MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Archive pour juin, 2022

Trouvaille 123.17

Bizarrerie najacoise du jour, émail cloisonné sur métal (bronze ou laiton), aucune trace d’attache à l’arrière, ça semble être un insigne américain des confédérés… à part que c’est représenté à l’envers. Trouvé dans un travers presque à pic où aucun “touriste” ne met les pieds 🙂 il semblerait que ce soit un insigne des confédérés (1861 = Il en existe avec 7 ou 9 étoiles mais rare avec 8, ce qui est intéressant puisque intermédiaire dans la chronologie de l’époque. On me dit aussi : « Le drapeau est à l’envers sur les uniformes pour créer l’impression qu’il “flotte au vent à la montée à l’assaut”…! « ça semble être assez rare et avoir une certaine valeur… plutôt pour les nostalgiques de Lee ! » « Dans certains feuilletons ou films américains le drapeau cousu sur le bras de l’uniforme était aussi à l’envers ». Donc un truc bizarre qu’on se demande ce que ça fait dans les travers de Najac ! ID Régis Najac

La chevalière du shérif de Nottingham

Une belle chevalière en or, ayant appartenu au shérif de Nottingham et découverte par un prospecteur anglais, est récemment passée aux enchères ! Si le shérif de Nottingham était bien un personnage réel, ce n’est pas le cas de Robin des bois, qui lui est un personnage fictif… D’après ses armoiries, la chevalière a été attribuée à Sir Matthew Jenison qui a servi comme haut shérif de Nottingham de 1683 à 1684 et qui s’occupait des arbres dans la forêt de Sherwood. (L’histoire de Robin des bois se situe, elle, vers l’an 1300)

Découverte dans un champ à 40 km de l’actuelle forêt de Sherwood que prospectait Graham Harrison, 64 ans, le même jour à quelques mètres de la bague, Harrison a aussi trouvé avec son détecteur une pièce d’argent de Charles Ier, roi d’Angleterre de 1625 à son exécution en 1649, une monnaie frappée au château de Newark pendant la guerre civile. 

La bague en or sur une estimation de 6 000 £ a atteint la somme de 8 500 livres sterling, un peu plus de 10 000 euros ! L’effet Robin des bois et le fait que la bague soit classée « trésor » pour avoir été trouvée par un chasseur de trésor, a certainement fait grimper sa côte ! Tant mieux pour Harrison qui empoche 5 000 euros, l’autre part revenant au propriétaire du champ… 

Source : dailymail-co-uk

Trouvaille 123.16

Voici un personnage en plomb trouvé en champ en Seine-et- Marne. Il existe une collection Atlas sur les rois de France qui m’y fait penser mais cette trouvaille me paraît plus ancienne, 31 g, 5,5 cm. Pouvez-vous m’en dire plus ? Jérôme

La statuette n’a rien à voir avec la collection des éditions Atlas effectivement. C’est bien plus ancien. Est-ce réellement un roi ? On ne dirait pas qu’il porte une couronne mais plutôt une sorte de bonnet non ? Les bras sont absents ou bien passés derrière le dos ? La cape et les vêtements descendent jusqu’au pied et se confondent avec le socle de soutien. On voit bien sur la photo de ce dernier qu’il est en partie évidé et que c’est une fabrication un peu frustre et pas du tout industrielle. La taille peut correspondre à une pièce d’un jeu d’échec. On ne peut vous dater précisément cet objet mais nous le pensons antérieur au XIXe siècle. On sait que si un lecteur a déjà vu cela, il nous fera parvenir l’info pour le prochain numéro. MO**

Trouvaille 123.15

Bonjour, clé romaine en métal ferreux trouvée dans une vigne du 66. Assez surpris du poids et de la dimension de l’objet. Cordialement, Michel. Poids 70 g, longueur 90 mm.

Clé en fer période gallo-romaine à translation, paneton constitué de trois dents. La taille, en soit, n’a rien de particulièrement surprenant.

Trouvaille 123.14

J’ai trouvé cette pièce de monnaie à La Garde-Freinet non loin d’une aire de battage. Malheureusement l’autre côté de la pièce est totalement lisse. On voit bien la fleur de lys et la croix signes des rois de France mais à part ça je n’ai pas d’autres indications, je voudrais savoir de quelle époque elle provient. Merci d’avance de votre aide précieuse. Bien cordialement. Gauthier

Ouch la divination ne peut faire partie de la Numismatique ! tout juste peut-on affiner en disant que l’on est sur un type nombreux et varié de monnaies de la fin du XIVe siècle genre demi blanc ou blanc guenar de Charles VI par exemple.

Trouvaille 123.13

Bonjour, merci pour votre magazine qui me fascine toujours autant… Cela faisait longtemps que je n’étais pas sorti un peu avec mon détecteur… je m’y suis remis cette semaine… et entre 1 Pfennig allemand et une petite Napo… j’ai trouvé cet objet qui me rappelle les rouelles gauloises… mais qui est tout lisse au verso… Donc cela doit être autre chose non ?? Il fait 2,5 cm de diamètre… Merci d’avance pour votre réponse, Gunther

On pense que c’est en effet une rouelle, qui a été partiellement coulée dans un moule dont les deux parties étaient décalés (et même probablement en mauvais état), du coup c’est plat d’un côté et pas « fini » de l’autre.

Trouvaille 123.11

Bonjour, encore merci pour toutes vos publications et informations sur les trouvailles. Je souhaitais partager cette matrice de sceau que j’ai trouvée dans un champ proche de chez moi en Seine-et-Marne. Il mesure 2,5 cm de diamètre et pèse 13,61 g. J’ai demandé des renseignements sur internet à un expert de sceau qui me le date du XVe début XVIe. C’est un sceau personnel avec un lion dans un blason. Confirmezvous cette datation et si vous pouvez éventuellement m’en dire plus ? En second, ma première ampoule de pèlerins en plomb que j’ai trouvée dans un champ à côté de chez moi en Seine-et- Marne. Dommage qu’elle n’ait plus ses anses et qu’elle ait été choquée. Mais cela reste une belle trouvaille à mes yeux avec de beaux restes. Elle mesure 3,5 cm sur 2,5 cm pour un poids de 22 g. Et enfin un objet en bronze trouvé dans un champ toujours en Seine-et-Marne. Cela me fait penser à une fibule zoomorphe, je ne vois pas ce que cela pourrait être d’autre ? Pourriez-vous m’aider à l’identifier ? Merci Jeje77detection

C’est une matrice de sceau en bronze à charnière, motif héraldique au lion, style début XVIe siècle, il provient certainement de l’est de l’Europe. La netteté de la photo n’est hélas pas suffisante pour la lecture du texte. Ampoule de pèlerin du XIII-XIVe siècle avec une inscription que nous n’avons pu déchiffrer IHS ? sur la face présentée. Enfin votre objet plat en bronze est incomplet. La vocation décorative est attestée par la présence d’un loup ? Chien ? Ours ? L’objet, d’une longueur de 3,2 cm doit être cassé dans sa plus grande largeur. Le revers, de moulage brut, renforce la vocation applique de cette trouvaille. On ne s’engage pas sur la période mais très probablement antique.

Trouvaille 124.08

Bonjour à vous, je vous envoie des photos d’une bague trouvée il y a quelques années dans un champ du Val d’Oise. Merci pour votre travail, salutations, Romain.

Vous confirmez que c’est de l’or très pur et que vous l’avez redressée facilement, il s’agit d’une bague filiforme avec le chaton constitué
d’entrelacs de fil soudés avec trois nodules décoratifs. Fin de la période gauloise, du premier siècle avant JC au premier siècle après.

La rocambolesque histoire de la patère de Rennes

Rennais de longue date et habitant à la confluence entre l’Ille-et-Vilaine et la Rance, j’ai souvent l’occasion, afin de me rendre dans le centre ville pour mes courses au marché des Lices, de passer par la rue de la Monnaie qui est située à proximité de la cathédrale. À chaque passage à pied dans cette ruelle qui mène au Pont-Levis des « Portes Mordelaises » – entrée symbolique des ducs de Bretagne lors de leurs visites dans la capitale bretonne – (situation en face de l’ancien chemin menant à Mordelles), je me remémore l’extraordinaire destin d’une patère romaine du 3e siècle qui fut mise au jour d’une manière fortuite, dans ce secteur, au 18e siècle.

Le site de l’ancienne forteresse bretonne, situé à proximité du lieu de trouvaille de la patère, est un fleuron d’architecture médiévale qui fut installé sur des bases datant du Bas-Empire romain (période finale comprise entre 192 et 476) et même plus anciennes. En effet, à l’emplacement de ce site médiéval, plusieurs bifaces préhistoriques – Acheuléens et Moustériens en quartzite et en grès – ont été découverts, et ce, à plusieurs reprises lors de travaux (découvertes fortuites dans l’année 2021), dans les douves du château, au niveau d’une ancienne terrasse fluviatile placée au niveau 16 de la rue Nantaise.

Il est à noter qu’en 1180, selon l’historien Lucien Decombe, l’évêque de Rennes, lors de travaux dans l’actuelle cathédrale et sur l’emplacement probable d’un ancien temple romain, un trésor composé de monnaies romaines fut mis au jour.

Georges Lefèvre écrit dans les Annales de Bretagne avec le titre : « Le Trésor du Chapitre et la patère d’or de Rennes : « Le 26 mars 1774, au cours de la démolition d’une maison de l’ancien Chapitre de Rennes, au lieu dit Place de la Monnaie, des ouvriers maçons mirent à jour, à un mètre quatre vingt dix de profondeur, le plus considérable monument archéologique d’or découvert jusqu’alors en Occident… ». Il signale qu’il se trouvait aussi 34 deniers d’argent du premier et second siècles dont la description n’est pas parvenue jusqu’à nous (toutes ces monnaies ont malheureusement disparu).

Définition du terme patère

Ce mot féminin, vient du latin patera qui veut dire « coupe peu profonde «. Cet ustensile est parfois muni d’un manche et servait lors de cérémonies rituelles de sacrifices. La patère, un service du vin, créé par un orfèvre romain, pouvait être composé d’argile ou de métaux (souvent nobles).

Peu d’exemples de vaisselle d’or sont arrivés jusqu’à nous… Une autre patère que celle de Rennes mérite d’être signalée : le fameux plat d’or (900 grammes) de Lava en Corse révélé en 1992 par une photographie et un croquis saisis chez un brocanteur d’Ajaccio. Cette pièce d’orfèvrerie possédait en son centre un médaillon de Gallien (non retrouvé par les douanes françaises).

La patère de Rennes est donc le plus somptueux monument en or qui nous soit parvenu de l’Antiquité. En effet, il faut bien insister sur ce point car ce plat est vraiment exceptionnel, il n’a rien de commun et n’est pas un objet utilitaire ordinaire mais un objet d’apparat et donc un véritable cadeau impérial remis à un fidèle serviteur du pouvoir politique sous l’Empire romain. 

Enfouissement d’un militaire ou riche particulier, dépôt d’ex-voto à une divinité ou un don à un temple voire à cause d’autres raisons ?

Binio de Volusianus

Découverte d’une rare monnaie en or, sur un chantier de fouilles en Hongrie, un aureus de l’empereur Volusianus (novembre 251 – aout 253). Son règne fut très bref, à peine deux ans, il régna en co-empereur avec son père Trebonianus Gallus, les deux co-empereurs furent assassinés en même temps par leurs propres gardes… Volusianus avait 22 ans, les monnaies à son effigie sont assez rares, celles en or encore plus et celle-ci est encore plus rare, elle porte le nominatif de « Binio » soit un double aureus ! Bien que son poids ne soit que de 5,6 grammes pour un poids « théorique » de 5,7 grammes. Au troisième siècle, l’Empire romain est en faillite… Sous l’empereur Valérien (253-260) l’aureus ne fait plus que 3,10 grammes, on est loin des aureus du début de l’empire qui culminaient à 8,16 grammes !
Le Binio d’or de Volusianus, valait donc deux aureus ou cinquante deniers, pour un poids de 5,7 g et 22 mm de diamètre, s’il n’atteint même pas le poids d’un aureus de la République, son extrême rareté en fait cependant une monnaie de collection de premier rang !

Source : livescience.com