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Monnaies et Détections

Catégorie : Numismatique

Les monnaies d’or de la Guerre de Cent ans (1337-1475)

Le territoire guyennois de l’Aquitaine, l’enjeu principal 

de la guerre de Cent ans

Première partie

La période que nous appelons la Guerre de Cent ans (1337-1453) fut une période de troubles généralisés réagissant les uns sur les autres : guerre de succession, guerres étrangères, guerres civiles, schisme religieux, hérésie, révolutions politiques et sociales, famines, jacqueries, destructions, épidémies, dépeuplement, migrations intérieures.

La civilisation médiévale en sortira transformée.

Il est important de préciser que la France et l’Angleterre occupent alors en Europe une place si importante que leur rivalité ébranle tout.

La Guerre de Cent ans n’éclate pas par hasard dans un monde serein et euphorique. Les difficultés économiques et sociales apparues dès le début du XIVe siècle ne sont pas absentes des origines du conflit.

Les origines de la Guerre de Cent ans 

La Guyenne est le véritable enjeu de cette guerre. Le conflit féodal concernant la Guyenne qui remonte au XIIe siècle (« première guerre de cent ans » entre Capétiens et Plantagenêts) se double d’un conflit dynastique avec l’extinction des Capétiens directs. A la fin du XIIIe siècle, il n’est plus concevable que le roi d’Angleterre s’humilie devant le roi de France en lui prêtant hommage pour la Guyenne : en droit féodal, il s’expose donc à la commise (confiscation de ses terres) pour félonie.

Pour être légalement roi en Guyenne, le roi d’Angleterre doit faire valoir ses droits dynastiques à la couronne de France, cela revient à déclarer la guerre aux rois de France, les Valois. Cette guerre s’inscrit dans un contexte européen où d’autres conflits plus ou moins liés à elle influent sur son déroulement : affrontement anglo-écossais, troubles en Flandre, guerre de succession de Bretagne, guerre de Castille…

Le prétexte de la guerre fut une querelle de droit successoral. 

A la mort de Philippe IV le Bel en novembre 1314, sa succession semble assurée car il laisse trois fils en âge de régner. La paix extérieure a de plus, été consolidée par le mariage de sa fille Isabelle de France avec le roi d’Angleterre Edouard II. De cette union naît Edouard, prince de Galles et futur Edouard III d’Angleterre.

La disparition précoce des fils de Philippe IV le Bel amène son petit-fils, Edouard III, roi d’Angleterre, à revendiquer la couronne de France.

En effet, en 1316, Louis X le Hutin, fils aîné de Philippe IV le Bel, meurt sans laisser de fils. La couronne ne passe pas à sa fille Jeanne de France à cause du principe de la masculinité qui régissait les fiefs, mais successivement à ses deux frères cadets Philippe V le Long (1316-1322) et Charles IV le Bel (1322-1328), puis à son cousin Philippe VI de Valois (1328-1350) suite à « un coup de force ».

Philippe VI de Valois, premier Valois à occuper le trône de France, neveu de Philippe IV le Bel et cousin des trois défunts rois, se fait alors reconnaître roi, en « inventant » une vieille loi des francs saliens, la loi salique, qui excluait les femmes de la succession royale. Il s’agit en fait d’écarter de la couronne la fille de Louis X, celles de Philippe V, et Isabelle de France, épouse d’Edouard II d’Angleterre, et mère d’Edouard III d’Angleterre, ainsi que ce dernier.

En 1327, le prince de Galles, devient roi d’Angleterre sous le nom d’Edouard III. Il est, on l’a vu, le petit-fils de Philippe IV le Bel par sa mère, Isabelle de France, il rappelle donc ses droits à la candidature au trône de France, qu’il trouve plus que légitime, mais elle est écartée par les docteurs en droit et les barons attachés à la Cour royale française.

Edouard III se résigne d’abord et prête hommage, selon le droit féodal, à Philippe VI, à Amiens, en juin 1329, en échange de la restitution totale de la Guyenne, une portion du Duché d’Aquitaine, qui appartient à l’Angleterre depuis 1152 suite au mariage d’Aliénor, duchesse d’Aquitaine avec Henri II Plantagenêt roi d’Angleterre, et dernier lambeau des possessions angevines des Plantagenêt.

La Guyenne fait partie du duché d’Aquitaine ainsi que la Gascogne, le Périgord, le Quercy, le Rouergue, le Limousin et le Poitou. C’est l’un des duchés les plus riches du territoire français.

En 1329, la Guyenne comprend les régions de Saintes, de Bordeaux qui est la capitale et de Bayonne (carte n° 1).

Le problème de la succession semble donc réglé.

Edouard III ne renonce cependant pas à utiliser l’argument d’illégitimité de Philippe VI de Valois pour renforcer sa position contre les Français.

De même, son cousin au second degré, Charles le Mauvais, roi de Navarre, se pose en prétendant à la couronne de France.

En réalité, pour l’un comme pour l’autre, il s’agit de trouver un prétexte leur permettant de se poser en victime du Valois et de justifier ainsi leur rébellion aux yeux du droit féodal et de trouver davantage de partisans.

La Guerre de Cent ans va débuter comme un conflit féodal de plus, mais opposant non pas des seigneurs, mais des souverains. …

La suite dans Monnaies & Détections n° 81

A quelle occasion cette décoration a-t-elle été créée ?

Le nom de Neuchâtel apparaît le 24 avril 1011 dans l’acte de donation de Rodolphe III de Bourgogne à son épouse Ermengarde.
Les Archives départementales de l’Isère ont conservé le diplôme original sur un parchemin. On peut y lire la première mention écrite de la ville de Neuchâtel : « je lui donne la résidence royale de Neuchâtel, avec ses servantes et toutes ses dépendances ».
Après les Bourgogne (1011-1395), se succèdent les Fribourgs en Brisgau (1395-1457), les Bade-Sausenberg (1457-1503), puis les Orléans-Longueville (1503-1707).
Le 16 juin 1707, Marie d’Orléans-Longueville dite Duchesse de Nemours, dernière princesse de Neuchâtel d’origine française, décède sans héritiers. La famille d’Orléans-Longueville qui a régné pendant deux siècles s’éteint.

Neuchâtel, une principauté qui change souvent de tutelle

La tutelle prussienne

Les Neuchâtelois se choisissent comme suzerain le roi de Prusse, Frédéric Ier de Brandebourg, de la maison de Hohenzollern.
Les raisons les plus souvent évoquées pour expliquer ce choix sont que les souverains de cette maison sont de la même confession protestante que leurs sujets et que leur éloignement géographique de la Prusse leur permet une relative autonomie par rapport au roi.
Le contexte diplomatique peut aussi expliquer ce choix : la Prusse, la France et l’Angleterre se disputent la principauté.
Le canton de Berne veut un Etat tampon entre les cantons suisses et la France qui vient d’être agrandie par le rattachement de la Franche-Comté…

La suite dans Monnaies & Détections n° 80

Le comte de Chambord fut sous le nom d’Henri V le prétendant légitime au trône de France. Ce roi malchanceux faillit à trois reprises accéder au trône de France.

Le dernier-né de la Maison de France

Charles-Ferdinand duc d’Artois, duc de Berry, et fils de Charles X, épouse le 17 juin 1816, à Notre-Dame de Paris, la princesse Caroline des Deux-Siciles, fille aînée de François Ier roi des Deux-Siciles et de Clémentine d’Autriche.

Le couple réside au palais de l’Elysée qui a été aménagé par Charles X tout spécialement pour eux et leurs enfants. Quatre enfants naitront de cette union. Les deux premiers décèderont en bas âge. En 1819, naîtra Louise Marie-Thérèse d’Artois puis en 1820, Henri.

La disparition du duc de Berry

Alors que son épouse, Caroline des Deux-Siciles, duchesse de Berry, est enceinte, le duc d’Artois est assassiné le 13 février 1820.

Apparenté aux ultras, ces royalistes qui prônent le retour à l’Ancien Régime et à ses valeurs traditionnelles, le duc d’Artois est poignardé à sa sortie de l’Opéra de la rue de Richelieu, le dimanche gras 13 février 1820, vers onze heures du soir, par l’ouvrier Louvel, pro-bonaparte, qui veut « détruire la souche des Bourbons » – ce sera un échec car, quelques mois plus tard, naîtra un garçon, Henri, le futur comte de Chambord –.

Le duc aura la force d’arracher la lame puis tombera en syncope. Transporté dans une des salles du théâtre, le prince mortellement blessé expire le lendemain à six heures du matin. Au cours de cette longue agonie, il révèle que son épouse est enceinte. Il demande que son assassin soit gracié et regrette de mourir de la main d’un Français.

Le duc d’Artois est inhumé dans la basilique Saint-Denis.

Après l’assassinat de son mari, la duchesse de Berry s’installe aux Tuileries, avec sa fille.

Dieudonné ou « don de Dieu » : « l’enfant du miracle » 

Sept mois et demi plus tard, le 29 septembre 1820, au palais des Tuileries, à Paris, la duchesse de Berry accouche d’un fils : Henri Charles Ferdinand Marie Dieudonné de Bourbon, duc d’Artois, duc de Bordeaux, surnommé « l’enfant du miracle » par Lamartine.  …

La suite dans Monnaies & Détections n° 79

Anne-Marie Louise d’Orléans de Bourbon-Montpensier (1627-1693) : un personnage haut en couleur

Double tournois type 5,
Marie de Montpensier,
mère d’Anne-Marie Louise d’Orléans
Cuivre, 1620, Trévoux, 3,32 g
Avers : + MARIE . SOVVER . DE DOMBES.
Buste à gauche avec large collerette et collier de perles.
Revers : + DOVBLE TOURNOIS .1620.
Trois lis et une brisure.

Anne-Marie Louise d’Orléans, plus connue sous le nom de la « Grande Mademoiselle », est la fille de Marie de Bourbon-Montpensier et de Gaston d’Orléans, frère de Louis XIII.

Marie de Bourbon-Montpensier (1605-1627), mère d’Anne-Marie Louise, fille unique d’Henri de Dombes et d’Henriette Catherine de Joyeuse, naît le 15 octobre 1605.

En raison de la fortune de Marie de Bourbon-Montpensier, Henri IV fait signer un acte de mariage avec son deuxième fils, Nicolas duc d’Orléans, alors qu’elle n’est âgée que de trois ans. Nicolas meurt en 1611, si bien que Marie de Médicis, veuve d’Henri IV assassiné le 14 mai 1610, propose son troisième fils, Gaston, duc d’Anjou, pour remplacer le fiancé décédé.

L’union de Gaston et Marie a lieu à Nantes le 5 août 1626. Elle donne naissance, au palais du Louvre à Paris, à une fille le 29 mai 1627, Anne-Marie Louise d’Orléans de Bourbon-Montpensier, future Grande Mademoiselle, mais meurt à la suite de ses couches le 4 juin 1627, laissant l’usufruit de la principauté de Dombes à son mari Gaston, frère du roi de France Louis XIII.

Gaston d’Orléans dit « le Grand Monsieur », (1608-1660), le père d’Anne-Marie Louise, est le troisième fils d’Henri IV et de Marie de Médicis. Il reçoit le titre de duc d’Orléans après la mort de son frère Nicolas, en 1611. Il est alors fiancé la même année à la fille du duc Henri de Bourbon-Montpensier, Marie de Bourbon-Montpensier, qu’il épouse en 1626.

Marié contre son gré, Gaston d’Orléans porte peu d’affection à sa fille. Devenu veuf, Gaston est usufruitier pour sa fille jusqu’à la période 1650-1657. C’est un conspirateur né. Il soutient d’abord sa mère, Marie de Médicis, dont il est le fils préféré contre son frère Louis XIII. Il rentre en grâce en 1625, mais participe encore à la Journée des Dupes en 1630. Il est obligé de quitter le royaume, se réfugie en Lorraine et complote avec le Duc Charles IV dont il épouse, en 1632, la sœur, Marguerite de Lorraine (1615-1672) qui lui donnera trois filles. La Grande Mademoiselle prend en grippe sa belle-mère, Marguerite de Lorraine. Elle lui reproche de vouloir la dépouiller au profit de ses demi-sœurs à qui elle donne cependant toute son affection.

En 1641, Louis XIII envahit la Lorraine et casse le mariage de son frère.

A la fin du règne de Louis XIII, après la mort de Richelieu, Gaston se réconcilie avec son royal frère. Lorsque Louis XIII décède, il va être un des principaux acteurs de la Fronde entre 1645 et 1654.

Entre temps, en 1650, la Grande Mademoiselle est émancipée par Louis XIV.

… La suite dans Monnaies & Détections n° 78

Décoder une monnaie celte

Signes et symboles de l’iconographie laténienne

Existe-t-il réellement une symbolique celte typique ?

Répondre de but en blanc par la positive à cette question peut apparaitre relativement présomptueux. N’oublions pas que les peuples concernés nous ont laissé un nombre très réduit d’écrits et encore moins d’images associées à un texte qui en serait la traduction ou délivrerait le message que l’on voulait faire passer à l’époque ; je m’explique : nous trouvons des têtes coupées, des pentagrammes, des esses ou encore des svastikas sur de multiples supports mais aucune phrase ni même aucun mot ne les accompagne. Lorsque l’on recherche un symbole, c’est-à-dire un signe ou un motif en lien avec une tradition, on recherche forcément une pensée voire une volonté commune et pérenne.

Pour nous mettre sur la piste, nous disposons des écrits antiques grecs et romains, des légendes médiévales et bien sûr de l’archéologie aidée ces dernières années par les détectoristes (à travers une coopération toute officielle en Grande Bretagne et, comment dire, beaucoup plus … discrète mais réelle dans notre beau pays).

Ici, comme dans d’autres domaines, c’est de la répétition des constatations qu’apparaissent enfin des clés. Ces dernières nous ouvrent des portes. Franchissons-les allègrement  ensemble.

Les codes et symboles celtiques dans la littérature, à travers les gravures sur bois, pierre et métaux et sur les objets usuels (vases, fourreaux d’épées, appliques, etc…)

Codes et symboles guerriers : têtes coupées, chevaux, sangliers, armes, enseignes, carnyx, tatouages…

Codes et symboles religieux, astronomiques et magiques : gui, chaudron, astres, croissants,  globules (souvent associés par trois), torques, pentagrammes, roues, rouelles, svastikas, mains, triskèles, crosse…

Codes et symboles artistiques : décors floraux, fleur de lys, entrelacs, spirales, rinceaux, croix, esses, chevrons, annelets….

Volontairement, nous ne nous attarderons pas sur le cheval associé à la noblesse guerrière ni sur le sanglier, animal enseigne voire totémique, objets de deux précédents articles (« Monnaies et Détections » n° 74 et 75). Nous nous tiendrons également à l’écart des nombreuses représentations d’animaux (oiseaux, cervidés, taureaux, ours, lions, serpents, lézards, aigles, loups…) quand bien même le zoomorphisme n’est pas une composante anecdotique de l’iconographie laténienne ; elle atteste bien d’une proximité de ces peuples avec la nature mais ne rentre pas dans le champ de cette étude limitée aux signes, marques, objets et autres décors typiques que l’on rencontre fréquemment chez les celtes. …

La suite dans Monnaies & Détections n° 77

Les jetons-monnaies des lieux de plaisir

De tout temps, les lieux de plaisir ont attiré la gente masculine, que ce soient les cabarets, cafés populaires, théâtres de boulevard ou les maisons closes appelées aussi : lupanars sous l’Antiquité, maisons des plaisirs au Moyen Age, puis maisons de tolérance ou bordels. 

Les jetons-monnaies de maisons closes

Des dames expérimentées, « prostituées », vendaient leurs charmes dans les maisons closes pour le plus grand bonheur des messieurs. La prostitution (du latin prostituere mettre devant, exposer au public) étant une activité consistant à accepter ou obtenir des relations sexuelles, en échange d’une rémunération ; des jetons-monnaies étaient prévus à cet effet.

Le jeton-monnaie n’est pas une pièce de monnaie bien qu’il y ressemble. En effet, même s’il est le plus souvent rond, métallique, d’un format pratique, souvent orné d’emblèmes du régime en place, parfois daté, il porte rarement une indication de valeur car il n’a pas de cours officiel et n’est pas émis pour la circulation générale.

Les plus anciens jetons-monnaies de maisons closes, les spintriae, furent émis sous l’Empire romain. 

Ces spintriae (singulier : spintria) ou spintriennes ou plus exactement tessères spintriennes sont des jetons de la Rome antique décrivant un symbole ou un acte sexuel.

La prostitution est florissante à Rome où elle se présente sous des formes multiples : les prostituées se trouvent en maison signalée par des bougies allumées pendant les heures d’ouverture, dans des auberges, dans des loges, ou dans la rue, devant les arcades (appelées fornix d’où le terme de fornication) comme devant la porte de leurs domiciles.

Dans les maisons closes, le client peut échanger ses spintriae, contre une faveur sexuelle spécifique. Le recours à ces jetons-monnaies s’explique par l’interdiction d’introduire des monnaies à l’effigie de l’empereur au sein de lieux de débauche.

Les spintriae sont rares et très recherchés en particulier par les collectionneurs et les amateurs de sujets érotiques. Ces jetons, principalement en bronze mais parfois en laiton, représentent toujours à l’avers une scène érotique. Le revers porte un chiffre allant de I à XXI.

L’usage de ces tessères est mal connu. … La suite dans Monnaies & Détections n° 77

De 1526 à 1857, règne en Inde la dynastie moghole, une lignée d’empereurs musulmans.

Babour, le premier empereur moghol était, par son père, un descendant du conquérant turc Rimor, et par sa mère, le descendant du conquérant mongol Gengis Khan.

Babour envahit le Nord de l’Inde par l’Afghanistan, bat le souverain de Delhi, le Sultan Ibrahim Lodi, en 1526 et s’établit aux alentours d’Agra où il fonde l’Empire Moghol sur les ruines du Sultanat de Delhi.

Square Mohur or, de l’empereur moghol Shah Jahan

En 1627, son arrière-arrière-petit-fils, Shah Jahan succède à son père Jahangir, puis est proclamé empereur en 1628. Il réside à Agra, la ville la plus prospère et la plus richement décorée, de l’un des empires les plus étendus du monde médiéval.

Auparavant, vers 1608, Shah Jahan a rencontré Arjumand Bânu Begam, lors d’un banquet. Ils sont alors seulement âgés de 16 et 15 ans. Dès le premier regard, le prince et la jeune fille tombent amoureux. Ils ne se marient cependant que le 27 mars 1612. C’est un véritable mariage d’amour. La jeune fille, alors âgée de 19 ans, devient la troisième épouse de Shah Jahan et sa favorite. Elle prend alors un nouveau nom : Mumtaz Mahal qui signifie en persan « La Lumière du Palais ».

Mumtaz Mahal est née en avril 1593 à Agra, dans une famille noble d’origine iranienne. Son père Asaf Khan III, est le frère de Nur Jahan, mère de Shah Jahan et épouse de Jahangir, le père de Shah Jahan. Elle est donc la cousine germaine de Shah Jahan.

Elle est renommée pour sa beauté et chantée par les poètes, de son vivant.

A partir de son mariage, Shah Jahan éperdument amoureux, qui est polygame selon la coutume musulmane, va devenir quasiment monogame.

Mumtaz Mahal accompagne son époux dans ses visites de l’Empire ainsi que dans ses campagnes militaires. C’est au cours de l’une de ces dernières, contre les Lodi dans le Dekkan, qu’elle meurt, à Burhanpur, en donnant naissance à son quatorzième enfant, le 17 juin 1631. Elle est inhumée temporairement dans les jardins de Zainabad à Burhanpur. Désespéré, Shah Jahan décide de faire construire près d’Agra, un mausolée, pour servir de tombeau et rendre hommage à la défunte : ce sera le Taj Mahal.

Le 11 décembre de la même année, Mumtaz Mahal est alors transférée et inhumée dans ce mausolée, bien que non achevé.

On raconte que… (La suite dans Monnaies & Détections n° 76)

Les deniers de la période cathare

Du denier de Raimond VI de Toulouse
au denier de Simon de Montfort

Chrétienté – Hérésies – Répression dans la société féodale française. Pourquoi des mouvements hérétiques apparaissent-ils à partir de la fin du XIe siècle ?

Au milieu du XIe siècle, certains hauts personnages religieux sont partisans d’une réforme de l’Église. Ils veulent qu’elle se dégage de la féodalité et plus précisément qu’elle échappe à l’emprise des laïcs. Cette réforme aurait pour but d’astreindre simultanément l’ordre des gens d’Eglise à la chasteté et l’ordre des laïcs à la vie conjugale, car, en effet, au XIe siècle, l’adultère est monnaie courante, la répudiation est largement pratiquée, les déviances sexuelles de toutes sortes attestées : polygamie, viol, prostitution… autant d’actes hors la loi à la morale chrétienne.

Le mouvement réformateur va triompher avec l’élévation sur le trône pontifical d’un des plus fermes partisans du changement : Grégoire VII (1073-1085) qui va orchestrer la rénovation de l’Église : la réforme grégorienne est mise en œuvre.

Croire selon l’Eglise de Rome

Du XIe au XIIIe siècle, tous les habitants de l’Occident sont chrétiens catholiques, à l’exception de quelques communautés juives et musulmanes.

L’Église cherche à diriger l’existence quotidienne des fidèles.

Deux sortes de croyances coexistent au Moyen Age : la première est celle des Élites, des lettrés, comme les clercs ; la deuxième est la croyance populaire, celle des laïcs, c’est-à-dire de plus de 95 % de la population. Les élites traditionnelles respectent le dogme chrétien. Ils expriment leur foi en un Dieu composé de trois entités distinctes et égales qui forment la Sainte Trinité : le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Leur croyance s’appuie sur la lecture de la Bible et des écrits des Pères de l’Église, ces auteurs antiques dont les œuvres font autorité dans l’interprétation des textes sacrés. Dans les campagnes, les croyances populaires sont moins conformes au dogme : culte des esprits de la fertilité, culte des esprits de la forêt ou d’animaux, superstitions locales et pratiques païennes se mêlent à des éléments chrétiens.

Les croyants cherchent à assurer leur Salut, c’est-à-dire une vie éternelle dans l’Au-delà. Pour eux, le Christ viendra à la fin des temps juger les vivants et les morts. A partir du XIIIe siècle, se diffuse l’idée qu’il existe, avant le Jugement Dernier collectif, un jugement particulier qui concerne chaque âme.

L’Au-delà s’organise en deux espaces : le paradis, où reposent les âmes purifiées, et l’enfer, où les âmes damnées souffrent pour l’éternité. Sur les différents supports iconographiques (enluminures, bas reliefs, etc.), l’enfer est toujours représenté comme un lieu de souffrance régi par des démons plus féroces les uns que les autres. La difficulté à faire accepter cet avenir pousse le clergé, à partir du XIIIe siècle, à penser qu’il existe un espace intermédiaire, le purgatoire, dans lequel les âmes ni bonnes, ni mauvaises se purifient un temps indéterminé, avant d’accéder au Paradis. …

Lisez la suite dans Monnaies & Détections n° 76

Le sanglier sur le monnayage celte

Point n’est besoin d’être un grand spécialiste pour constater que chez les peuples celtes, dont nos Gaulois font partie intégrante, le coq ne figure qu’en quantité négligeable sur leurs flans monétaires et ne peut légitimement prétendre à représenter un quelconque symbole et encore moins se targuer d’être leur animal fétiche !

Il en est tout autrement du cheval pour qui le doute est permis ; en effet, dès le IIIe siècle avant JC et jusqu’à ce que les monnaies gauloises soient mêlées aux premières frappes gallo-romaines puis absorbées et vouées à la disparition, il est représenté par quasiment toutes les tribus, du nord au sud, de l’est à l’ouest, des Iles Britanniques en passant par la Gaule et jusqu’aux contrées irriguées par le Danube. En cela d’ailleurs les Celtes ne se distinguaient nullement des autres civilisations contemporaines comme les Grecs, les Carthaginois ou les Romains.

Toutefois, les conclusions surprenantes de l’étude précédente nous menaient plutôt sur la piste ou les traces d’un autre animal fétiche, une sorte de favori quelque peu inédit chez les peuples de l’antiquité, j’ai nommé le sanglier !

Ce rustique suidé était, il y a deux mille ans, encore assez difficilement dissociable morphologiquement du porc « domestique » selon les conclusions d’éminents archéozoologues. Ce qui est incontestable, c’est le nombre considérable de monnaies celtes où sont représentés un voire deux sangliers sur la même face quand ce n’est pas sur les deux faces. Ceci est suffisamment rare pour être relevé et ne peut être le fait du seul hasard…

 La suite dans Monnaies & Détections n° 75

Des curiosités numismatiques

Les monnaies transformées en objets utilitaires

Un travail minutieux de haute précision, une incroyable ingéniosité ont été mis en œuvre pour la création d’œuvres originales à partir de pièces de monnaies. 

Les monnaies de prisonniers, de bagnards ou de forçats

Chronologie du bagne français

1775-1783 : création des bagnes de Toulon, Cherbourg, Brest et Rochefort.
1840 : le travail des bagnards sert à valoriser les colonies.
1850 : transfert des bagnes maritimes vers Nouméa (Nouvelle Calédonie) et Cayenne (Guyane française) : bagne pour les hommes.
1858 : création en Guyane, à Mana d’un bagne pour les femmes :
– encadrement par des religieuses de la communauté des sœurs de Saint Joseph de Cluny,
– possibilité pour les femmes détenues de se marier au bout de 6 mois de bagne,
– fermeture en 1938 mais réellement supprimé en 1945.
1873 : fin du bagne de Toulon.
Les bagnes coloniaux français sont abolis en 1938, mais définitivement supprimés en 1945.

Monnaies pour décompter les années de détention

Les prisonniers choisissaient une pièce où ils gravaient des encoches, chaque encoche correspondant à une année de détention. Pour 7 ans d’emprisonnement, on comptait 7 encoches, pour 15 ans, 15 encoches, pour 18 ans, 18 encoches…

Cette pièce d’un décime An 4 A compte 7 encoches. Elle correspond donc une détention de 7 ans.

 Cette pièce de 10 francs 1948 compte 18 encoches. Elle correspond donc à une détention de 18 ans. Le trou percé au sommet de la pièce correspond à la date d’entrée et le trou, au bas de la pièce, à la date de sortie. Les trous permettaient aussi de porter la pièce en pendentif autour du cou ou du poignet.

La suite dans Monnaies & Détections n° 75