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Le Nom de la… Chose

L’histoire se passe en Belgique… Et une fois encore, rejointe par l’absurdité de la situation, elle ne devrait pas bouder son qualificatif d’« histoire belge » !

Nous sommes au printemps, dans une agréable petite vallée de la région wallonne, au gré de laquelle s’insinue une petite rivière qui façonne les circonvolutions du terrain qui nous entoure. La région nous a déjà ouvert un beau chapitre de l’histoire de l’homme et de sa présence en livrant aux archéologues ou aux promeneurs avertis, nombre de silex taillés, tombelles de l’âge du fer et artéfacts divers témoignant ainsi de l’établissement de nos « Anciens » dans cette contrée.
La terre est riche et propice à la culture, le paysage est clairsemé de bois et de forêts, avec une magnifique petite rivière qui vient sculpter le fond de la vallée. A la lecture d’une carte de l’Institut Géographique National, j’y avais constaté le signe interpellant de la présence conjointe d’une source et d’une chapelle. Il n’en fallut pas plus pour titiller ma curiosité et m’inciter à aller constater « in situ » et « de visu » le fruit de mes interrogations quant à cette proximité et promiscuité pour le moins étonnante.
Nous sommes aux abords d’un village paisible et serein mais sur les terres d’un « nanti » qui gravite dans une couche de la société que je n’ai pas l’habitude de fréquenter. C’est la raison pour laquelle, je demande à mon acolyte (anonyme), bien plus aguerri que moi aux convenances des hautes sphères, de bien vouloir s’enquérir de notre autorisation en toute courtoisie auprès de Monsieur… Le Propriétaire.
Et la chose fut faite ! Nous voilà enfin arrivés aux premières heures de la matinée de ce premier beau dimanche de printemps. Sortis de l’engourdissement de ce trop long hiver maussade et dopés par la perspective d’une hypothétique découverte, nous sautillons comme des puces sur l’échine d’un goret en attendant que le portillon du château s’ouvre afin de signaler notre présence sur les terres…
C’est Monsieur le propriétaire qui en personne vient nous accueillir. L’homme qui s’avance vers nous a une cinquantaine d’années, une allure bien campée et le sourire cordial. Son phrasé trahit l’homme d’affaire qui a l’habitude de jongler avec les mots et qui pourrait vous tendre un contrat à la fin d’une phrase. Nous lui remémorons succinctement qu’avec un petit peu de chance, nous pourrions ouvrir un nouveau chapitre de l’histoire de sa propriété et qu’en fin de journée, nous aurons plaisir à lui faire part du résultat de nos découvertes.
Mais l’homme n’y croit pas et tout en nous expliquant que nous sommes les bienvenus sur sa propriété et que nous disposons de toutes libertés, il rebondit sur l’occasion de nous faire part du fait qu’il n’aura pas le temps de nous recevoir en fin de journée pour raison de repas en famille. Nous remercions l’homme en question d’une poignée de main vive et cordiale, pour nous armer de notre matériel de prospection.
Ah, la voilà cette fameuse source ! Avec une chapelle juste à côté ! Cela ne vous rappelle-t-il rien ? J’entends déjà quelques hommes que l’on imagine aux longs cheveux, parlant une langue gutturale préromaine, doués d’un savoir métallurgique inestimable et vouant un culte à la magie de l’eau qui sort de terre comme si une pierre précieuse en était venue à se liquéfier. La chasse commence, c’est l’instant de la montée en concentration. Mon casque sur les oreilles m’aide à m’extraire des perturbations sonores extérieures. Je m’enfonce dans un univers qui ne regarde plus que ce qui se trouve 40 centimètres sous mes pieds. Le sol devient transparent, la matière palpable et tout s’éclaire comme une chose qui devient compréhensible.
Une première heure passe dans une grande fluidité, absorbée par la « magie » de l’endroit, en nous révélant une faible présence de matériaux métalliques. La curiosité du propriétaire a quand même poussé celui-ci à venir jeter un œil sur les faits et gestes de ces deux hôtes qui jouent les « taupiers » dans sa propriété. C’est précisément à ce moment-là qu’un son vif comme l’éclair vint faire vibrer les feuilles de mes tympans. Un son qui vous rappelle la pureté de l’eau vive et qui pour mieux vous en convaincre vous convie à répéter celui-ci en repassant le disque de la machine pour mieux savourer son plaisir.
L’indice… quel est l’indice ??? Comme s’il pouvait y avoir encore un doute sur un tel son ? NONANTE ! De NONANTE à NONANTE DEUX ! Traduction : De QUATRE VINGT DIX à QUATRE VINGT DOUZE. Je creuse ! Et à mesure que je creuse, le son vient à s’amplifier. A la grande stupeur de Monsieur le propriétaire qui voit mon fer de bêche de 40 centimètres de long, s’enfoncer dans le ventre de sa terre comme un glaive dans l’âme de son adversaire. Mais la récompense est là, à sortir de terre. Une pièce ronde et régulière, qui ne nous revient pas de temps reculés mais qui l’espace de quelques secondes devrait faire oublier au Maître de ces lieux le préjudice causé par mon monticule de terre. C’est pourquoi je demande à mon équipier d’aller présenter cette première découverte à notre « propriétaire » pendant que je m’affaire à faire disparaître toute trace d’excavation et à remettre les lieux en « pristin état ». La pièce est noirâtre et fort encroutée ; et par absence d’identification, ne retient l’attention de personne. Après quelques minutes de discussion, mon équipier revient vers moi en me remettant les vives salutations du propriétaire qui, nous l’ayant dit précédemment, se prépare à déserter sa propriété pour la journée. Je reprends en main le produit de ma première découverte qui, à force de la triturer… fit apparaître du bout de mon ongle, une première couronne en argent ! Je regarde mon équipier qui s’en étonne autant que moi. Cela avait échappé à notre vigilance. Mais c’est… C’est une couronne royale !

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 89

 

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