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Monnaies et Détections

Sommaire du n°109

Vécu
Cahiers de prospection 2002
Un trésor en Irlande du Nord
Un détectoriste danois découvre un trésor monétaire médiéval
Repassez !
La trouvaille d’Autelbas, une magnifique rareté
La chevalière de Thoinnet de La Turmelière
Le flair du « lapin »
Rallye du Béarn
Du Manta … au Fisher Impulse AQ – II
Condamné après avoir trouvé et déclaré une fibule carolingienne

Actualités
Qui se souvient de la météorite de Mont‑Dieu ?

Brèves

Histoire
L’histoire de la piraterie dans l’océan Indien
Angleterre 1935, découverte d’une main de gloire
La carte au trésor de l’ordre de la Rose
Les Navarrais en Normandie

Numismatique
Les sceaux des bulles papales
Trésor de grecques
Numismatique pour Noël et pour l’An Nouveau

Trouvailles
Monnaies/objets, avec la flèche Palmela

Courrier

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Agenda

Edito 109

Depuis la découverte de la météorite du Mont-Dieu, Monnaies & Détections s’est positionné naturellement pour la défense de notre loisir. Le procès que nous avons engagé contre l’Etat a été gagné et fait maintenant jurisprudence. Ce n’est pas rien ! Nous dénonçons dans chaque numéro, le suicide de l’archéologie française avec sa nouvelle loi du patrimoine. Aujourd’hui nous allons plus loin dans ce domaine en affirmant que 90 % de la population ne respectera pas cette loi débile et qu’iront au pilon, mortier et fourneaux, des objets archéo en métaux précieux invendables en l’état. Cette prise de position renforce les liens qui nous unissent et nous ressentons de votre part plus d’empressement pour nos articles collaboratifs, il ne se passe pas un numéro sans qu’il y ait une déclaration officielle à la revue d’une nouvelle pointe de Palmela se substituant à la déclaration à la Drac qui vous envoie devant le tribunal (voir l’article page 26). Notre demande de photos pour les clochettes contremarquées a été entendue, continuez de nous les envoyer et enfin, deux mystères ont été résolus grâce à vous : l’objet récurrent trouvé un peu partout en France et jamais identifié ainsi que les armoiries d’une chevalière en or qui est passée dans la revue il y a sept ans.
Alors un grand merci et continuons comme cela !
Bonne lecture
Gilles Cavaillé

108.1

Bonjour l’équipe, je vous envoie quelques trouvailles que j’ai eu l’immense bonheur de trouver fort fortuitement comme d’habitude dans l’Aude. Peut-être une petite place dans la revue ? Au moins la jaune, poids 1,44 g, peut-être tremissis libius severus mero ? Diamètre 13 mm. La fibule, longueur totale 7,5 cm, hauteur 2,5 cm, gauloise ou romaine ? La Louis XIV, diamètre 19 mm, poids 1,37 g. Merci pour votre excellente revue. François
Oui c’est exact : trémissis de LIBIUS SEVERUS (19/11/461-25/09/465). Monnayage autonome des Wisigoths pour Toulouse. Avers : D N SEVER-VS P F AVG. Buste diadémé, drapé et cuirassé de Libius Sévérus à droite, vu de trois quarts en avant “Dominus Noster Libius Severus Pius Felix Augustus”, notre seigneur Libius Severus pieux heureux auguste. Revers : VICTORI AVGGG COMOB. Victoire stylisée debout à gauche, drapée, les ailes déployées, tenant une longue croix de la main droite “Victoria Augustorum”. C’est une monnaie en état TB++ son estimation est de 1000 euros.

La fibule est très jolie, elle date de la deuxième période de l’Age du fer : (-475-350), arc massif légèrement renflé, pied redressé vers l’arc et terminaison en bouton ; gros ressort à corde externe, 2 spires visibles en bronze.

Vous avez trouvé aussi un 4 sols des traitants de Lyon pour le millésime 1676, 4 sols correspondent à un 15e d’Ecu de l’époque (1 écu = 60 sols). Avers : LVDOVICVS. XIIII. D. GRA. Buste drapé à droite. Revers : FRAN. ET. NAVARRAE. REX. (Millésime encadrant une couronne). Croix fleurdelisée avec différent d’atelier en cœur sous une couronne. Le Droulers donne une frappe de 21 498 000 exemplaires. C’est une monnaie courante en argent, ces exemplaires se vendent une centaine d’euros en état sup. La vôtre a subi une mutilation volontaire du visage elle est en état B++ et s’estime 20 euros.

La trouvaille de Malines, un casse-tête numismatique

Dans Monnaies & Détections n° 103, déc 2018-janv 2019, j’ai abordé le sujet très concret de l’apport des prospecteurs à la numismatique, celui-ci n’est plus discutable et le véritable monde scientifique l’admet sans plus aucune réserve. Comme l’a si bien dit J. Koldeweij, professeur de l’histoire de l’art du moyen-âge à l’université de Nimègue en Hollande, les détecteurs de métaux étaient une bénédiction pour la recherche historique et archéologique…, et toujours en Hollande, Madame Tas, expert réputée dans le domaine des monnaies antiques, déclare que les prospecteurs trouvent des types de monnaies nouveaux et inconnus et que de vieilles routes marchandes ont même pu être portées sur la carte grâce aux nombreuses déclarations des prospecteurs.
La découverte ici présentée fut trouvée début de l’année 2012 par un prospecteur belge dans le centre ville de Malines dans les Flandres belges. Cette monnaie étrange fut découverte dans les terres d’une tranchée creusée par la pose de canalisations. La monnaie en billon est légèrement ébréchée et fendue, pèse 0,788 gramme pour un diamètre de 19 mm et a une orientation des axes à 9 h. Cette monnaie a été soumise pour étude à plusieurs spécialistes du monnayage médiéval à savoir Dengis J.L (Belgique), N. Klüssendorf (Allemagne), A. Pol et A. Van Herwijnen (Hollande), mais a résisté à toute tentative d’identification. Cette monnaie se présente comme un demi-gros Jangelaer de la fin du XIVe ou début du XVe siècle. Le type est très similaire au gros jangelaer de Jean de Bavière, prince-évêque de Liège (1349-1418). Toutefois la légende du droit pose quelques problèmes de lecture et surtout d’interprétation, le début – Johes Dux – ne pose aucun problème, par contre le mot ou plutôt l’appréciation des 2 lettres qui suivent, est illisible. Les experts hésitent à lire la dernière lettre comme un E car elle est très endommagée par une petite fêlure et par cela rendue peu lisible par le reflet de la croix du revers. Ensuite suit BO ou moins probable RO, suivi par COMS, mais il faut aussi admettre que le M est assez curieux et ressemble à un N inversé. Enfin le dernier mot PAL est clair mais entre ce mot et le bec de l’aigle, on semble aussi pouvoir reconnaître un trait onduleux très difficile à interpréter mais qui ressemble à une lettre C. l’ensemble se laisse traduire comme Jean Duc (de) … comte du Palatinat, chose d’autant plus curieuse, car selon les traditions de chancellerie, le titre le plus important précède dans les légendes monétaires ?On s’attendrait donc ici à ce que le titre de comte de Palatinat précède et cela serait une exception, le titre ducal, le manque de lisibilité empêche d’identifier de quel duché il s’agirait… Certains experts sont tentés de vouloir reconnaître dans la légende une référence au duché très éphémère de Straubing (Hollande) où Jean de Bavière a régné entre 1404 et 1417/1425, car de toute évidence cette monnaie précède cette période dans la vie tumultueuse de Jean de Bavière. La légende du revers par contre ne pose aucun problème de lisibilité et d’interprétation. On peut la compléter comme Benedictus qui venit in domine domini (bénit soit qui vient au nom du seigneur), tirée du psaume 118 : 26 A et également des évangiles de Luc 13 : 35 B et de Matthieu 21 : 9.
Ainsi au XIVe siècle, on trouve dans nos régions (Flandres, Hainaut, Liège, Brabant…) ce type de légende sur plusieurs types de monnaies, double gros et gros, mais également sur plusieurs types de monnaies d’or.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 108

Mine de tungstène et d’or

Le tungstène a la particularité d’être le métal le plus proche de l’or, en ce qui concerne le poids, les deux métaux ayant quasiment la même masse volumique, 19,30 pour l’or // 19,25 pour le tungstène, les faussaires se servent d’ailleurs de cette particularité pour fourrer les lingots d’or avec du tungstène… La grosse différence entre les deux métaux, c’est leur dureté, l’or est malléable et fond à 1064°, le tungstène lui est extrêmement dur et réfractaire, son point de fusion est à 3422° ! Il est assez rare de découvrir, à l’état natif, les deux en même temps, c’est pourtant ce que vient de révéler la société “Apollo Minérals” qui envisage de demander un permis d’exploitation pour l’ancienne mine de Salau en Ariège, une mine de tungstène fermée en 1986. Les dernières analyses prouvent que le filon de tungstène est toujours rentable et qu’en plus il contient de l’or ! jusqu’à 16 g par tonne de roche sur les meilleurs veines et 8 g par tonne pour le reste, en plus du tungstène. C’est le seul filon de tungstène connu en France. La demande de ce métal est en hausse constante, c’est la Chine qui détient les plus grosses réserves mondiales de tungstène, 60 % pour les filons connus, et qui fournit plus de 80 % de la demande mondiale. Il serait intéressant de savoir si des prospecteurs ou orpailleurs d’Ariège ont déjà découvert des pépites ou paillettes de tungstène ? Attention, si vous trouvez une pépite de tungstène, de couleur grisâtre et inoxydable comme l’or, ne mordez pas dedans, comme pour tester une pépite d’or, là, vous risquez d’y perdre une dent…
Sources : ladepeche.fr & 20minutes.fr

108.5

Les années passent, et je n’oublie pas la prospection même si j’ai moins de temps à y accorder. Je vous ai récemment acheté un XP Orx pour remplacer mon Déus que j’ai perdu dans l’incendie de ma cave. Et je voulais partager avec vous la première monnaie que j’ai trouvée avec l’Orx. Première sortie chou blanc, et à la seconde, après quelques merdouilles, une superbe drachme tolosate ! Ci-joint les photos. 2,51 g. Octave
Belle entrée en matière pour l’ORX ! Une drachme tolosate au type négroïde. Avers : tête stylisée à gauche, la chevelure représentée par un rang d’esses reposant sur un rang d’épis en forme d’Y. Revers : croix bouletée au centre, formée de quatre cantons ornés chacun d’une lunule : annelet au 1er canton, un globule aux 2e, 3e et 4e cantons. Le métal est un peu granuleux, la chevelure est incomplète, c’est une monnaie à 100-120 euros.

Les numismates

Chacun de nous un jour a ressenti le besoin de s’interroger sur une monnaie. Le motif qui l’illustre, le pays d’où elle vient, la période de sa frappe, sa forme, la composition du métal qui la compose, le lieu où elle a été trouvée, le lien avec la personne qui nous l’a offerte, sont certaines des raisons qui nous communiquent le virus de la numismatique. Pour l’un, le plaisir est dans la recherche des monnaies, pour un autre, il est dans leur étude, pour un troisième, c’est collectionner qui le passionne…

Un tableau de Louis‑Jean Charbonnel

Récemment, lors d’une visite au musée d’art et d’archéologie de la ville de Senlis dans le département de l’Oise, mon regard a été attiré par une peinture que je ne connaissais pas : Les numismates. Peinte en 1876 par Louis-Jean Charbonnel elle mesure environ 1,5 mètre de haut et sa largeur est de 2 mètres. Dans ce court article je vous invite à admirer ce tableau, où la scène représentée est si peu différente d’une réunion de collectionneurs d’aujourd’hui.

Les numismates de Louis-Jean Charbonnel
(Collection Musée d’art et d’archéologie de Senlis).

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 108

1000 pièces d’argent

Un trésor du 17e siècle caché dans une église du 14e ! Découverte à l’actif d’une équipe d’archéologues polonais à proximité de la ville de Barczewo. Une majorité de monnaies polonaises de faible valeur à l’époque, des groschens, quelques pièces prussiennes et lituanienne, toutes en argent et ayant été frappées sous le long règne du Roi Sigismund III Vasas (1587-1632). La plupart des monnaies ont beaucoup circulé, l’une d’elle est même percée, laissant penser qu’elle fut un temps portée comme médaille. Le contenant, intact, est original pour un tel dépôt, une petite tasse de céramique émaillée qui était remplie à ras bord et qui est à elle seule un trésor.
Source : thefirstnews.com

Bonjour, moi qui n’avais jamais trouvé d’or, ma joie fut immense après avoir découvert ces deux magnifiques trouvailles durant les beaux jours du mois de mai. Ça arrive toujours lorsqu’on ne s’y attend pas. Pouvez-vous m’aider à les identifier ? (Pays de la Loire) Bonne continuation à votre magazine. Bayou
Belles trouvailles en effet, bague de fiançailles en or au motif de la « fede » (deux mains unies), périodes 1550-1700. Il est dommage que l’on n’ait pas une vue de face de l’épaulement pour le décrire.
Quand à votre monnaie d’or sachez qu’elle est plus courante à trouver que votre bague ! Une monnaie d’or à la chaise attribuable à Philippe VI, que l’on distingue des monnaies de Jean II le Bon par la première lettre (de son nom) après la croix au-dessus qui est sans contestation possible un P. Avers : + PHILIPPVS DEI. GRA FRANCORVM REX, Philippe VI assis dans une stalle gothique, couronné, vêtu de la cotte d’armes, il tient de la main droite l’épée levée et de la gauche l’écu de France aux lis dans un polylobe cantonné de petits trèfles (Philippe, roi des Francs par la grâce de Dieu). Revers : XPCX VINCIT XPC REGNAT XP’C IMPERAT, croix quadrilobée et fleuronnée, dans un quadrilobe orné de feuilles et cantonnée de quatre trèfles (Le Christ vainc, le Christ règne, le Christ commande). La monnaie est usée et rognée, son état B+ à TB- lui confère une estimation de 400-450 euros.

La Semeuse, le Semeur et les monnaies

Trouver une monnaie portant la célèbre Semeuse de Roty est commun mais il existe bien d’autres sujets numismatiques illustrés d’une semeuse ou d’un semeur. Nous vous invitons ici à en découvrir quelques-uns. Il peut s’agir d’une pièce, d’une médaille, d’un jeton, d’un billet, d’une affiche, etc. Tous les objets sur ce thème peuvent intéresser un passionné d’histoire ou un collectionneur. Ils sont nombreux à jalonner notre quotidien.

La Semeuse de Roty

A la fin du XIXe siècle le graveur Louis-Oscar Roty crée sa première Semeuse. Elle illustre une médaille du ministère de l’agriculture. Rapidement elle trouve la place qui la rend célèbre sur des pièces de monnaie françaises dont la frappe débute en 1897. Aujourd’hui elle est toujours présente sur les pièces de 10, 20 et 50 centimes d’euro. C’est probablement, avec Marianne, l’image féminine française la plus connue de par le monde et pourtant, mettre un nom sur le modèle qui a servi au graveur n’est pas possible puisque l’histoire hésite entre deux femmes : Charlotte Ragot et Rosalinda Pesce.

La semeuse de Roty a été reproduite ou redessinée sur de nombreuses autres médailles et monnaies. Ainsi nous pouvons citer, parmi bien d’autres, les pièces de nécessité oranaises frappées dans les années 1920 pour la ferme El-Fahoul des familles Fuentes et Macia, la pièce d’argent au module de 5 francs frappée en 1929 en hommage à Georges Clémenceau, Raymond Poincaré et Aristide Briand, la pièce commémorative 1,50 euro de 2004 commémorant le centenaire de l’Entente cordiale entre la France et le Royaume-Uni, la pièce bimétalique de 5 euros également frappée en 2004 où la Semeuse est présente dans un insert d’or sur un fond d’argent, les 8 pièces d’or et d’argent émises de 2008 à 2010 où la semeuse prend une position différente sur chaque valeur faciale de la série, ou encore la médaille d’une loge maçonnique sur laquelle la semeuse est tournée vers les attributs symboliques de l’équerre et du compas.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 108