MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Archive pour janvier, 2017

Trouvaille 97.06

Je vous envoie la photo d’un objet pour identification, trouvé dans le 65. Il ressemble à un moule en métal d’un diamètre total de 50 mm pour un poids de 79,4 grammes. Le disque intérieur fait 34 mm de diamètre avec des empreintes en creux d’alvéoles rondes et en losange de différentes dimensions et percé de trois orifices. Le verso ne révèle que des sortes de griffures. Merci pour votre aide. Roland

Cela ne peut pas être un moule : avec des orifices où le métal en fusion s’écoulerait cela ne me semble pas possible. De même les « cercles » proviennent certainement de bulles d’air lors du refroidissement de cet objet. Quant à l’usage auquel a servi ce mystérieux objet, nous ne le voyons pas. Je vous avoue ma perplexité… Une hypothèse – parmi d’autres – est possible : il s’agit peut-être d’un moule G.R. destiné à couler un flan de sesterce (diam. cercle intérieur : 34 mm). Mais les défauts de coulée du moule ont dû causer la mise au rebut de l’objet… Cela peut ressembler à un travail malhabile de faussaire local. Sous les plus expresses réserves ! MO**

Trouvaille 97.05

Bonjour, je viens de trouver cet objet dans un sous-bois. Je pense qu’il s’agit d’une broche à vêtement, peut-être médiévale. Pourriez-vous m’aider à l’identifier et à la dater ? Cordialement, Manuel
Il s’agit plus précisément d’une fibule gallo-romaine, une fibule à charnière du Ier siècle. La fibule est en forme de tortue avec un élément géométrique émaillé sur la « carapace ».

Trouvaille 97.04

Bonjour à tous. Je m’appelle PL. Tout d’abord, merci à vous pour votre revue passionnante (4 ans d’abonnement déjà !). Et un grand merci pour votre rubrique “trouvailles”. La connaissance n’a pas de prix. J’ai un ami dans l’Aisne qui a découvert deux monnaies (si ce sont bien des monnaies) que nous ne parvenons pas à identifier. Pourriez-vous nous aider à déterminer si déjà ce sont des monnaies, et les dater s’il vous plaît ? Moi, perso, j’ai jeté l’éponge… Elles ont été trouvées en forêt entre Laon et Reims. La première est en argent, fait 20 mm de diamètre pour un poids de 10 g. La deuxième est plus brunâtre mais me semble quand même en argent. 30 mm pour 15 g. Il a trouvé également à proximité une fibule en bronze. sa forme d’oiseau (aigle peut-être) me laisse penser aux Mérovingiens.

Nous pensons à des jetons d’accès à des réunions de sociétés “ésotériques” estudiantines, dans le style corporatif (loge d’inspiration maçonnique), avec un vocabulaire crypté comme en connaissent encore les grandes universités américaines… Époque : 1890 à 1960, difficile d’en dire plus… tant qu’on n’a pas la clé des décors cryptés. La symbolique présente s’inspire largement des symboles planétaires. On reconnait le « nœud lunaire » sous la forme d’un arceau tourné vers le bas dont les extrémités sont bouletées. D’ailleurs une ligne complète de ces deux revers est absolument identique. Et les symboles présents en verticalités ressemblent de fort près aux symboles planétaires, Uranus pour l’un et Cérès pour une divinité. La broche est une fibule gallo-romaine de la moitié du Ier siècle à la seconde moitié du second siècle.

Trouvaille 91.07

Je me tourne de nouveau vers vous pour vos connaissances et vos précisions dans vos articles. Il s’agit d’une chevalière en bronze portant des armoiries. Il me semble y voir un château et ses deux tours. J’ai effectué des recherches sur le net mais sans résultats. La signification des armoiries et sa datation seraient les bienvenues. Voir aussi un plomb de sac que je ne connais pas malgré le nombre en ma possession. Ces deux objets ont été trouvés en champ. Je vous remercie en attendant votre prochaine revue. Renaud
Cette chevalière en bronze est recouverte d’émaux en partie disparus. Elle représente un écu supportant une maison forte avec une porte centrale. Il s’agit d’une bague émaillée période néogothique sous Napoléon III, armes parlantes au châtel (donjon et pont levis).
Le plomb de sac est inconnu mais ce n’est pas rare en soi et il n’existe pas de catalogue permettant de le classifier. Si un lecteur prospecteur a eu le bonheur d’en identifier un il nous transmettra sans nul doute le résultat final.

L’aventure coloniale française (première partie)

L’Empire colonial français est l’ensemble des territoires d’outre-mer colonisés par la France. Commencé au XVIe siècle, il a connu une évolution très contrastée selon les époques, aussi bien par son étendue que par sa population ou sa richesse. Les possessions coloniales ont connu différents statuts et modes d’exploitation, des colonies antillaises esclavagistes du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle à l’Algérie française, partie intégrante de la France à certaines périodes, en passant par les protectorats de Tunisie et du Maroc et les territoires sous mandat de Syrie et du Liban.
On distingue généralement deux périodes concernant les empires coloniaux français, le pivot étant la période couvrant la Révolution et l’époque napoléonienne au cours desquelles la France perdit les derniers restes de sa première aventure coloniale.

La première période de l’aventure coloniale ou premier espace colonial débute au XVIe siècle et se termine fin 1829. Ce premier espace colonial français est l’espace colonial issu des conquêtes monarchiques. Plusieurs désignations en rapport avec cet état de fait lui correspondent : premier empire colonial, empire royal, empire monarchique, empire colonial français moderne.
Le premier espace colonial, constitué à partir du XVIe siècle comprend principalement des territoires nord-américains : la Nouvelle-France et la Floride française ; quelques îles des Antilles (Martinique, Guadeloupe, Sainte-Lucie…) ; les Mascareignes (Réunion, île Maurice) et des établissements (comptoirs) en Inde et en Afrique.
Le premier empire colonial s’étendait sur 8 013 624 km².
En Inde, les Français commencent à vouloir s’implanter de façon significative grâce à la politique de Joseph François Dupleix entre 1719 et 1763. Les efforts de ce dernier sont néanmoins ruinés après la conclusion du traité de Paris en 1763.
En Amérique, la Nouvelle-France s’accroît de façon spectaculaire et comprend presque la moitié de l’Amérique du Nord. Elle forme quatre colonies dont l’Acadie, le Canada, Terre-Neuve, et la Louisiane. Après les traités d’Utrecht en 1713, elle perd l’Acadie (partie sud), la Baie-d’Hudson, et Terre-Neuve (Plaisance). Cependant, elle forme deux nouvelles colonies : l’Isle Royale et l’Isle Saint-Jean.
La Guerre de Sept Ans (1756-1763) marque le début d’une longue rivalité avec les Britanniques pour la possession des territoires coloniaux et met un frein aux ambitions coloniales de la France. Cela se solde par la perte de la majorité des territoires nord-américains et en Inde à l’exception de quelques comptoirs. En effet, tout s’écroule au traité de Paris en 1763, après la Guerre de Sept Ans, où la France perd le Canada, l’Acadie, l’Isle Royale, l’Isle Saint-Jean, la partie Est du Mississippi, qui faisait partie de la Louisiane, et la partie Ouest du Mississippi qui revient à l’Espagne en compensation de la perte de la Floride et cela aux dépens des Anglais.
L’Empire colonial survit malgré tout et connaît une certaine prospérité grâce aux exportations antillaises de café et surtout de sucre venant de Saint-Domingue, de la Martinique et de la Guadeloupe entre 1763 et la fin des années 1780.
Il s’effondre brutalement vers 1790 avant de disparaître presque entièrement durant l’époque du Premier Empire de Napoléon Ier.
En 1800, la France reprend la Louisiane occidentale à condition de ne pas la vendre ni à l’Angleterre ni aux Américains, ce que Napoléon fera trois ans plus tard, en 1803, sans l’appui ou l’approbation de l’Assemblée Nationale. L’Amérique du Nord devient alors en majorité anglophone.

En 1804, les Français perdent le dernier fleuron de leur premier empire colonial : la colonie de Saint-Domingue proclame son indépendance et devient la République d’Haïti.
Après la chute de Napoléon Ier en 1815, la France ne conserve que quelques possessions : les cinq comptoirs des établissements français de l’Inde, la Réunion, l’île de Gorée au Sénégal, quelques îles des Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin…), ainsi que la Guyane, l’île de Clipperton et Saint-Pierre-et-Miquelon et les Terres australes et antarctiques françaises.
La deuxième période de l’aventure coloniale ou deuxième espace colonial débute en 1830 avec le début de la campagne d’Algérie.
Plus limitée et surveillée en Europe après la défaite napoléonienne, la France se lance dans la conquête de l’Afrique avec la campagne d’Algérie (1830-1847) en Afrique du Nord (Maghreb).
Un décret impérial du 2 juin 1848 crée les départements français d’Algérie.
Les Français étendront leurs possessions en Afrique du Nord avec la Tunisie en 1881 et avec le Maroc en 1912.
La France colonise aussi la majeure partie de l’Afrique occidentale et équatoriale (régions acquises à partir des anciens comptoirs) et l’Indochine (Cochinchine, Cambodge), ainsi que de nombreuses îles d’Océanie (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Nouvelles-Hébrides).
La politique coloniale du Second Empire porte l’empreinte de Napoléon III et de son ministre de la Marine et des Colonies, Chasseloup-Laubat. Ce dernier entreprend une modernisation de la marine de guerre (cuirassés à hélices) qui doit permettre d’améliorer la capacité d’intervention des troupes coloniales. La superficie du domaine colonial triple sous le Second Empire jusqu’à atteindre un million de km² pour cinq millions d’habitants.
L’annexion définitive de la Nouvelle-Calédonie en 1853 constitue la première action coloniale de l’Empereur.
En Afrique, Napoléon III nomme Faidherbe au poste de gouverneur du Sénégal.
S’ensuivent la fondation du port de Dakar et la création du corps des tirailleurs sénégalais.
L’implantation du comptoir des Rivières du Sud en 1859, puis l’acquisition de la côte du Gabon en 1862 sont les principales étapes de la pénétration française en Afrique de l’Ouest.
En Afrique de l’Est, Napoléon III signe en 1862 un traité de commerce avec Madagascar où s’installe un consulat de France. La politique impériale vise principalement de ce côté de l’Afrique à contrer l’influence britannique. La même année, la France obtient d’un chef local la cession du petit territoire d’Obock sur la côte nord du golfe de Tadjourah, mais elle n’y procède à aucune occupation effective pendant vingt ans, se contentant de réaffirmer sa souveraineté de loin en loin en faisant hisser les couleurs nationales par l’équipage d’un bâtiment naval de passage.
Au Maghreb, il renforce la présence des conseillers militaires français dans l’armée du bey de Tunis.
Ce second espace colonial atteint son apogée après la Première Guerre mondiale, lorsque la France reçoit de la Société des Nations (SDN) un mandat sur la Syrie et le Liban.
Il est au cours de la seconde moitié du XIXe et au XXe siècle le deuxième plus vaste empire colonial du monde, derrière l’empire colonial britannique. Présent sur tous les continents, il s’étend à son apogée, de 1919 à 1939, sur 12 347 000 km2.

En incluant la France métropolitaine, les terres sous souveraineté française atteignaient ainsi la superficie de 12 898 000 km2, soit près de 1/10e de la surface de la Terre, abritant une population de 110 millions d’habitants à la veille de la Seconde Guerre mondiale, soit 5 % de la population mondiale à l’époque.
Aujourd’hui, les restes de ce large empire colonial constituent la France d’outre-mer (ou “DOM-TOM”), soit une douzaine de territoires insulaires dans l’Atlantique, les Antilles, l’océan Indien, le Pacifique Sud, au large de l’Antarctique, ainsi que la Guyane sur la côte nord de l’Amérique du Sud, pour une superficie émergée totale de 119 394 km2, soit à peine 1 % de la superficie de l’empire colonial à son apogée entre les deux guerres mondiales. D’une faible superficie émergée, ces DOM-TOM permettent toutefois à la France de revendiquer la 2e plus grande zone économique exclusive (ZEE) au monde, couvrant 11 035 000 km2 d’océans, juste derrière celle des États-Unis. Dans ces territoires, en 2013, vivaient 2 691 000 personnes jouissant d’une représentation politique au niveau national, ainsi que de divers degrés d’autonomie.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 91

Savannasaurus Elliottorum

Son inventeur se nomme David Elliot, il a donc donné une partie de son nom, à sa petite bête et quelle bête : un dinosaure gigantesque ! L’Elliottorum, dont les restes ont récemment été découverts en Australie, est un nouveau sauropode de la famille des Titanosaures. Il était inconnu à ce jour. Les chercheurs australiens se sont amusés à lui donner presque vie en images de synthèse. Le résultat est une bête impressionnante, six à huit mètres de long, entre 15 et 20 tonnes et un cou gigantesque, dont la tête culminait à environ huit/dix mètres du sol, voire plus ! Si on admet qu’il était capable de se dresser sur les pattes de derrière, pourquoi pas, les girafes et les éléphants le font bien.
Pour être plus réaliste, si vous êtes en train de lire Monnaies & Détections tranquillement, dans le canapé de votre appartement au cinquième étage, vous pourriez donc le voir pointer son museau à la fenêtre !
Source : abc.net.au/news

Trouvaille 96.17.bis

Enfin on passe à la pointe de flèche qui est une pointe de Palmela, après quelques hésitations car elle n’est pas tout à fait lancéolée. C’est donc officieusement la 57e pointe recensée, trouvée à Durban dans le département des Pyrénées orientales, 10 cm x 2,8 cm, 13,7 g. Nous mettons donc à jour la carte de répartition.

Trouvaille 96.17

Trouvaille de Tehyca à Durban dans le 66 : Denier de Roger Ie Trencavel dit Roger IV de Carcassonne, Vicomte de Carcassonne et d’Albi (1130-1150). Avers : croix coupant la légende cantonnée au deux et au trois de deux besants, ROGER COME, M et E enlacés. Revers : CARCASONA CI, deux crosses adossées accostées par les pieds de deux jambages. Type semblant inédit non retrouvé sur les ventes diverses ni dans les catalogues. Etat TTB 1 500 à 2 000 euros. Au centre se trouve un jeton de compte de 20 mm, pesant 2,04 g, représentant un écu armorié sur chaque face dans un cercle de besant. Il s’agit d’un jeton de compte lombard du XIVe siècle portant avers et revers les armes de deux familles différentes associées en affaires (familles non identifiées). Et on finit pour les monnaies sur un as de Nîmes type IV, 10 après Jésus-Christ, monnaie tellement célèbre que l’on évitera de vous la détailler pour ne pas vous offenser. Etat TB, manque de métal à la base, 200 euros.

Trouvaille 96.16

Bonjour, plaque trouvée au lieu-dit les Huttes 42440 pour identification, ainsi qu’un morceau de monnaie. Cordialement, Yannick, un fidèle lecteur abonné et passionné.

Il s’agit d’une plaque militaire adossée à une caisse de munition pour une « machine gun cart » de la première guerre mondiale et américaine. Voici un exemple de la machine prise sur le net. Votre plaque est une des plus anciennes, nous en avons trouvé une sur le net portant le numéro 200876… Les déplacements militaires américains sont connus, vous devriez pouvoir cerner un peu plus le corps d’armée qui est passé par chez vous. Passons au morceau de monnaie, les abeilles nous donnent d’emblée la maison : il s’agit du Comtat venaissin et la date 1641 nous donne le pape Urbain VIII. Le reste est affaire de comparaison. Pour les quadruples d’or le diamètre varie de 2,9 à 3,1 cm, vous pouvez donc vérifier si c’était un double ou un quadruple. Mais le double est encore plus rare… L’avers avait la légende VRBANVS. VIII. PONT. MAX. 1641. On voit le buste habillé du pape Urbain VIII à droite, l’écu du vice-légat Frédéric Sforza sur l’épaule (le lion debout à gauche) (Urbain VIII, grand pontife). Le revers ne montre que l’écu de Barberini (trois abeilles posées 2 et 1 brochant sur une croix du Saint-Esprit, sous une croix de Saint. La légende absente devait être ANTONIVS. CARD. BARBERINVS. LEGAT. AVE. (Cardinal Antoine Barberini, légat d’Avignon). Sans vouloir remuer le couteau dans la plaie le prix le plus bas relevé sur les ventes est de 5 500 euros. Vivent les machines agricoles et les archéos bornés ! Cette monnaie existe aussi avec les armes du vice légat Mazarin sur l’épaule du pape. Imaginez si vous aviez trouvé un quadruple avec les armes d’un vice légat non répertorié !

Trouvaille 96.15

Bonjour, ci-joint la photo d’un objet en bronze que je pense être une spatule de maquillage romaine. Vous pouvez la publier dans votre revue, cordialement, Patrick (les 2 monnaies ont été trouvées à côté).

C’est le cas effectivement, on a l’impression de voir une inscription au dos de la spatule, c’est à vérifier. Les deux monnaies sont antiques mais pas identifiables sur la photo.