MONNAIES ET DETECTIONS

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Monnaies et Détections

Catégorie : Numismatique

Le cheval sur le monnayage celte

Nous l’avons lu dans un précédent article, le fameux coq gaulois n’est jamais représenté sur le monnayage celte précoce (IIIe et IIe siècle avant JC) mais uniquement tardivement sur des monnaies frappées par des peuples inféodés aux Romains voire en signe de soumission après 52 avant JC. Ce gallinacé ne véhicule en effet aucun symbole flatteur et les Celtes n’avaient pas de raisons particulières pour lui réserver une place de choix sur leurs flans monétaires.

Il en va tout autrement de deux animaux qui se concurrencent sérieusement pour remporter le titre d’animal « emblématique » des Celtes : le cheval et le sanglier. Lorsqu’ils se côtoient sur la même monnaie, force est de constater que le sanglier est placé sous le cheval…

Sur l’avers de l’hémistatère Aulerque Eburovice ci-contre (photo 1), il convient de préciser qu’en bordure de flanc, un aurige symbolise l’attelage d’un éventuel char de combat.

Bien que certains peuples comme les Carnutes aient multiplié les représentations d’oiseaux et en particulier d’aigles, le sanglier est représenté en position centrale surtout sur les potins et bronzes de Gaule belgique, peut-être en raison de sa prolifération favorisée par une couverture forestière plus dense que dans le sud ou en Bretagne continentale. C’est au moins une des raisons pour laquelle, il mérite sans aucun doute de faire l’objet d’une prochaine étude.

Mais c’est bel et bien le cheval qui semble recueillir un maximum de suffrages et ce quelle que soit l’époque observée : en effet, dès le IIIe siècle avant JC, de très nombreuses tribus sans qu’aucun critère d’implantation géographique n’entre en jeu, ont réservé le revers de leurs monnaies au noble équidé : du Danube à la Narbonnaise en passant par la Gaule celtique, belgique, et même sur les Îles Britanniques, ses représentations sont multiples, variées, parfois réalistes, d’autres fois plus originales. Quelques pégases (chevaux ailés) font également leur apparition sur des monnaies meldes et suessionnes (voir ci-dessous monnaies « CRICIRU » et « DIISIV » (photos 2, 3) et certains sont androcéphales (à tête humaine) en particulier chez les Bellovaques (photo 4), les Pictons et certains peuples de l’actuelle Bretagne continentale…

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Le monnayage carolingien des Ducs de Normandie

Pourquoi et comment les monnaies des Ducs de Normandie ont-elles été créées ? 

La formation du duché de Normandie

Charlemagne meurt en 814. Il laisse un véritable empire : en moins de cinquante ans, cet empire, partagé entre les successeurs de Louis le Pieux, a éclaté. Les royaumes qui subsistent évoluent au gré des conflits, des ententes et des partages, avec la pression des envahisseurs normands.

Après le décès de Louis II le Bègue en 879, le royaume carolingien est divisé en trois, suite au partage de Ribemont (880) : à l’ouest, est créée la Francie occidentale dirigée par Charles III le Simple, petit-fils de Charles le Chauve, et à l’est, est créée la Francie orientale dirigée par Louis III le Jeune et Carloman ; une petite partie du royaume de Louis II est prise pour créer la Basse Bourgogne, une entité politique indépendante.

La partie nord-ouest de la Francie occidentale qui sera le futur territoire de la Normandie, entre 800 et 911, est une zone d’implantation scandinave. Cet espace sert de lieu de passage et d’échanges. En 840, d’importants groupes de Normands s’installent durablement. En 880, lors de la signature du Traité de Ribemont, c’est le Normand Rollon  qui dirige ces groupes. Il est Jarl (duc de guerre) des Normands.

En 911, Charles III le Simple, toujours roi de Francie occidentale, décide de passer un accord avec le Normand Rollon : le Traité de Saint-Clair-sur-Epte est signé entre les deux hommes. Le Comté de Normandie est donc créé, il va prendre le nom de Duché de Normandie car son dirigeant, Rollon, est duc de guerre (dux bellorum).

Rollon s’engage à protéger ce vaste territoire qui s’étend de la Basse-Normandie actuelle à la Bretagne, face aux attaques fréquentes des Vikings. Charles le Simple perpétue par ce traité, une tradition inaugurée par Charlemagne, soit la division de son territoire en comtés, ce qui lui permettait de faciliter la gestion d’un aussi vaste territoire. En effet, le territoire de la Francie occidentale, une partie de l’immense empire carolingien divisé après le décès de Charles II le Chauve en 877, s’étend des côtes de la Mer du Nord aux contreforts pyrénéens ariégeois. Avoir une aide pour protéger quotidiennement les territoires du nord, facilite la charge du pouvoir. Durant une période de cinquante ans, la situation politique est très instable non seulement à cause des attaques incessantes des Vikings mais aussi à cause des querelles d’héritage.

Rollon, premier duc de Normandie, va protéger le territoire de la Normandie jusqu’à sa mort. Son fils, Guillaume Ier -Longue-Epée hérite du comté de Normandie, en 927. C’est à partir du règne de Guillaume Ier que commencent à apparaître les premières monnaies en argent. Ces dernières vont se développer sous les règnes de ses successeurs : Richard Ier, Richard II, Richard III, Robert Ier le Magnifique et sous celui du fils illégitime de celui-ci, Guillaume le Bâtard, futur Guillaume le Conquérant, légitimé par testament en 1035…

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Les premiers votes romains à travers les monnaies

Pourquoi la nécessité de voter ?

Le vote est la manière par laquelle les membres d’une assemblée ou d’un corps sont appelés à exprimer leur choix. Voter, c’est contribuer à faire adopter par un vote majoritaire, une décision commune dans un délai donné. Ce système a pour but d’empêcher une prise de décision pour tous par un seul homme, donc d’éviter les abus de pouvoir.

Dans une démocratie, le vote est toujours un enjeu central de la vie politique et le peuple source exclusive de toute légitimité politique.

Dès l’Antiquité, les élections sont un temps fort de la vie des citoyens d’abord en Grèce puis à Rome. En effet, lorsque Rome conquiert la Grèce, le vote existait déjà dans ce pays.

Les premiers votes connus en Grèce

Dès le VIIIe siècle avant JC en Grèce, malgré des régimes oligarchiques et tyranniques, on votait à main levée pour légitimer les ou la personne ayant pris le pouvoir. Au VIe siècle avant JC, le régime de l’isonomie, c’est à dire de l’égalité de tous les citoyens devant la Loi, remplace oligarchies et tyrannies, puis s’installe la démocratie, soit le règne du peuple des citoyens (démos). Au Ve siècle avant JC, le philosophe Aristote dans son ouvrage La Politique, utilise pour la première fois le terme « démocratie » pour désigner le régime politique isonomique qui régit Athènes.

Il existait différentes manières de voter au Ve siècle avant JC, en Grèce : le vote à main levée et pour préserver l’anonymat des votes et éviter d’éventuelles représailles, le vote à bulletin secret que l’on pratiquait dans le cadre de l’ostracisme, procédure par laquelle on décidait ou non d’exclure de la Cité, un individu qui avait cherché à s’opposer au régime démocratique civique en cours. Les citoyens utilisaient lors de cette procédure des morceaux de poterie (ostraka) sur lesquels ils inscrivaient le nom de la personne ou des personnes qu’ils décidaient d’exclure. Ces ostraka étaient déposés dans un cratère, sorte de vase très évasé. Thucydide, homme politique et historien athénien, accusé de trahison fut exilé d’Athènes pendant vingt ans selon cette procédure.

Pour toutes les élections, les votants (40000 environ à Athènes) devaient présenter une plaque d’identification (sorte de carte d’électeur)…

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Clerôterion : tablette en pierre à compartiments recueillant les jetons pour le tirage au sort. ©

Une simple galerie de portraits de nos ancêtres ?

Le constat

Invention certes géniale, l’appareil photographique ne fera hélas son apparition qu’environ 2000 ans après Jésus Christ ; autrement dit pour tenter d’obtenir une image la plus fidèle possible d’un Gaulois, nous sommes contraints d’examiner ce qui a traversé les siècles, c’est à dire les objets d’art (statuaire, gravures sur bois ou sur pierre, monnaies antiques) et les écrits militaires, scientifiques ou philosophiques qui seuls demeurent en capacité de nous restituer éventuellement la physionomie de ces insaisissables Gaulois avec toute l’incertitude liée à l’origine des sources historiques.

Les sources

La « propagande » gréco-romaine

Les premiers voyageurs grecs qui sillonnent ces terres septentrionales lointaines sont forts impressionnés et décrivent les autochtones comme grands, nus, blonds et hirsutes, vivant sur des terres incultes recouvertes de forêts enveloppées de brumes ; Jules César lui-même (et son fidèle lieutenant Labienus) dans le fameux « de Bello Gallico » en français « La guerre des Gaules », se garde bien de souligner chez ces indigènes (au sens premier du terme c’est à dire les habitants originels du pays) le moindre signe de civilisation digne de ce nom (définition d’indigène mais cette fois-ci au sens figuré…) et reprend, comme le plus vulgaire des copieurs-colleurs actuels, ce qu’il a retenu des écrits grecs. Cela participe à une stratégie car, en fin calculateur, il n’ignore pas qu’il est impératif a posteriori de convaincre le sénat que ces terres tant convoitées et si riches étaient tenues par des barbares ignorants et crasseux ; en y ajoutant une migration « menaçante » et fort bien venue des Helvètes, la campagne militaire dirigée contre la Gaule relevait presque du cas de force majeure. Ainsi Rome et Jules César ne pouvaient être accusés d’impérialisme car ne remplissant que leur devoir : porter loin et fort les références et les valeurs latines. Quant aux historiens et aux géographes, qu’ils soient grecs (Hérodote et Poseidonios par exemple) ou romains (Pline l’ancien qui rapporta certains mots « gaulois » et Strabon), leurs connaissances du monde celtique étaient limitées et bien peu possédaient des certitudes sur ce qui se passait au delà de la Gaule du sud… Pour eux ces barbares se ressemblaient tous et manquaient qui plus est singulièrement d’imagination et de fantaisie surtout lorsqu’il s’agissait de se « faire une beauté » !

Tout ou presque est résumé dans ce passage de Strabon (STRABON. IV. IV, 2.) datant d’après la conquête :

« … Toute la race appelée aujourd’hui Gauloise ou Galate a la manie de la guerre ; elle est irascible, prompte à la bataille, du reste simple et sans malice. Aussi, une fois irrités, ils se rassemblent en foule pour courir aux combats, et cela avec éclat, sans aucune circonspection, de sorte qu’ils tombent facilement sous les coups de ceux qui veulent employer contre eux la stratégie. Et en effet, qu’on les excite, quand on veut, où l’on veut, pour le premier prétexte venu, on les trouve prêts à braver le danger, sans avoir pour entrer dans la lutte autre chose que leur force et leur audace… Aujourd’hui, à la vérité, ils sont tous en paix, asservis ; et ils vivent sous les ordres des Romains qui les ont conquis ; mais nous nous les figurons ainsi d’après leurs anciens temps et d’après les maximes encore subsistantes aujourd’hui chez les Germains… »

…

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La naissance de la monnaie

Pourquoi la nécessité d’une monnaie ?

Une monnaie sert à payer des biens et des services, mais aussi à en fixer la valeur, à les évaluer pour pouvoir les comparer. Celui qui reçoit de la monnaie peut alors s’acheter quelque chose, mais il peut aussi la garder et se constituer des réserves : thésauriser. Il faut donc qu’elle puisse se conserver.

Pour que l’on puisse parler de monnaie, il faut qu’elle remplisse ces trois rôles : payer, évaluer, thésauriser.

Les prémonnaies ou monnaies premières

Pointes de flèches celtiques, 700 avant JC

Avant l’existence des monnaies, les hommes commerçaient entre eux au moyen du troc : on échangeait un mouton contre dix poules par exemple. L’homme évaluait la valeur d’un objet ou d’un service par rapport à ce qui lui était précieux. L’animal, bien le plus important des peuples éleveurs, servit souvent à cet usage ; d’où certains mots qui désignaient la monnaie : pecunia en latin vient de pecus, le bétail, keseph, en hébreux voulait aussi dire mouton.

Posséder un troupeau, des objets, des tissus… était un moyen de conserver la richesse, mais quand les échanges se multiplièrent il apparut inadapté aux paiements, sauf dans des cas exceptionnels comme les dots et les rançons. On passa donc de l’échange d’animaux à celui d’objets, appelés « prémonnaies », plus maniables auxquels on accordait de la valeur : coquillages (variétés des cauris), haches de pierre. A la fin de la préhistoire, on commença à échanger des objets métalliques : haches de bronze (celts), pointes de flèche, anneaux de bronze, bijoux… Puis on continua avec d’autres objets métalliques : broches en Grèce, anneaux en Égypte, rasoirs et couteaux en Chine, lingots dont certains étaient marqués d’un poinçon pour en indiquer le poids, anneaux métalliques, rouelles (anneaux métalliques à rayons) en Gaule …

La pièce de monnaie sera plus tard un aboutissement de ces objets métalliques utilisés comme prémonnaie.

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Enquête autour d’une monnaie

Scipion, général du parti pompéien en Afrique

ou

La défense du dernier éléphant des Metelli

Deuxième partie

Quel rôle Scipion Metellus a-t-il joué dans la guerre civile qui opposa Pompée à César ?

Eutrope, dans son Abrégé de l’Histoire romaine, parle de Scipion Metellus comme l’un des trois premiers et des plus puissants personnages de Rome avec Marcus Crassus et Marcus Marcellus qui en 63, vinrent mettre en garde Cicéron alors consul des agissements de Catilina. Scipion fut le beau-père de Pompée à qui en 52 av. J-C, il avait donné en mariage sa fille Cornelia, veuve de Publius Licinius Crassus, fils de Marcus, mort avec son père dans la guerre contre les Parthes. Scipion partagea le consulat avec Pompée les cinq derniers mois de l’année 52. Il était un homme d’une naissance et d’une réputation irréprochable. On apprend cependant que Pompée, consul, intercéda en faveur de son beau-père cité en justice auprès des 360 juges qu’il pria aimablement d’être favorables à l’accusé. Pompée pour rétablir la sécurité et le bon ordre lors des jugements présidait assisté d’une troupe en armes (Plutarque, Vie de Pompée). La guerre civile, qui commença en 49, coûta la vie de nombre de citoyens romains. César après son triomphe en 46, fit réaliser un dénombrement du peuple de Rome ; au lieu de 320 000 citoyens avant la guerre civile, il n’en trouva plus que 130 000 tant elle avait été meurtrière, sans compter tous les fléaux qui avaient dévasté le reste de l’Italie et les provinces (Plutarque, Vies des hommes illustres, tome III : Vie de Caius Julius Caesar).

 Début de la Guerre civile et le « Bellum Civile »

« La Guerre Civile » écrit par César relate les événements précédant le passage du Rubicon jusqu’à la guerre d’Alexandrie et nous permettra de mieux appréhender le rôle de Scipion au cours de cette période. Lors d’une séance tumultueuse du Sénat en 49 av. J-C, Scipion, se faisant le porte-parole de Pompée qui est aux portes de Rome avec son armée, propose que César soit déclaré ennemi de l’état s’il ne licenciait pas son armée avant le 1er mars (Livre I, § 2). Pompée joue de son influence et intimide les membres du Sénat tandis que le consul L. Cornelius Lentulus et les sénateurs Caton et Scipion défendent devant la noble assemblée Pompée face à César. Il est dit que « Scipion est poussé par l’espoir d’un gouvernement de province et d’un commandement d’armées ; il s’imagine qu’en raison de ses liens de parenté avec Pompée il partagera ce commandement avec lui. » (Livre I, § 3 et 4). Pompée convoqua le Sénat hors de Rome et présenta une série de propositions parmi lesquelles il demandait une levée de nouvelles recrues dans toute l’Italie, de donner le titre d’ami et d’allié au roi Juba Ier. Par Senatus-Consulte, Pompée donne à Scipion le gouvernement de la Syrie et à L. Domitius Ahénobarbus la Gaule (livre I, § 5). Plus loin dans le livre III, Pompée en Illyrie attend le renfort de deux légions venant de Syrie commandées par Scipion (Livre III, § 4). Scipion, sur ses deniers frappés en Afrique, porte le titre d’imperator*, on apprend par la plume de César (livre III, § 31 à 33) non sans ironie comment Scipion l’a obtenu, en effet c’est après quelques échecs autour du mont Amanus qu’il s’était lui-même proclamé imperator, alors que ce titre était donné par acclamation au général victorieux par ses propres troupes. César met en évidence la cupidité et les exactions dont Scipion fait preuve dans sa province ainsi qu’en Asie…

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Monnaies de Charles VI

Dans un précédent article nous avons vu que l’atelier monétaire d’Auxerre avait cessé d’émettre au milieu du XIIIe siècle. Or, 170 ans plus tard, en pleine guerre de Cent Ans, comme de nombreux autres ateliers sous Charles VI, celui d’Auxerre rouvre ses portes. Il sera frappé au nom de ce roi des Gros d’argent dits “florettes”, des doubles tournois dits “niquet”, et des deniers tournois dits “petit niquet”. Il est à noter que l’atelier est aux mains du duc de Bourgogne.

Pour les florettes de nombreuses émissions se succèdent entre avril 1419 et juin 1420. Mais à Auxerre la reprise des frappes semble commencer à partir du 2 juillet 1419, ce qui correspond à la 5e émission. Un exemplaire retrouvé dans le trésor de Souesmes vient confirmer cette hypothèse mais aucun acte royal correspondant n’a été retrouvé qui expliciterait cette émission.

“Florette” de Charles VI, 5e émission

A/ : (lis) KAROLVS:FRAnCORV:REX, Trois fleurs de lis posées deux sur un sous une couronne de feuille d’ache.
R/ : +SIT:nOmE:DnI:BENEDITV, croix fleurdelisée cantonnée d’une couronnelle en 1 et 4. Billon. 3,49 g ; 25 mm. Photo vente Inumis VSO 1 mars 2006, n° 577, trésor de Souesme. Rareté R4

La florette de la 6e émission (9 avril 1420) n’a pas été retrouvée à ce jour. Par contre, nous avons différents exemplaires de florettes de la 7e émission (6 mai 1420) ainsi qu’un bail daté du 10 août 1420 concernant la frappe des monnaies d’or et d’argent de Paris, Tournay, Saint-Quentin, Chalons, Troyes, Mâcon, Nevers et Auxerre. Sans doute Guillon Luillier a-t-il remporté le marché, car son nom apparaît dans cet acte mais également dans un second daté de décembre 1428 dans lequel il est désigné comme ancien maître particulier de la monnaie d’Auxerre.

“Florette” de Charles VI, 7e émission

A/ : (fleur) KAROLVS:FRAnCORV:REX, Trois fleurs de lis posées deux sur un sous une couronne de fleur de lis.
R/ : xSIT:nOmE:DnI:BENEDICTV, croix fleurdelisée cantonnée d’une couronnelle en 1 et 4. Billon. 3 g ; 22-24 mm. Collection privée. Rareté R3

Les “florettes” d’Auxerre se reconnaissent grâce à un annelet placé sous la 4e lettre de la légende tant à l’avers qu’au revers. En plus de cet annelet, les florettes répondent aux critères des émissions dessus-dites, à savoir pour la 5e émission : une fleur de lis en début de légende de l’avers et une croix pour le revers ; la couronne dans le champ étant formée de feuille d’ache. Pour la 7e émission, on trouve une fleur à cinq pétales en début de légende de l’avers et une croix de Saint-André pour le revers ; la couronne est formée de fleurs de lis…

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Découvrons l’Histoire à travers la monnaie

L’ascension politique de Louis-Napoléon Bonaparte (1848-1870) : 

Du 5 francs Cérès (1849) de la Deuxième République
aux 5 francs Napoléon III (1870) du Second Empire

Comment Louis-Napoléon Bonaparte parvient-il à fonder le Second Empire et comment ce nouveau régime va-t-il évoluer ? 

 PREMIERE PARTIE

La construction de l’Empire

Le coup d’état du président de la Deuxième République

Le 10 décembre 1848, Louis-Napoléon Bonaparte a été élu président de la Deuxième République. On ne trouve pas de pièces de monnaie à son effigie en tant que président, mais en 1849, un nouveau type de pièces en argent, 5 francs Cérès avec une tête de femme – déesse des moissons – symbolisant la Deuxième République, est mis en circulation. Il est à noter qu’à la même époque, est créé le premier timbre-poste papier qui représente cette même effigie.

Dès 1850, Louis-Napoléon entre en conflit avec l’Assemblée car se profile l’échéance électorale de 1852 qui doit décider d’un nouveau président de la République, à laquelle, d’après la Constitution, il ne peut se représenter.

Face à la division des royalistes partagés entre les partisans du jeune comte de Paris âgé de 12 ans, petit-fils de Louis-Philippe, et ceux du comte de Chambord, petit-fils de Charles X, Louis-Napoléon tente de faire réviser la Constitution pour permettre sa réélection. L’Assemblée vote favorablement mais la majorité des trois-quarts nécessaire, n’est pas atteinte, et une proposition de rétablissement du suffrage universel échoue.

Sentant le climat favorable, mais la voie légale impossible, afin de conserver le pouvoir, Louis-Napoléon, un an avant la fin de son mandat, passe à l’action. Le 2 décembre 1851, date anniversaire du couronnement de Napoléon Ier et de la victoire d’Austerlitz, le président organise un coup d’État : il décrète la dissolution de l’Assemblée, le rétablissement du suffrage universel et s’empare de tous les pouvoirs. Il prend le titre de Prince-Président de la République française. Il fait arrêter les opposants les plus fermes (Thiers) et les généraux les plus hostiles (Cavaignac) ; son demi-frère Morny devient ministre de l’Intérieur et le général Saint-Arnaud, ministre de la Guerre. L’armée, dont les chefs sont majoritairement favorables au président, soutient le coup d’état et réprime les manifestations populaires hostiles qui éclatent à Paris et en province. L’armée tire sur la foule et environ 10 000 opposants sont condamnés et exilés en Algérie. Cette résistance républicaine contribue à faire accepter le nouveau régime par les partis conservateurs. Cependant, le coup d’état et la répression qui l’a suivi creusent entre le pouvoir bonapartiste et les républicains réduits à l’impuissance mais non soumis, un fossé qui ne sera jamais comblé.

Pour assurer sa légitimité, Louis-Napoléon Bonaparte organise aussitôt un plébiscite qui…

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Les Dupré décimales en MDC

Les décimales du Directoire et de la Convention sont en bronze. Comme tous passionnés, je me lance le défi de réaliser la série des Dupré Bronze. C’est en recherchant des millésimes et ateliers qui me manquent, que je tombe sur des monnaies dont l’aspect est particulier. Exit la couleur brune. Voici que j’ai entre les mains une monnaie blonde, puis deux, puis trois, etc. A bien les observer, je remarque que d’autres détails les différencient de leurs consœurs, mais nous y reviendrons.

Exemple de blanche de belle facture avec tout son grènetis.

Ma curiosité est piquée. C’est décidé, je pars à la recherche d’autres monnaies claires. Après quelques investigations et à mesure que mes plateaux se remplissent, je comprends d’où proviennent ces monnaies et quel est le métal qui les compose. En fait, je saisis surtout que je viens de mettre le nez dans un domaine non encore exploré et qui nécessitera une véritable enquête. L’étude que je vous propose ici est un début qui doit, avec le concours de tous les passionnés des Dupré, être complété et approfondi.

Revenons sur ces divisionnaires atypiques. Elles sont claires et tout le monde s’accorde à dire que ces monnaies dont on ignore presque tout de leurs origines, peuvent être appelées MDC ou métal de cloche. On rencontre parfois les termes : « bronze de cloche », « airain » ou « métal de canon ». Il existe d’ailleurs des médailles et des sols réalisés par le faussaire Lyonnais GARAPON portant l’inscription : « Réalisé avec du métal provenant des canons ». On suppose alors que ces monnaies sont en métal de cloche.

Cette parenthèse étant faite, rappelons que le bronze est un alliage composé de cuivre (Cu) et d’étain (Sn), en proportions respectives de 80 et 20%. Le bronze fut d’ailleurs l’un des premiers alliages réalisé et utilisé en grande quantité par l’homme.

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Enquête autour d’une monnaie

Scipion, général du parti pompéien en Afrique

ou

La défense du dernier éléphant des Metelli

Première partie

Je vous propose dans cet article de mener une enquête au départ d’un denier de Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio (photo 1). Par souci de clarté et de fluidité du texte, toutes les dates citées ci-après s’entendent avant notre ère, donc avant Jésus-Christ.

Qui était ce Scipion Metellus ?

Généalogie

Quintus Caecilius Metellus Pius Scipio était le fils de Publius Cornelius Scipio Nasica Serapio et passa de  la famille Cornelia à celle des Caecilii par son adoption* par Quintus Caecilius Metellus Pius, son oncle, qui était Pontifex Maximus.

Scipion Metellus, par son nom, rappelait toute la gloire acquise pour la grandeur et la défense de la République romaine par les illustres membres des Gens Caecilia et Cornelia dont il était l’héritier. Dans ce qui suit, je vous propose une galerie de personnages faisant partie de ces deux familles ; celle-ci peut paraître indigeste mais permet de mieux comprendre leur importance dans la politique romaine.

Denier à l’éléphant de Scipion Metellus
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