Bonjour, je suis un fidèle de votre magazine, j’aimerais vous partager ma plus belle trouvaille dans une prairie quelque part dans le Gers !! Ces 5 monnaies et ces 3 lingotins ont été trouvés dans un rayon de 50 m. Je me tiens à votre disposition pour plus d’informations. Anonyme.
Commençons par la belle drachme d’Ampurias datée du IIIe siècle avant J.-C., 6,73 g BN.2277 var. Drachme à la Victoire. Avers : anépigraphe, tête de Perséphone à gauche, les cheveux tirés en arrière et ramenés en trois mèches, le cou orné d’un collier de perles ; devant, trace de légende EMPORITAN ; le revers présente un cheval tourné vers la droite, arrêté, relevant fortement la croupe et la tête bien droite, surmonté d’une Victoire très stylisée tenant une couronne. Ligne d’exergue à la base. La monnaie présente des griffures, état TB++ estimation 500 €. La suivante est une imitation de Rhodae, 4,92 g, Saves 477. À l’origine, portrait de Perséphone à gauche, un pendant à l’oreille et collier de perles. Une rose au revers, vue par-dessous. État TB++ 300 €.
Bague en or de 1,70 gramme trouvée en forêt de Haute-Saône par Patrice. D’origine mérovingienne, à la charnière avec le Moyen Âge, elle présente un anneau rond s’aplatissant au sommet en chaton ovale supportant un décor en forme de losange contenant vingt-cinq besants répartis en cinq lignes de cinq. Il ne semble pas s’agir d’une grappe de raisin.
Bonjour, fidèle abonné depuis le N°1, voici une originale agrafe à double crochet retrouvée autour de Troyes, dans l’Aube. Elle mesure 16 mm de large, 31 de long et pèse 5 grammes. On entend souvent parler d’agrafe mortuaire mérovingienne, mais il me semble avoir lu quelque part que ces agrafes étaient aussi portées par les vivants, à la place des fibules. Qu’en pensez- vous ? Merci, Luc du Lot.
L’objet se compose d’une plaque rectangulaire légèrement bombée, encadrée de part et d’autre par un décor ajouré formé de spirales roulées. Ces volutes latérales, obtenues par martelage et enroulement du métal, confèrent à l’ensemble une élégance graphique caractéristique de l’artisanat mérovingien régional VIIe– VIIIe siècle. Sur la plaque, une palmette stylisée en décoration poinçonnée est présente. Aux extrémités, deux crochets opposés permettaient l’accrochage dans des passants textiles ou des anneaux cousus au vêtement. Ce système diffère de celui des fibules à ardillon, mais répond à la même fonction : maintenir fermé un élément de costume, probablement une tunique légère, un voile ou un pan de manteau. On qualifie souvent ces pièces d’« agrafes mortuaires mérovingiennes », car elles sont fréquemment découvertes en contexte funéraire. Cette appellation peut toutefois prêter à confusion. Il ne s’agit nullement d’objets fabriqués pour la sépulture : ils étaient portés du vivant de leur propriétaire et accompagnaient simplement le défunt dans la tombe avec son costume.
Bonjour, Je m’appelle Romain, je suis de Normandie et je viens vers vous pour identifier un sceau. Je vous envoie des photos, dont une en miroir. Cordialement, Romain.
Belle matrice de sceau du XIVe siècle. Romain a eu l’idée de prendre une empreinte en cire et de la mettre en contre-jour devant une lampe électrique assez puissante. Le résultat est époustouflant : ce que nous avions lu en première lecture directement sur l’image du sceau inversé : ✠ SIG’ HEN : DE NOVVECRIE devient, sans l’ombre d’un doute : ✠ SIG’ HEN : DE LOVVEGNIE, que l’on peut interpréter comme sceau de Henry de Louvigny. Il existe un Louvigny dans le département du Calvados. L’oiseau marche à dextre et porte une brindille dans son bec ; en fond, un ornement végétal.
Pourriez-vous, s’il vous plaît, m’aider à dater cette petite hache trouvée il y a quelques années ainsi que m’éclairer sur son éventuelle utilité ? Sa petite taille m’intrigue (6 cm x 1 cm)… Objet votif ? Son poids est de 70 grammes et je ne suis pas certain de son alliage… Merci pour votre aide et tout votre travail pour les passionnés que nous sommes ! Bien cordialement, Jeremy.
Petite hache plate votive en bronze datant de 2000 à 1600 avant J.-C. La silhouette est caractéristique : corps plat, profil légèrement trapézoïdal, tranchant évasé, sans rebords latéraux ni ailerons (qui apparaîtront plus tard au Bronze moyen). L’absence de véritable affûtage fonctionnel et les dimensions réduites plaident en faveur d’un objet votif ou symbolique, plutôt qu’utilitaire. La surface semble montrer des irrégularités de coulée et un façonnage limité après démoulage, ce qui correspond bien aux productions anciennes issues de moules ouverts en pierre ou en argile.
Encore une fois, une de nos lectrices a découvert un objet extrêmement rare à découvrir en prospection. Celle-ci a fait une demande d’identification dans le n°100 de la revue de juin-juillet 2018, à la demande 100.27 par Marie-Ange dans l’Aude. L’artefact se présente sous la forme d’un crochet en alliage de cuivre, d’une grandeur indéterminée car non fournie. L’artefact fut qualifié à l’époque par la revue comme étant « un clou en cuivre de décoration ou de renfort sur une malle ancienne par exemple… ». De mon côté j’ai tout de suite identifié l’objet car déjà rencontré dans un ouvrage anglais traitant d’artefacts trouvés en Angleterre par des prospecteurs. J’ai ainsi très sommairement identifié l’objet dans le n°101 d’août-septembre 2018, ayant bien entendu l’idée de réaliser un article sur ces rares objets médiévaux, article que voici. Ainsi, ces rares objets sont, semble-t-il, extrêmement difficiles à dénicher en prospection mais aussi en fouille archéologique, et cela même en Angleterre. Les spécimens découverts ont fait l’objet d’articles et de publications dans divers ouvrages historiques, archéologiques et revues de détection, tout cela en Angleterre bien entendu. Les Anglais les ont catalogués comme étant des crochets de suspension pour lanternes, crochets eux-mêmes placés dans des porte-lanternes de diverses formes et de matériaux divers, majoritairement de forme rectangulaire. Ces porte-lanternes étant utilisés à l’entrée de grandes demeures, châteaux, manoirs mais furent utilisés à grande échelle partout et par presque tout le monde, casernes, postes de garde, tavernes, commerces divers, ou montés sur des véhicules, calèches, charrettes ou encore sur les ponts de navire, des péniches, des barques, ces porte-lanternes étant semble-t-il très courants à l’époque, ceux-ci étant datés par les Anglais du XVe siècle.
Ces crochets sont en alliage fer-cuivre, l’âme du crochet en fer, celui-ci étant recouvert d’une fine couche de cuivre ou de laiton, parfois cette couche est recouverte de dorure. D’autres crochets sont en alliage de cuivre, parfois émaillés et d’autres uniquement en fer forgé. Tous ces crochets sont coulés d’une traite mais ne sont pas standardisés dans la forme ou la grandeur. Leurs têtes existent sous diverses formes. Quatre types semblent actuellement répertoriés, à savoir : Les têtes de type zoomorphe. Celles-ci sont en majorité des têtes de chien ou plus rarement de têtes de serpent. Il me semble pas y avoir d’autres types connus à ce jour. Les têtes circulaires bombées, parfois décorées d’un astre à huit rayons ou sans décoration aucune. Les têtes en forme de dômes, parfois décorées de lignes comme la 100.27 ou sans décoration aucune. La catégorie la plus prolifique en termes de modèles : les têtes y sont extrêmement variées, en forme de pommeaux, de triangles, de cônes divers et variés… Certains modèles, rarissimes, sont émaillés comme l’exemplaire présenté plus bas et découvert en Angleterre en prospection. En résumé, ces crochets de suspension sont extrêmement variés dans leurs formes et dans leurs grandeurs de 30 mm à 100 mm. Ces crochets installés dans des porte-lanternes n’étaient pas fixés mais libres. Ils pouvaient tourner à 360 ° et ce, pour pouvoir orienter la lanterne du côté voulu. Selon le modèle de lanterne, il y a une fenêtre, deux, trois ou quatre fenêtres. Par contre, les plus petits crochets, ceux mesurant entre 30 et 40 mm, avaient pour fonction de suspendre un cadre cintré dont l’utilité et la fonction restent encore de nos jours mystérieuses. La grande majorité de ces crochets de suspension de lanternes furent trouvés en fouilles archéologiques sur des sites du XVe siècle. Les exemplaires trouvés à l’unité proviennent eux pour la plupart des prospecteurs anglais. Ainsi, la découverte réalisée par Marie-Ange reste extrêmement rare dans notre milieu. Il s’agit du seul spécimen passé dans la revue depuis son existence. De mon côté, j’ai trouvé un seul petit modèle de ces crochets en vingt-cinq années de pratique, et un seul cadre cintré. Ceci dit, la lecture de l’article ici présenté fera peut-être sortir du bois d’autres spécimens découverts par les lecteurs de la revue. Alors au cas où… Alea jacta est
Vécu 4 Les trésors de Bojarski 7 Le cauchemar a une histoire 8 Brèves Artéfacts 15 Rares figurines celtiques votives 18 Pointes protohistoriques en métal 22 Crochets de suspensions de porte-lanternes, XVe siècle 24 Autels votifs miniatures, I-IIe siècles 26 Un couvercle d’une blague à tabac Histoire 27 Les nouvelles monarchies battent parfois monnaie 30 Une affaire qui tourna vinaigre 32 Sévère galère pour Sévère 34 Avec son Florentin, Zita avait du biscuit ! 36 Les mousquetaires, entre mythe et réalité ! Trouvailles 40 Monnaies/objets Numismatique 50 Jean Dassier et l’Histoire chronologique des rois de France 52 Le billet velu 54 L’or de la Petite Venise 56 Numismatique du Groenland 58 La nababie des Babi du Zaboulistan 60 Les monnaies du Maréchal Berthier 63 Courrier 64 Agenda 66 Librairie 67 La photo insolite !
La sortie du dernier numéro, avec l’article sur le LiDAR annoncé sur les réseaux sociaux, a secoué le petit monde de la détection. Cet évènement m’a permis de constater la scission importante existant dans la communauté des prospecteurs. Il y a, d’un côté, les « béni-oui-oui » de la détection, qui se contentent des miettes que leur accordent, d’un regard méprisant, les fonctionnaires de la Culture, et, de l’autre, ceux qui sont passionnés de détection et d’histoire et qui refusent de se soumettre à une loi autodestructrice. Il s’agit de désobéissance civile et de faire constater aux autorités que la voie prise n’est pas la bonne. Le magazine défend cette position depuis longtemps. Les premiers sont en majorité plus jeunes et certainement plus malléables que les anciens. Ils ont aussi un rapport de soumission à tout ce qui touche à l’autorité d’État. Ils n’ont pas l’air de voir que l’État a des priorités : fort avec les faibles et faible avec les forts. Ces gens-là, bien sûr, ne lisent pas Monnaies&Détections, et j’en suis heureux ! Le déferlement de haine engendré par un article qui informe les lecteurs du libre accès, pour les Français, aux photos LiDAR sur le site d’État de l’IGN en dit long sur leur mentalité.
Bonjour, Ci-jointes 2 photos de ma trouvaille que je pense être une pointe de Palmela. Ci-après les détails : trouvée à Vrères (79) 12 g / 84 × 20 mm. Par : JC.
En bien meilleur état que la dernière recensée il y a deux mois ! C’est la 85e pointe de flèche de Palméla officielle et non prise en compte par les archéologues, car archéologie grise comme dirait l’autre imbécile à la retraite… La rédaction.
Monnaie envoyée par un anonyme, sans indication de lieu — dommage aussi pour l’absence de poids et de diamètre. Néanmoins, on peut dire qu’il s’agit d’un aureus de la période de la Tétrarchie pour Maximin II Daïa, César (305–308 ap. J.-C.). Avers : MAXIMINVS NOB C, buste lauré et cuirassé à droite. Revers : PRINCIPI IVVENTVTIS, le Prince de la Jeunesse debout à gauche, tenant un globe et une lance (type augustéen). Marque d’atelier peu lisible : TR pour Trèves. Poids théorique : env. 5,3–5,5 g. Réf. : RIC VI (Maximin II César). Rareté : R2 à R3. Aureus rare frappé lors de la courte période où Maximin II porte encore le titre de César. Le revers PRINCIPI IVVENTVTIS, hérité de l’idéologie augustéenne, souligne le rôle dynastique et militaire du jeune prince dans le système tétrarchique. La monnaie est loin d’avoir passé sa vie dans un médailler : on note plusieurs coups puissants sur le portrait, dont un plus récent devant le nez — si c’est toi, c’est dommage. On aperçoit également un coup important sur la tranche à 6 heures. Le revers a beaucoup moins souffert et rehausse légèrement l’état général. On lui attribue un petit TTB-. Étant une monnaie recherchée, une estimation entre 8 000 et 10 000 € reste raisonnable.