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Monnaies et Détections

Archive pour décembre, 2020

L’atelier d’Arras fut fermé sous Louis XIV, à la Révolution et après une remise en état très sommaire, l’atelier monétaire reprit son fonctionnement dans les anciens locaux, situés à la Maison des Carmes, sous le contrôle du commissaire lillois Delepierre, et à la direction de Bertha et cela dès le 6 mai 1792. La marque allouée à l’atelier était le « W » de Lille orné d’un point en dessous. La production d’Arras consista en pièces de 12 deniers (1 sol) constitutionnels (faisceau et portrait du roi), 2 sols constitutionnels, 1 sol à la balance de la convention (balance et déclaration des droits de l’homme) et 2 sols à la balance. L’atelier ayant reçu très tardivement les poinçons du nouveau type républicain (balance), il n’effectua sa première délivrance de pièces de 1 sol que le 6 juillet 1793, les monnaies de 2 sols eut lieu fin juillet. Ce retard est attribué à une « pénurie de flans », ainsi entre 1792 et juillet 1793, l’atelier d’Arras réalisa une production de quelques 4 102 000 pièces de 2 sols et plus de 730 000 pièces d’un sol, soit le travail de plus de 200 ouvriers.
Le tableau des ateliers monétaires provisoires publié par Gadoury, éditions 2017, rapporte une période d’ouverture de mai à août 1792 ?, le tableau en question étant très lacunaire et bourré d’erreurs. On peut sans contexte qualifier celui-ci d’empirique !

2 sols d’Arras au W pointé.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n°114 …

Casimir le Grand

Les archéologues polonais semblent prendre exemple sur le système anglo-saxon, plus pragmatique et réaliste en matière d’archéologie. Plutôt que d’essayer de lutter « en vain » contre les prospecteurs, « un combat perdu d’avance vu les millions de détecteurs en circulation », ils en tirent partie, quand c’est possible. Récemment, des archéologues étaient intrigués de voir affluer des centaines de prospecteurs dans la forêt de Sanok, au sud-est de la Pologne, à la limite de l’Ukraine. Une petite enquête a déterminé que des prospecteurs avaient découvert un « spot » prometteur, délivrant des centaines de carreaux d’arbalètes ! Et sûrement bien d’autres choses… Des fouilles lancées sur le sommet du site et une recherche plus méticuleuse avec l’aide de prospecteurs a permis d’établir qu’il s’agit sans aucun doute du site d’une importante bataille médiévale, plus de 200 carreaux d’arbalètes ont été collectés en quelques jours. Probablement le résultat de l’attaque de site fortifié Ruthène, par l’armée de Casimir le Grand (1333-1370), roi de Pologne, qui d’après les chroniques de l’histoire, s’empara des camps fortifiés « ruthènes » dans cette région. L’enquête archéologique se poursuit…

Source : thefirstnews.com

Un Dauphiné pas si libéré

Dans « Exploitation minière et implantation castrale en Dauphiné », thèse soutenue il y a deux ans, B. Oury étudie la nécessité de s’assurer une exploitation sereine des métaux précieux pour ces puissants féodaux que furent les Dauphins du Viennois.

Médaille de bronze de Louis, ex-futur Dix-Neuvième de France et dernier dauphin du Viennois.

La capacité à extraire du minerai et d’en faire ensuite de la monnaie était une arme économique absolue pour les souverains, avant l’apparition de la monnaie fiduciaire. Il fallait d’abord se garantir un pourcentage le plus élevé posible de la production en respectant le droit coutumier, lequel était basé sur la sagesse ancestrale et garanti par la foi religieuse. Plus inattaquable qu’une constitution contemporaine ! Une fois ce pourcentage établi, il fallait assurer l’ordre contre les vols, pillages de guerre et autres joyeusetés que l’on pourrait qualifier de « médiévales » si ce n’était le lot quotidien et très actuel d’une large partie de l’Afrique équatoriale voire d’un département français d’Amérique du Sud. Après l’établissement de rondes de garde dans une tour à proximité de l’entrée de la mine, voilà l’argent, au sens propre, qui entre à pleins chariots dans les caisses du prince.
Ici nous résumons, ce n’est pas si simple. Si les Dauphins du Viennois sont devenus indépendants, c’est parce que le territoire sur lequel ils allaient étendre leur puissance était une parcelle de ce fameux royaume d’Arles (ou de Bourgogne-Provence) qui est tombé sous la coupe de l’empereur germanique en 1034, après deux ans de guerre contre Eudes de Blois, l’héritier légitime.
Oubliée dans l’immense empire qui va de la Meuse à la Vistule et de la Mer du Nord à l’Adriatique, la famille d’Albon va gérer son autonomie et ses mines fourniront son trésor. C’est l’empereur Barberousse qui accorde le droit de battre monnaie à Guigues, en 1155. C’est la date fondatrice du monnayage delphinal, dont on sait qu’il survivra jusqu’au XVIIIe siècle avec le fils aîné du roi de France. Avec L’Argentière, Brandes et Fangeas-Faravel, les dauphins possèdent trois beaux filons qui alimentent les ateliers d’Arisan, Crémieu, Romans, Serre et Tronche près de Grenoble. Une nouvelle campagne de prospections, à la fin du XIVe siècle, ne permit pas de trouver des filons nouveaux et rentables (avec les techniques de l’époque).

Ecu d’or du dauphin Louis, futur Onzième de France.

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