourd’hui que les monnaies CASTROF (Castro fvcsi) sont attribuables à la ville de Foix (Ariège), la monnaie ayant été trouvée dans le Tarn, nous n’en sommes pas très loin. Néanmoins, on ne peut pas exclure également CASTRO FITVR ce qui nous aiguillerait vers une autre direction. Pour la légende du revers : on n’a jamais vu cet entrelacement avec ces deux lettres associées. En revanche, on retrouve souvent le ER qui sont les initiales d’Ecclesiae Racio (administration ecclésiastique émettrice de cette monnaie), dans la région de Limoges et plus au sud. La légende MONCT ou MONCTAR (dégénérescence de MONITAR (monitarius) se retrouve également sur certaines monnaies avec les lettres ER et attribuées à VSERCA : Uzerche, département de la Corrèze. Nous restons donc dans la région. Cela reste une très belle trouvaille qui ne manquera pas d’attirer les chercheurs et les collectionneurs. Elle est TTB++ à Sup et s’estime plusieurs milliers d’euros. non ID**

Trouvaille 106.25

Trouvée par Jean-Michel en Savoie près de Bourgoin-Jallieu, une monnaie suisse dont la taille rend ce type de monnaie plus facile à trouver en cache trésoraire que perdue et isolée… Il s’agit d’une monnaie « Napoléonide » assez rare appelée Gaule Subalpine. Sur l’avers figurent la Gaule Subalpine et la France debout de face, tenant une palme et une couronne, une pique surmontée d’un bonnet phrygien et un niveau. Signature à gauche de la base. GAULE SUBALPINE. Légendes françaises en périphérie. Graveur : Amedeo Lavy. Au revers : valeur faciale, millésime et différent dans une couronne végétale formée d’une palme et d’une branche d’olivier. LIBERTE EGALITE ERIDANIA. Le mot “ERIDANIA” qui apparaît sur les monnaies d’or et d’argent signifie “région baignée par le fleuve Pô” (du latin ERIDANUS). Le coeur désigne l’atelier de Turin. 5 FRANCS l’AN 10. Cette Monnaie a été frappée suite au décret du 13 mars 1801, elle est la toute première monnaie frappée au système décimal (français) sur le sol italien ! La République Subalpine est proclamée le 16 juin 1800 et durera jusqu’à l’annexion du Piémont à la France, le 11 septembre 1802. Votre monnaie est en TTB, on distingue une cassure du coin à 7 heures sur le revers et un léger coup sur la tranche, elle s’estime 80 euros.

Trouvaille 106.24

De Jérôme avec un message laconique sans indication de lieu de trouvaille : « Connaissez-vous cette monnaie ? » Oui ! il s’agit d’une pièce de 2 asper attribuée à Mahmud II, aH 1237 (1821 ou 1822 de notre ère.), marque d’atelier Jaza’ir (= Algérie). Ce sont 2 asper, mais la valeur n’y figure pas. La page 40 du catalogue Krause nous indique sa valeur de collection selon son état, nous joignons le scan pour consultation, son état se situe entre la seconde et la troisième colonne.

Trouvaille 106.22

Coin de prédilection : région pays de Montbéliard. Une broche avec tête de loup en plomb ? Frédéric

Un médaillon, apparemment en bronze, avec une tête de loup de face du côté de l’avers, dans le champ des trèfles ou apparentés. L’agrandissement débouchant sur les pixels de la photo ne nous permet pas de le vérifier. (Encore une fois on vous signale que les photos que vous voulez nous envoyer ne peuvent être publiées si leur poids est inférieur à 150 Ko, le mieux c’est 300 Ko.) Sous la gueule du loup ou du chien on remarque une excroissance, il doit s’agir du trou de rivet de fixation de l’extrémité d’un pommeau de canne. Le plomb présent sur le revers renforce cette identification. La bague aurait mérité mieux que cette photo équivalente à un timbre-poste en taille. Tout juste pouvons-nous dire qu’il y a des lettres sur le chaton et qu’elle date certainement du III au VIe siècle.

Trouvaille 106.21

Bonjour à tous, et encore bravo pour votre magazine. Voici une première matrice de sceau en bronze, difficilement identifiable pour moi, avec un oiseau dessus (peut être un paon, poids de 9,80 g pour 27 mm). Merci de votre aide et longue vie à Monnaies & détections. Kikib

Il s’agit d’un sceau en navette de la fin du XIVe siècle par le style, probablement pour le prieur d’un établissement religieux. Il a été volontairement brisé à la mort de son propriétaire pour éviter toute utilisation frauduleuse. Le motif est un oiseau, probablement un paon, qui était considéré comme l’oiseau de “Paradis” assimilé à l’immortalité de l’âme. Le fragment de légende trop incomplet ne renseigne pas vraiment sur sa localisation : S PVLRON.

Trouvaille 106.07

Voici un objet découvert dans une prairie. Je dirais sûrement une monnaie mais je ne vois pas ce que c’est. L’alliage est assez lourd. Son poids est de 1,2 g pour 18 mm. Avez-vous une idée ? Doudoudu16
Nous pensons qu’il s’agit d’un poids de ville étalon de petite unité, pour peser certaines marchandises – et certainement un poids de la ville d’Ypres en Flandre. Le décor à la croix est d’inspiration monétaire, mais on lit les lettres Y P R E (s) dans les cantons de la croix. Le lis du revers contremarqué prouve que la justesse du poids a été vérifiée et validée par les autorités royales françaises de contrôle des poids et mesures. Fin XIVe-début XVe siècle, d’après le style.

Nouveau trésor monétaire découvert en février 2019 à Moscou

La rue Dolgoroukovskaya est située au centre de Moscou entre les stations de métro Mendeleïev, Novoslobodskaya, Dostoïevski, Boulevard des couleurs, et Maïakovski. Dans les années 1960 des immeubles y sont détruits et une partie des gravas est enterrée sur place. Aujourd’hui, dans le cadre de la rénovation du quartier, un nouvel immeuble doit y être construit et des archéologues du service des « recherches archéologiques en construction de Moscou et sa région » ont retrouvé entre de vieilles briques un trésor monétaire de l’époque des tsars.

Le contexte de la cache du trésor

D’après des experts municipaux de Moscou une personne aurait caché ses économies dans un mur d’un appartement du deuxième ou du troisième étage de la rue Dolgoroukovskaya pendant la Première Guerre mondiale puisque, parmi les 97 monnaies récupérées, la plus récente est une pièce de 20 kopecks au millésime de 1915. Ils estiment que, décédé ou contraint à l’exil par la guerre ou la révolution de 1917, ce Moscovite n’a jamais pu récupérer ses économies. La maison a été démolie dans les années 1960 et le trésor est tombé dans le sol avec des débris de briques pour y rester pendant près de soixante années.

Le trésor

C’est au début du mois de février de cette année que les monnaies cachées un siècle plus tôt ont été retrouvées. Il y en a 97 au total, 59 sont en argent et 38 sont en cuivre. Elles ont toutes été frappées à la fin du XIXe siècle ou au début du XXe siècle. Ces pièces ont des valeurs unitaires comprises entre un demi-kopeck et un demi-rouble et l’ensemble représente une somme globale de 35 roubles et 50,5 kopecks. Selon le responsable du département du patrimoine culturel, Aleksey Yemelyanov, ce montant est impressionnant pour cette période car il équivalait au salaire mensuel d’un ouvrier qualifié de Moscou. Il précise : « À titre de comparaison : au début du XXe siècle, le pain coûtait de 4 à 7 kopecks, un sandwich valait 3 à 7 kopecks. Le prix d’un litre de lait était environ 14 kopecks, des bottes pouvaient être achetées pour 5 roubles, une vache pour 60 roubles. 100 roubles suffisaient pour la construction d’une maison en bois ».

Moscou en 1915.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 106

Allectus

De cet homme on ne sait pas grand-chose, on ne connait pas sa date de naissance, ni même son prénom et pourtant il régna sur la Grande Bretagne et le Nord de la Gaule en tant que Romain entre l’an 293 et 296 avant de trouver la mort au début de l’an 297. Le pouvoir romain officiel le désigne comme un usurpateur ! Il y en eu d’autres… Il fit frapper des monnaies à son effigie, elles sont rares, voire très rares. Avant le mois de mars de cette année, on ne connaissait que 23 aureus à l’effigie de l’usurpateur Allectus, alors imaginez, quand un prospecteur en découvre un 24e en parfait état ! Le prospecteur anglais qui a fait cette découverte dans un champ fraichement labouré du Kent, a préféré garder l’anonymat, il venait d’obtenir l’autorisation du propriétaire pour cette nouvelle parcelle et après 45 minutes de détection et juste une cartouche de cuivre, la pièce d’or est apparue ! D’après le British Museum la dernière pièce d’or d’Allectus fut découverte il y a plus de 50 ans ! Un des aureus du musée sort du même coin que la monnaie découverte. Elle va être mise aux enchères, sa première estimation est de plus de 100 000 euros…
Source : news. justcollecting

Vieille pétoire

Le 19 juin prochain, l’hôtel Drouot mettra en vente, la carcasse toute rouillée d’un vieux revolver de type Lefaucheux, sur une estimation de 40/60 000 euros !
Explication : ce revolver fut découvert par un paysan, qui cultivait un de ses champs à Auvers-sur-Oise (Val-d’Oise). C’est dans ce même champ que fut retrouvé le 27 juillet 1890, le célèbre peintre Vincent Van Gogh ! Blessé à la tête par une balle, il décèdera de ses blessure quelques heures plus tard. Officiellement l’affaire fut classée en suicide, bien qu’à l’époque l’arme ne fut pas retrouvée… Certains ont d’ailleurs prétendu qu’il avait été victime d’un tir accidentel. Suicide ou homicide involontaire, le vieux revolver a tout de même été authentifié par le musée Van Gogh d’Amsterdam, qui l’a exposé pendant plusieurs semaines, d’où sa mise à prix exceptionnel !
Si un jour vous trouvez une vieille arme avec votre détecteur, ce qui est assez courant, faites des recherches sur sa possible provenance, on ne sait jamais…
Source : Lefigaro.fr