MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Archive pour janvier, 2026

Trouvaille 144.05

Et merci encore de proposer une revue de cette qualité. J’ai attendu un petit moment avant de vous envoyer cette trouvaille mais finalement, j’ai pensé que cela pouvait aussi intéresser vos lecteurs. Voici cette monnaie sortie de terre en avril dernier à SEVREMOINE (49) – (La chance du débutant sans doute, car je détecte depuis 8 mois et à tout petit rythme). Elle mesure 25 mm et pèse 3,74 g (or). D’après mes 1ere investigations, il semblerait qu’il s’agisse d’une pièce portugaise de 500 reis (Sébastian 1er) des environs de 1565. Pourriez-vous me confirmer cette identification et surtout m’expliquer le pourquoi « historique » (potentiel) de la présence de cette monnaie entre Cholet et Nantes ? Merci par avance, JLSB.

Pour vous expliquer le pourquoi de la présence de cette monnaie entre Cholet et Nantes, il faudrait remonter le temps et tout connaître de la vie de celui qui l’a perdu ! Mais il est chose fréquente au XVe et XVIe siècles d’avoir des monnaies étrangères, voire de ville, que l’on changeait en arrivant dans une autre contrée. Les changeurs étaient monnaie courante. Les commerçants étaient les premiers fournisseurs de ces monnaies étrangères selon le cycle de leurs ventes et de leurs déplacements. Il s’agit bien d’une monnaie portugaise : 500 reis de Sébastien Ier entre 1560 et 1578, appelée aussi cruzado. Avers : + SEBASTIANV: I: REX: PORTVG. Écu de Portugal couronné. (Sébastien Ier, roi du Portugal). Revers : (FLEURON) IN HOC: SIGNO: VINCES. Croix de Jérusalem. (Par ce signe tu seras vainqueur). Votre monnaie a bien circulé, c’est un TB réf : Gom57/04. Elle est voilée, il y a un petit manque de métal : estimation 300-350 euros.

Trouvaille 144.04

Bonjour, deux pièces en argent (la matière la plus noble trouvée en bientôt 20 ans de détection). La 5 soldi trouvée le 04/02/2025 sur un bout de mon terrain que je viens de défricher et la 10 soldi, au printemps 2024 sur un ancien chemin en face d’un bassin (d’époque) de récupération de source à proximité de chez moi. Ce qui me paraît intéressant est le fait que je trouve souvent des monnaies italiennes dans mon coin du Haut Livradois (Doranges). J’ai trouvé quelques monnaies de Victor Emmanuel II auparavant dans le même secteur. Bien cordialement. Rémi.

10 soldi Napoléon Ier, Empire français : buste droit de Napoléon Ier : NAPOLEONE IMPERATORE E RE 1812 Napoléon Empereur et Roi. Graveur : Luigi Manfredini. Revers : la couronne d’acier de Lombardie REGNO D’ITALIA. 10. SOLDI M. Monnaie en argent de 900/1000 de 2,5 g. Concernant la 5 soldi frappée aussi à Milan, ce sont les mêmes caractéristiques que la 10 soldi avec un poids divisé par deux. L’état de ces monnaies est un TB+ pour la 10 et un TB- pour la 5 avec ces rayures disgracieuses sur le portrait. On est à 20 euros et 5 euros.

Trouvaille 144.03

Bonjour. Bon, tous les prospecteurs qui ont “de la bouteille” ont tous trouvé beaucoup d’anneaux en bronze ou en cuivre, à usages multiples, mais ce petit lot diffère des anneaux “classiques”. Tous trouvés dans le même champ, dispersés, ils ont comme point commun des rainures très nettes sur la face externe. Est-ce dû à une décoration volontaire, ou plutôt à une technique de fabrication particulière ? À noter que 4 exemplaires pèsent exactement 3,7 g pour le même diamètre, 25 mm. Est du Loiret. Cordialement, Clyde 45.

Effectivement ce lot est étonnant et on vous remercie de nous l’avoir présenté. Les stries sont en relief et rajoutent à notre étonnement. Nous ne pourrons malheureusement pas vous renseigner sur une éventuelle technique de fabrication (pourquoi rajouter des stries au moule d’origine et comment faire pour que la couleur diffère ?). Il serait intéressant qu’un éventuel inventeur nous présente le même type de trouvaille.

Trouvaille 144.02

Bonjour à toute l’équipe, dernièrement j’ai fait cette trouvaille originale. Deux petits médaillons en alu, poids : 1,45 g, diam. : 21 mm. D’après mes recherches, il s’agirait des toutes premières utilisations de l’aluminium, qui à l’époque valait le prix de l’or ! Félicitations pour votre magazine. Gérard.

Trouvailles originales ! Le fait de les trouver ensemble propose comme hypothèse qu’elles fassent partie du même objet, bracelet, collier ou autre…, c’est une reproduction moderne, probablement fabriquée entre les années 1930 et 1970. Il pourrait avoir été produit comme objet commémoratif ou décoratif, à une époque où l’aluminium était populaire pour les objets bon marché.

Trouvaille 144.01

Bonjour, j’ai trouvé ce petit coffret avec quelques pièces, pouvez- vous m’en dire un peu plus sur cette boite ? Quelqu’un veut me l’acheter à tout prix, mais bon je veux en savoir un peu plus. Je l’ai trouvé au détecteur Garrett 2500 GTI, profondeur 52 cm / pièces Napoléon / métal bronze / et pas de poinçon. Ce coffret était enveloppé dans plusieurs morceaux de peau. Le morceau de peau a suinté à l’intérieur (pièces Napoléon premier). Bien cordialement, Taki.

On aurait aimé en savoir plus sur le contenu, des pièces de Napoléon Ier ? En général les plus courantes dans une boite enterrée, ce sont les 20 f or, appelées plus populairement les « louis d’or ». Si c’est le cas, on aurait aimé partager cette photo avec les lecteurs… Pour en venir au coffret, on ne peut pas être certain qu’il soit authentique. Il semble être en alliage de cuivre jaune et d’autres métaux, bronze ou laiton. La pièce blanche de la charnière est moderne et a été rajoutée en réparation, car on voit nettement la trace de soudure sur l’intérieur de la boite. La fabrication du coffret est assez fruste avec de multiples imperfections, les scènes religieuses sont difficilement identifiables. On est sur un coffret de style néogothique du XIXe siècle. Cela correspond à la période des monnaies retrouvées à l’intérieur.

Prospection poétique dans le silence d’un bois.

Je suis parti tôt ce matin, le détecteur en bandoulière, le sac chargé d’espoir plus que d’outils. Le ciel était bas, la lumière tamisée, et le petit bois que j’avais repéré la veille semblait m’appeler. Il s’étendait sur une pente un peu raide et traîtresse, couverte de feuilles mortes et de ronces discrètes. Un lieu oublié, loin des sentiers battus, où je m’imaginais déjà exhumer quelques vestiges enfouis depuis des siècles. La première heure a été très calme, juste deux cartouches à broches et quelques sons de petits ferreux que j’ai ignorés. Le mouvement répétitif du disque sur le sol, ce frottement sur le sol humide, le bruissement de mes pas dans la végétation était quasiment le seul bruit que mes oreilles captaient. Je balayais méthodiquement, ligne après ligne, comme un scribe cherchant des mots dans la terre. Rien. Pas même un double tournois ou un Napoléon 5 centimes… Le détecteur restait muet, indifférent à mes efforts. Je m’arrêtais parfois, essuyant mon front, écoutant le vent qui venait de se lever dans les branches. Il y avait une beauté étrange dans cette absence de résultat. Une forme de méditation. Le monde moderne semblait loin, et moi, là, seul avec mon détecteur, je devenais une sorte de pèlerin, cherchant non pas un trésor, mais une réponse. Et la réponse est venue, non pas, amis prospecteurs comme une belle trouvaille à vous faire devenir vert de jalousie mais comme une scène figée dans le passé que j’ai pu reconstituer. M’étant arrêté pour satisfaire un besoin naturel que ma prostate fatiguée me fait renouveler régulièrement. J’avisais, sur l’arbre sur lequel j’urinais, un goulot de bouteille attaché au bout d’une ficelle à mi-hauteur d’homme. Elle était quasiment invisible, de la même couleur que toute la végétation et la corde fine et noire. Pourquoi est-elle attachée ? Et je remonte ainsi les fils de ma pensée et de la bouteille et je découvre que le fil est attaché au tronc et que l’autre extrémité pendouille vers le sol, je tire dessus et j’extrais des feuilles mortes un autre goulot attaché. Je crois avoir compris assez rapidement quand j’ai également trouvé la même ficelle nouée à un autre tronc éloigné de quelques mètres avec un autre goulot de bouteille accroché. Je suis tombé sur un stand de tir, occasionnel avec des bouteilles attachées à une ficelle entre deux troncs. Vu que le petit bois était avare de trouvailles sympathiques, je me suis focalisé sur ma découverte, et pensé qu’il ou ils avaient dû se mettre en contrebas pour que les balles se perdent en terre et je me suis dit que j’allais trouver les douilles et repérer ainsi d’où ils avaient tiré. Ça n’a pas traîné, j’ai trouvé des douilles de 7.65 mm1. Je suis allé plus loin dans mon délire, j’ai visualisé la ligne de tir et ou devaient se perdre les balles en terre et j’y ai passé mon disque qui n’a pas tardé à me livrer les balles enfouies. Ce petit intermède m’a bien pris une demi-heure. Et pourtant, je n’ai pas regretté. Ce bois, ce silence, cette obstination… c’était une rencontre dans le temps ou simplement un moment à moi, hors du temps. Je suis reparti bredouille, mais pas vide. Le bois m’avait parlé.

Larry Yégeois

1. Sur le culot après un nettoyage poussé et sous loupe j’ai lu : 7.65 B et plus loin 12 S & B.

Trésor de Xaintray

Nous avons reçu, en plein mois d’août, un courrier de Stéphan
nous relatant cette histoire :

Bonjour l’équipe, Pour info, une petite histoire sympathique… et qui finit bien pour les propriétaires ! C’est rare ! Merci pour votre travail et continuez de nous régaler. Stéphan.

Nous avons remercié Stéphane et lui avons répondu : Bonjour et merci, Pour info, ils restent propriétaires de la totalité, car le trésor a été trouvé sans détecteur, sur leur propre terrain, acquis avant 2016. Un seul de ces facteurs leur aurait fait perdre la propriété du trésor… Résumé de l’affaire Un couple des Deux-Sèvres a découvert un trésor médiéval exceptionnel dans son jardin. Alors qu’ils réaménageaient leur terrain, ils ont mis au jour 2 000 pièces d’argent datant de la Guerre de Cent Ans, enfouies à seulement 5 cm de profondeur dans une poterie vernissée rouge. Les monnaies, frappées entre 1266 et 1352, constituent le plus important ensemble connu en Deux-Sèvres pour les XIIIe et XIVe siècles. Actuellement conservé sous surveillance, le trésor fera l’objet d’une présentation publique et d’une valorisation patrimoniale. Selon la loi, le couple en est propriétaire intégral, ayant respecté toutes les démarches légales : information à la mairie et à la DRAC. Nos recherches En creusant un peu, nous avons trouvé deux articles relatant cette découverte faite en 2022 mais rendue publique par les articles suivants en Août 2025 : Modes et Travaux – Deux-Sèvres : ce couple pensait simplement jardiner… Cet article rappelle l’article 716 du Code civil : si un trésor est découvert par une personne sur son propre terrain, il lui appartient intégralement. Le couple de Xaintray, propriétaires et inventeurs, a donc conservé l’intégralité du dépôt après déclaration à la mairie et à la DRAC. Les démarches ont été exemplaires et l’expertise lancée rapidement. France Bleu – Un couple des Deux-Sèvres a découvert un trésor du Moyen Âge dans sa maison Ici, l’expert numismate Arnaud Clairand précise : Loi de 1941 : si la découverte est fortuite (sans détecteur), l’inventeur obtient la moitié du trésor, l’autre moitié revenant au propriétaire du terrain. Loi de 2016 : pour tout terrain acquis après juillet 2016, un trésor présentant un intérêt scientifique est présumé appartenir à l’État, sans aucun droit pour l’inventeur ou le propriétaire. Conclusion Le premier article ne mentionne que la loi de 1941, laissant croire qu’un trésor trouvé chez soi appartient toujours au propriétaire. C’est trompeur pour le citoyen de bonne foi qui, pensant agir correctement, pourrait se retrouver dépossédé après déclaration. Le second article, grâce à Arnaud Clairand, précise les conditions réelles et ajoute la loi de 2016. Ce n’est pas anodin : on peut y voir une manière subtile d’exprimer un désaccord face à cette loi du patrimoine qui prive nombre de passionnés et de chercheurs d’espace de travail dans leur domaine. Moralité : pour les néophytes, il est vital de bien se renseigner avant toute déclaration. Quant à nos lecteurs, ils savent déjà… et, vu la pauvreté des déclarations aujourd’hui, beaucoup ont choisi de garder le silence.

Gilles Cavaillé

Edito 144

Edito 144

Eric Dallera a évoqué, en page 32, le retour de l’empereur Napoléon Ier de l’île d’Elbe et sa remontée vers Paris en passant par les Hautes-Alpes. C’est la période des Cent-Jours. Il y raconte une anecdote qui m’a replongé dans ma jeunesse et a fait resurgir des souvenirs oubliés, mais ô combien sympathiques.

Dans les années 80, je lisais une revue qui s’appelait Trésors et Détections. Audinot y relatait déjà cette même anecdote, qui m’avait donné envie de prendre mon Austin Mini, de quoi camper, ainsi que mon Fisher 1265X de l’époque. J’avais alors décidé de remonter une rivière asséchée, où je pensais pouvoir retrouver l’endroit où se serait cachée cette fameuse caisse d’or.

J’ai passé trois jours, seul au monde dans cette combe, mais je n’étais pas arrivé le premier : j’ai très vite repéré des trous récents. Malgré tout, je me suis obstiné. Au final, je suis reparti bredouille de la caisse et de ses Napoléons, mais riche d’un splendide pied-de-biche, oublié par un collègue prospecteur avant moi. Cet outil fait toujours partie de mon inventaire de prospection.

Merci, Eric, pour ce rappel. Je suis certain que vous aussi, lecteurs, vous vous retrouvez souvent dans les récits de nos auteurs.

Bonne lecture,
Gilles Cavaillé

Une trouvaille inoubliable dans la Montagne Noire

Il y a quelques années, alors que je revenais d’une session de pêche en ruisseau dans la Montagne Noire, sur les hauteurs de Mazamet, j’ai pris un raccourci pour regagner ma voiture, garée à bonne distance. Sur un versant escarpé, à l’ombre de majestueux hêtres, j’ai remarqué les traces de vie ancienne : de vieilles murettes de pierre, un petit abri de berger effondré… L’endroit dégageait une atmosphère particulière. C’était la saison des champignons, et au fil de la descente, je ramasse plusieurs kilos de cèpes. La journée était déjà belle ; elle s’annonçait désormais inoubliable. Plus récemment, comme tout bon passionné de détection, je me demandais où passer un après-midi à la fois utile et plaisant. Le souvenir de ce lieu me revient soudainement : ces ruines discrètes, cette pente oubliée…Ni une, ni deux, j’y retourne. Rapidement, je mets la main sur quelques objets : monnaies Savo (dommage), fers à ânes, clous forgés. Et puis, après environ une heure et demie de prospection, le signal tant espéré retentit. Je creuse. Et là, l’incroyable : une pièce de vingt francs en or surgit du sol ! Mon coeur s’emballe, l’émotion me gagne. Je rentre chez moi, comblé. Un mois plus tard, je décide d’explorer la partie la plus pentue, que j’avais laissée de côté. Les premières trouvailles sont encourageantes : quelques Napoléon en cuivre, une petite 50 centimes argent Napoléon. Puis, au pied d’un gros rocher, un signal aigu à 70 sur mon « DETECH CHASER », à environ 30 cm de profondeur. Je dégage trois premières monnaies. Pris par l’intensité du moment, je prends quelques photos, allume une cigarette pour souffler un peu. Je repasse le détecteur… Nouveau son. Puis un autre. Et encore un. Abandonnant la pelle, je poursuis au couteau (un Opinel) pendant deux bonnes heures. Résultat : 60 monnaies extraites du même trou ! Il est 18 h, la lumière décline, je décide de rentrer, la tête pleine d’images. Quatre jours plus tard, je retourne sur le site. Je retrouve encore trois monnaies… et une superbe Henri IV, datée de 1632. Des instants rares, intenses. De ceux qui vous rappellent pourquoi on aime tant la détection. Et qui, au fil des années, restent gravés dans la mémoire comme de véritables trésors. B81