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Monnaies et Détections

Archive pour septembre, 2019

La monnaie du Bossu

« Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère ira à toi ! » Tout le monde connaît cette phrase du roman Le Bossu, le plus connu des personnages de cape et d’épée, après les mousquetaires.

Gonzague trahit Nevers, qui sera vengé vingt ans plus tard, c’est l’argument du livre : Paul Féval a fabriqué une fiction inspirée d’une réalité historique avec l’important duché de Nevers qui appartient à la famille Gonzague, laquelle réclame la succession de leur cousin Vincent II, duc souverain de Mantoue. D’où la Guerre de Succession de Mantoue.
En effet le duché de Mantoue est important puisqu’il contrôle quelques passages des Alpes tout à fait stratégiques. Les armées françaises et espagnoles vont donc s’affronter chacune pour leur candidat. Tout commence en 1627 avec l’héritage de Mantoue par Charles, duc de Nevers. Une guerre oppose pendant quatre ans les armées des voisins pour la possession des forteresses et particulièrement pour celle de Casale Montferrato. Elle s’achève par la victoire de Charles I de Gonzague-Nevers, il meurt dix ans plus tard et laisse le trône à son petit-fils, Charles II. La monnaie très usée présentée ici porte le visage poupin de l’enfant et surtout la mention de sa souveraineté d’Arches. Ce village des Ardennes, ceint de murailles et organisé par les architectes du grand-père est devenue Charleville. Charles II vend toutes ses possessions françaises à Mazarin, en 1659.
Le cardinal italien s’est fait connaître lors de la négociation pour Casale, son talent de diplomate pontifical évite un nouveau bain de sang au pied de la forteresse montagneuse en 1640. Il fait son entrée à la cour de France où il prend la suite de Richelieu puis amasse une immense fortune qui lui permet de racheter les biens des Gonzague en France. Ces derniers restent ducs de Mantoue jusqu’à la mort de Charles III en 1708. Il ne laisse qu’un fils illégitime auquel tout droit sera dénié au profit des puissances voisines qui annexent Mantoue mais aussi son Etat associé, Montferrat. Ce marquisat appartenait aux Paléologue, famille des empereurs de Constantinople et échoit aux Gonzague par mariage, leur permettant de bourrer leurs armoiries de prétentions orientales ; y compris sur le trône de Jérusalem, ajoutant ainsi un prétendant de plus à cette prestigieuse royauté virtuelle. (Cf. “Un modeste liard”, n° 101 de Monnaies et Détection).

respectivement : Charles II duc de M(antoue). / Double de la souveraineté d’Arches (en abrégé).

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

Vercingétorix aux enchères

Un rare statère au portrait de Vercingétorix, le chef gaulois de la tribu des Arvernes, était proposé aux enchères début juillet par la maison Drouot. De classe I pour un poids de 7,29 grammes, avec la légende « Vercingetorix » en partie rognée, au revers : cheval au galop avec un torque et une amphore, la monnaie qui n’était pas très belle, un avers décentré et usé, avait tout de même une mise à prix de 15/20 000 euros. Après des enchères très disputées c’est un enchérisseur via internet qui l’a emporté, à 83 000 euros…
Source : Drouot enchères

107.1

Bonjour, tout d’abord merci pour votre excellent magazine. J’ai trouvé cette monnaie en Charente-Maritime et je n’arrive pas à l’identifier, obole de Charlemagne ? Elle est uni face et pèse environ 0,40 g.   Dimensions : 15 mm par 12 mm, en argent. Merci pour toutes vos informations sur cette trouvaille. Franck
Nous ne pensons pas que cette monnaie relève de la numismatique carolingienne, la forme des lettres est bien plus fine que sur les oboles de Charlemagne et la titulature ne correspond pas. Elle semble être un denier mérovingien. Le grand A laisse immédiatement penser à une des très importantes frappes de Marseille, mais on retrouve de telles lettres à Tours. Malheureusement, ces monnaies produites en très grand nombre sont très souvent mal frappées et difficiles à identifier de façon précise, comme c’est le cas ici. Rappelez-vous le dernier denier mérovingien paru, N° 99.10, il n’a jamais été identifié.

Une monnaie de Berg

Dans chaque giberne de soldat il y a peut-être un bâton de maréchal…

Cela n’a jamais été aussi vrai que sous Napoléon Ier. Non seulement il a fait de gens du commun des maréchaux mais, parmi ceux-là il a distribué des couronnes. Bonaparte, même s’il a repris le décorum de l’empire romain, s’est inspiré plutôt de la féodalité pour construire son système de hautes récompenses : ordres de chevalerie, noblesse fondée sur la géographie et rois vassaux. C’est d’une audace oubliée, car Napoléon III, le neveu, n’a pas été jusque-là. Le Petit Caporal, lui, reprenait les vieux royaumes pour les confier, en tant que couronnes vassales, de l’Empire français à sa famille.
Lorsque les Etats se trouvaient avec un Bonaparte – ou l’un des serviteurs de l’empereur – à leur tête ils n’arrêtaient pas de battre monnaie. Ainsi est née toute une catégorie de monnaies napoléonides hors de France. La France était grande de 750 000 km2 après l’annexion de la Hollande, mais Napoléon Ier a repris ou restauré bien des royaumes à l’étranger. La liste est importante, aussi nous allons dresser celle des principautés données à des Français pour l’instant.
Les frères et sœurs de l’empereur : Espagne, Naples, Hollande, Lucques, Westphalie, Toscane…
L’entourage : Bénévent (Talleyrand), Ponte-Corvo (Bernadotte), Neuchâtel (Berthier), Naples (Murat), Berg (Murat).
Venant de trouver une monnaie de Berg et de Clèves, je découvris avec surprise dans le “répertoire des monnaies napoléonides” de Poindessault et de Mey qu’elle était en billon. Sa mauvaise apparence – nous pouvons en juger sur la photo – peut laisser penser qu’elle est en bronze.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 107

17 000 euros

Trouvés au détecteur ! Et ce n’est qu’une estimation… Encore une belle histoire qui nous vient d’Angleterre, non il n’y a pas plus de trésor en Angleterre qu’en France, la seule différence c’est que, eux, les déclarent !
Lisa Grâce, une prospectrice anglaise, elles sont de plus en plus nombreuses, a trouvé le jackpot et elle ne bricole pas Lisa, équipée d’un GPX 5000 de chez Minelab et avec en plus une bobine énorme ! L’histoire ne dit pas si Lisa avait des informations particulières, on cherche rarement au hasard avec un engin pareil, mais en tout cas elle a mis dans le mille en découvrant dans le Lincolnshire, un superbe pendentif en or d’époque médiévale !
Un pendentif orné d’une grosse améthyste en taille ancienne et de trois pendeloques en tresse d’or. Le bijou a été daté des années 1400/1550. Certains y voient même un bijou qui serait lié au roi Édouard IV (1461-1483). Ils arrivent à cette conclusion, un peu fumeuse, à cause d’un tableau représentant le Roi, qui porte une épingle à chapeau ressemblant au bijou découvert par Lisa et en rajoutant que le style du bijou rappelle le soleil d’or qui était l’emblème d’Édouard IV. S’il y a une vague ressemblance, c’est quand même un peu dur à avaler… Mais peu importe, le simple fait d’associer le nom du roi à ce bijou devrait avoir une influence plus que positive sur les enchères et c’est tant mieux pour Lisa ! A suivre…
Source : dailymail.co