Bonjour cher magazine, voilà un an que je suis abonné et je me suis dit que ce serait bien d’alimenter un peu ce magazine que j’aime tant. Je fais de la détection depuis environ 6 ans, avec dans un premier temps un Garrett euroace (que je possède toujours) et dans un second temps un XP Déus. Je prospecte essentiellement en champ labouré (comme beaucoup) et l’hiver je vais en forêt et quelquefois en pré. Je vous envoie 60 photos numérotées a et b pour l’avers et le revers. Je ne pense que pas qu’il y ai vraiment d’objets exceptionnels dans le lot, bien qu’à chaque fois qu’on trouve quelque chose, ça le reste. Chaque photo est agrémentée d’un petit commentaire sur la feuille « identification ». Je vous envoie mes découvertes de façon anonyme car je préfère ne prendre aucun risque avec la DRAC qui semble nous traquer de plus en plus. D’autant que je suis fonctionnaire (je ne dirai pas lequel mais en uniforme et qui fait des contrôles sur la route), et qu’en cas de problèmes je risque la double peine : pénale et de mon employeur. J’ai d’ailleurs plusieurs collègues qui font également de la détection et nous faisons de temps en temps des sorties ensemble. Je me nommerai pour l’occasion PIERRE54, Pierre n’étant pas mon vrai prénom mais 54 étant mon vrai département. J’ai découvert un « trésor » l’hiver dernier en forêt, en détectant au hasard dans un coin où je n’étais jamais allé, dans une forêt à 30 minutes de chez moi (à 10 km à vol d’oiseau du château de Vaudémont, lieu bien connu en Lorraine des férus d’histoire comme moi). J’ai trouvé 228 monnaies, environ 60 % en billon et 40 % en argent. La plupart de celles en billon sont des monnaies lorraines, gros et demi gros, les monnaies en argent sont des monnaies royales, ¼ et 1/8e d’écu, ¼ de franc, demi franc et franc, le tout va d’environ 1550 à 1624. Les monnaies étaient étalées sur environ 10 m2 et de 1 à 30 cm de profondeur. Parmi toutes ces monnaies, j’ai trouvé 2 petits clous pour la maroquinerie et aucun contenant. Je pense donc que vers 1625, un homme à cheval (un noble certainement car vu l’endroit on se demande bien ce qu’un commerçant ferait là…) est passé là et que sa sacoche s’est décloutée et que toutes ses pièces sont tombées, les éparpillant partout. Elles ont été recouvertes au fil des ans par l’humus, et moi, je suis passé par là 450 ans plus tard. Bien sûr, j’aurais voulu pouvoir déclarer cette découverte mais on le sait, c’est s’exposer à beaucoup de tracasseries… Pour moi, les choses ne peuvent changer qu’au niveau européen. Les lois sont de plus en plus uniformisées au niveau européen, et tant qu’on aura pas de loi à ce niveau, l’Etat français ne changera pas les siennes sur ce sujet. J’ai une collègue avec qui j’ai discuté détection qui m’a dit qu’une de ses amies faisait des études d’archéologie et qu’elle détestait les détectoristes. J’ai demandé à ma collègue si elle savait pourquoi. Tout simplement parce que les archéologues ont peur de perdre leur travail !! Je pense qu’il ne faut pas chercher plus loin la raison de leur blocage, et que s’ils étaient vraiment passionnés par l’histoire, ils seraient finalement heureux de toutes ces découvertes. Or, ce n’est pas le cas. Donc, j’en viens à me dire que la plupart de ces gens font ce métier uniquement comme un gagnepain… D’autant que toutes ces découvertes, les emmèneraient moins sur le terrain et donc moins de défraiement en vue et donc une baisse de salaires… J’ai d’ailleurs une anecdote concernant la DRAC. Il y a deux ans je détectais dans un champ près de chez moi, quand je vois un autre détectoriste au bout du champ, un homme d’une cinquantaine d’années avec un détecteur assez ancien. Je vais le voir, histoire de discuter un peu. Finalement, on a discuté pendant près de 2 heures. Il m’explique qu’il détecte depuis près de 30 ans, et (et c’est ça le plus surprenant) qu’il fait un rapport de ses découvertes à la DRAC !, sur l’endroit de sa découverte avec photos… Il connaît personnellement 2 personnes y travaillant, un couple. Cet homme a d’ailleurs découvert en forêt des haches (du néolithique ou de plus tard, je ne sais plus). Il a donc fait son rapport à la DRAC et ce couple qu’il connaît a voulu savoir exactement où il avait fait sa découverte. Il les a donc emmenés sur le terrain pour leur montrer. – « Mais, ils t’ont pas demandé de leur donner ta découverte ? – Non, pas du tout. – ???? » Je sais où se trouve cette forêt. Il y a un habitat de l’époque de ses haches qui y est répertorié !! Personnellement, je n’y suis jamais allé. D’ailleurs cet homme détecte sur tous les emplacements des anciennes villa galloromaines du secteur, et donc au vu et au su de la DRAC (!!?!). J’y cru rêver quand il m’a dit ça. Un errement local certainement. Je tiens à préciser que cet homme est de toute bonne foi, et qu’il n’est en rien un affabulateur. En ce qui concerne la parution des articles, je pense qu’un article sur la législation européenne de la détection pourrait être intéressant car beaucoup emmènent leur détecteur en vacances. J’espère qu’une bonne partie de mes photos seront publiées, que ce soit pour le partage ou pour une identification et évaluation. J’y ai mis quelques-unes des 228 monnaies découvertes, les plus belles évidemment. 80 % restent très effacées… Voilà, j’espère que je n’oublie rien. En vous souhaitant une longue vie, cher magazine. Pierre 54
Votre trouvaille trésoraire de 228 monnaies est intéressante et aurait pu faire la couverture de la revue dans la série : « ces trésors découverts en attente de déclaration sans risque ». Il suffisait de nous envoyer une photo des monnaies regroupées en tas… Il n’est de toute manière pas trop tard pour le faire ! On ne mettra pas toutes vos trouvailles dans ce numéro mais elles apparaitront au fur et à mesure des prochaines sorties. Monnaie palestinienne découverte en labours 54 dans un champ que je fais chaque année (découverte après le 4e passage !). Surprenant de découvrir une monnaie en provenance d’un pays aussi lointain. Dans ce champ, je trouve régulièrement du militaria. Je suppose qu’un militaire en poste, peut être au Liban, qui était sous tutelle française à l’époque a ramené cette monnaie en souvenir en France et l’a perdue près de son campement. C’est typiquement le type de découverte que j’aime faire en détection… 10,5 g, D 30 mm.
Première monnaie de Palestine à passer dans la revue et à notre connaissance à être trouvée au détecteur de métaux en France, cela méritait sa présentation ! Monnaie de 1933 de la Palestine sous mandat britannique. Métal : alliage cuivre nickel 250 000 exemplaires, cotée 25 dollar en l’état TB.

Pistolet semi-automatique Ruby découvert en labours 54. Vu son état, ce pistolet ne pourra plus tuer grand monde…
C’est exact et cela donne une idée de la corrosion des sols saturés d’acide humique. Pour faire bonne figure, nous rajoutons un pistolet Ruby en bon état pris sur le Net au hasard, pour comparer.

Médaille Napoléon 1er, 31,6 g, 4 cm. On m’a donné cette médaille il y a quelques années. En quelle métal est-elle ? Quelle est sa valeur ?
Napoléon Empereur et Roi, médaille, graveur Brenet, 41 mm, Avers : NAPOLEON / EMP. ET ROI. Buste à droite. Revers : aigle impérial sur un foudre. Au-dessus, une Victoire qui le couronne. A l’exergue : DENON D.T. / N / JALEY .FT / 1807. Tranche lisse. Métal en bronze argenté, valeur estimée 25 euros.

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Dans :
Juin.24,2019
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