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Monnaies et Détections

Catégorie : Numismatique

L’aventure coloniale française (première partie)

L’Empire colonial français est l’ensemble des territoires d’outre-mer colonisés par la France. Commencé au XVIe siècle, il a connu une évolution très contrastée selon les époques, aussi bien par son étendue que par sa population ou sa richesse. Les possessions coloniales ont connu différents statuts et modes d’exploitation, des colonies antillaises esclavagistes du XVIIe siècle et du XVIIIe siècle à l’Algérie française, partie intégrante de la France à certaines périodes, en passant par les protectorats de Tunisie et du Maroc et les territoires sous mandat de Syrie et du Liban.
On distingue généralement deux périodes concernant les empires coloniaux français, le pivot étant la période couvrant la Révolution et l’époque napoléonienne au cours desquelles la France perdit les derniers restes de sa première aventure coloniale.

La première période de l’aventure coloniale ou premier espace colonial débute au XVIe siècle et se termine fin 1829. Ce premier espace colonial français est l’espace colonial issu des conquêtes monarchiques. Plusieurs désignations en rapport avec cet état de fait lui correspondent : premier empire colonial, empire royal, empire monarchique, empire colonial français moderne.
Le premier espace colonial, constitué à partir du XVIe siècle comprend principalement des territoires nord-américains : la Nouvelle-France et la Floride française ; quelques îles des Antilles (Martinique, Guadeloupe, Sainte-Lucie…) ; les Mascareignes (Réunion, île Maurice) et des établissements (comptoirs) en Inde et en Afrique.
Le premier empire colonial s’étendait sur 8 013 624 km².
En Inde, les Français commencent à vouloir s’implanter de façon significative grâce à la politique de Joseph François Dupleix entre 1719 et 1763. Les efforts de ce dernier sont néanmoins ruinés après la conclusion du traité de Paris en 1763.
En Amérique, la Nouvelle-France s’accroît de façon spectaculaire et comprend presque la moitié de l’Amérique du Nord. Elle forme quatre colonies dont l’Acadie, le Canada, Terre-Neuve, et la Louisiane. Après les traités d’Utrecht en 1713, elle perd l’Acadie (partie sud), la Baie-d’Hudson, et Terre-Neuve (Plaisance). Cependant, elle forme deux nouvelles colonies : l’Isle Royale et l’Isle Saint-Jean.
La Guerre de Sept Ans (1756-1763) marque le début d’une longue rivalité avec les Britanniques pour la possession des territoires coloniaux et met un frein aux ambitions coloniales de la France. Cela se solde par la perte de la majorité des territoires nord-américains et en Inde à l’exception de quelques comptoirs. En effet, tout s’écroule au traité de Paris en 1763, après la Guerre de Sept Ans, où la France perd le Canada, l’Acadie, l’Isle Royale, l’Isle Saint-Jean, la partie Est du Mississippi, qui faisait partie de la Louisiane, et la partie Ouest du Mississippi qui revient à l’Espagne en compensation de la perte de la Floride et cela aux dépens des Anglais.
L’Empire colonial survit malgré tout et connaît une certaine prospérité grâce aux exportations antillaises de café et surtout de sucre venant de Saint-Domingue, de la Martinique et de la Guadeloupe entre 1763 et la fin des années 1780.
Il s’effondre brutalement vers 1790 avant de disparaître presque entièrement durant l’époque du Premier Empire de Napoléon Ier.
En 1800, la France reprend la Louisiane occidentale à condition de ne pas la vendre ni à l’Angleterre ni aux Américains, ce que Napoléon fera trois ans plus tard, en 1803, sans l’appui ou l’approbation de l’Assemblée Nationale. L’Amérique du Nord devient alors en majorité anglophone.

En 1804, les Français perdent le dernier fleuron de leur premier empire colonial : la colonie de Saint-Domingue proclame son indépendance et devient la République d’Haïti.
Après la chute de Napoléon Ier en 1815, la France ne conserve que quelques possessions : les cinq comptoirs des établissements français de l’Inde, la Réunion, l’île de Gorée au Sénégal, quelques îles des Antilles (Guadeloupe, Martinique, Saint-Martin…), ainsi que la Guyane, l’île de Clipperton et Saint-Pierre-et-Miquelon et les Terres australes et antarctiques françaises.
La deuxième période de l’aventure coloniale ou deuxième espace colonial débute en 1830 avec le début de la campagne d’Algérie.
Plus limitée et surveillée en Europe après la défaite napoléonienne, la France se lance dans la conquête de l’Afrique avec la campagne d’Algérie (1830-1847) en Afrique du Nord (Maghreb).
Un décret impérial du 2 juin 1848 crée les départements français d’Algérie.
Les Français étendront leurs possessions en Afrique du Nord avec la Tunisie en 1881 et avec le Maroc en 1912.
La France colonise aussi la majeure partie de l’Afrique occidentale et équatoriale (régions acquises à partir des anciens comptoirs) et l’Indochine (Cochinchine, Cambodge), ainsi que de nombreuses îles d’Océanie (Polynésie française, Nouvelle-Calédonie, Nouvelles-Hébrides).
La politique coloniale du Second Empire porte l’empreinte de Napoléon III et de son ministre de la Marine et des Colonies, Chasseloup-Laubat. Ce dernier entreprend une modernisation de la marine de guerre (cuirassés à hélices) qui doit permettre d’améliorer la capacité d’intervention des troupes coloniales. La superficie du domaine colonial triple sous le Second Empire jusqu’à atteindre un million de km² pour cinq millions d’habitants.
L’annexion définitive de la Nouvelle-Calédonie en 1853 constitue la première action coloniale de l’Empereur.
En Afrique, Napoléon III nomme Faidherbe au poste de gouverneur du Sénégal.
S’ensuivent la fondation du port de Dakar et la création du corps des tirailleurs sénégalais.
L’implantation du comptoir des Rivières du Sud en 1859, puis l’acquisition de la côte du Gabon en 1862 sont les principales étapes de la pénétration française en Afrique de l’Ouest.
En Afrique de l’Est, Napoléon III signe en 1862 un traité de commerce avec Madagascar où s’installe un consulat de France. La politique impériale vise principalement de ce côté de l’Afrique à contrer l’influence britannique. La même année, la France obtient d’un chef local la cession du petit territoire d’Obock sur la côte nord du golfe de Tadjourah, mais elle n’y procède à aucune occupation effective pendant vingt ans, se contentant de réaffirmer sa souveraineté de loin en loin en faisant hisser les couleurs nationales par l’équipage d’un bâtiment naval de passage.
Au Maghreb, il renforce la présence des conseillers militaires français dans l’armée du bey de Tunis.
Ce second espace colonial atteint son apogée après la Première Guerre mondiale, lorsque la France reçoit de la Société des Nations (SDN) un mandat sur la Syrie et le Liban.
Il est au cours de la seconde moitié du XIXe et au XXe siècle le deuxième plus vaste empire colonial du monde, derrière l’empire colonial britannique. Présent sur tous les continents, il s’étend à son apogée, de 1919 à 1939, sur 12 347 000 km2.

En incluant la France métropolitaine, les terres sous souveraineté française atteignaient ainsi la superficie de 12 898 000 km2, soit près de 1/10e de la surface de la Terre, abritant une population de 110 millions d’habitants à la veille de la Seconde Guerre mondiale, soit 5 % de la population mondiale à l’époque.
Aujourd’hui, les restes de ce large empire colonial constituent la France d’outre-mer (ou “DOM-TOM”), soit une douzaine de territoires insulaires dans l’Atlantique, les Antilles, l’océan Indien, le Pacifique Sud, au large de l’Antarctique, ainsi que la Guyane sur la côte nord de l’Amérique du Sud, pour une superficie émergée totale de 119 394 km2, soit à peine 1 % de la superficie de l’empire colonial à son apogée entre les deux guerres mondiales. D’une faible superficie émergée, ces DOM-TOM permettent toutefois à la France de revendiquer la 2e plus grande zone économique exclusive (ZEE) au monde, couvrant 11 035 000 km2 d’océans, juste derrière celle des États-Unis. Dans ces territoires, en 2013, vivaient 2 691 000 personnes jouissant d’une représentation politique au niveau national, ainsi que de divers degrés d’autonomie.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 91

Le monnayage colonial français

Le monnayage atypique de la Nouvelle-France (Deuxième partie)

Le monnayage colonial en Nouvelle-France

De rares monnaies, espagnoles et françaises, circulent. Les monnaies françaises servent surtout aux commerçants à payer leurs impôts au représentant du roi de France, le vice-roi de Nouvelle-France, donc elles repartent systématiquement en France.
Afin de maintenir le monopole français et d’en protéger ses productions, il est interdit aux colons de produire autre chose que la nourriture dont ils ont besoin, ce qui favorise une contrebande avec les colonies britanniques toutes proches.
La disette d’espèces menace aussi la sécurité de la colonie car elle rend impossible le paiement des troupes qui doivent maintenir le calme chez les Iroquois. En fait, les espèces frappées en France arrivent de manière très aléatoire, souvent une seule fois l’an, par bateau.
Le troc est donc couramment utilisé. Il se pratique beaucoup au niveau des échanges commerciaux entre Amérindiens et Européens, et entre Européens eux-mêmes. Il est basé sur des échanges de peaux de castors ou des bouteilles d’alcool.
Bien que la traite des fourrures soit axée sur le troc, soit l’échange de marchandises pour d’autres biens, une monnaie-étalon d’échange s’impose sous forme de peau de castor. Au sein des compagnies de pelleterie, une seule peau de castor adulte, de première qualité et en parfait état est appelée « plus ».

Le plus devint l’unité fixe de troc pour mesurer la valeur de toutes les marchandises de traite et autres pelleteries. Ainsi, la valeur totale des fourrures peut être cotée en plus et les Indiens peuvent obtenir l’équivalent en marchandises de traite.
En 1740, la Compagnie anglaise du Nord-Ouest fabrique même des jetons indiquant aux Indiens la valeur des fourrures qu’ils veulent échanger. Avec ces jetons, les Indiens peuvent échanger leurs prises contre un vaste assortiment de produits.

De même, les commerçants américains dans le sud des Grands Lacs utilisent comme étalon le « buck », soit la peau de cerf de Virginie mâle de grande taille, pour calculer la valeur des fourrures et des marchandises de traite européennes (avec 5 bucks, on a une caisse de six bouteilles de Whisky).
Les peaux de cerf servent à fabriquer des vêtements, notamment des vestes de chasse très prisées des coureurs des bois.
Le buck va devenir plus tard l’équivalent du dollar américain.

La peau d’animal (et pas seulement celle de cerf), moyen d’échange traditionnel de l’époque, était devenue une valeur étalon. Cependant, toutes les peaux ne se valaient pas. Une peau d’un animal tué en hiver était de meilleure qualité que celle d’un animal tué en été. La première pouvait valoir un buck, tandis qu’il en fallait plusieurs de la deuxième catégorie pour arriver à un buck. Il y avait aussi la taille. « Passe moi dix peaux de lapins, je te file une peau d’orignal ! Ça fait un buck de chaque côté. »
Peu à peu, avec les vagues de colonisation européennes, les échanges de ce type ont diminué, mais quand le dollar a fait son apparition en 1792, le terme « buck » est resté, comme un mot d’argot pour désigner un dollar.
Mais ce système a ses limites.
Pour pallier la pénurie « d’espèces sonnantes et trébuchantes », il devient indispensable d’établir un nouveau système monétaire : la monnaie de carte, atypique et fascinante.
Le but est de rembourser ces monnaies de carte en espèces sonnantes et trébuchantes dès que possible.
Le premier monnayage régional de la Nouvelle-France est cette monnaie de carte. C’est une monnaie de nécessité apparue d’abord au Canada et devenue moyen de paiement par cours forcé sous le règne de Louis XIV en 1685. Cet instrument financier consistait en la première tentative de monnaie fiduciaire française et nord-américaine.
D’autres formes de monnaie de carte sont également utilisées en Louisiane française.
En effet, en Nouvelle-France, à la fin du XVIIe siècle, la rareté des pièces de monnaie française est criante au Canada, surtout l’hiver, puisque les navires ne peuvent circuler sur le fleuve Saint-Laurent en raison de l’épaisseur de la glace, empêchant la livraison des marchandises.
Le 16 février 1670, des pièces de monnaie en argent (15 et 5 sols) et en cuivre (double tournois) pour un montant total de 100 000 livres, sont frappées à Paris et envoyées en Nouvelle-France. Mais ces pièces sont utilisées pour envoi de fonds, ainsi il y a peu de pièces de monnaie spécifiques aux régions avec lesquelles on commerce.
En 1674, le Roi donne l’ordre qu’en ses colonies tous les comptes, achats et paiements divers soient impérativement soldés en argent sonnant.
Cependant, en 1684, Louis XIV envoie des soldats au Canada, ordonne de les y faire vivre mais oublie leur paie. Jacques de Meulles, intendant de la justice, police et finances en Canada, Acadie, Isle de Terre Neuve et autres pays de la France septentrionale, n’a pas de fonds pour payer les fonctionnaires coloniaux et les troupes.
En juin 1685, il émet donc des notes de crédit d’un nouveau genre : « à cette époque, il n’y avait pas encore d’imprimerie dans la colonie, et d’un autre côté, comme peu d’habitants savaient écrire, le papier n’était pas en abondance. Mais pendant les longues soirées d’hiver, les jeux de cartes étaient l’amusement favori de la population, et par conséquent, il s’en trouvait un dépôt assez considérable ».

Monnaies de carte de Louisiane

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 89

Le monnayage colonial français

Le monnayage atypique de la Nouvelle-France (première partie)

L’histoire coloniale de l’Amérique commence peu après la découverte du Nouveau Monde par les Européens (Christophe Colomb en 1492).

Carte des possessions européennes suite au traité de Tordésillas en 1494.

Les Espagnols et les Portugais se partagent les nouveaux territoires découverts. Les autres pays européens en sont exclus.

L’actuel territoire américain devient rapidement un enjeu international : les grandes puissances coloniales occidentales se lancent dans l’exploration et la conquête du Nouveau Monde puis bâtissent de vastes empires coloniaux qui finissent le plus souvent par être absorbés militairement et politiquement par d’autres empires.

La Nouvelle-France fait partie du tout premier empire colonial français (1534-1763).

Cette première colonie plus précisément, vice-royauté du royaume de France, se situe en Amérique du Nord. Elle est d’abord une colonie-comptoir administrée par des compagnies de commerce coloniales, puis une colonie de peuplement sous le gouvernement royal du Conseil souverain. Sa capitale est Québec.

Le plus :
une peau de castor

Le territoire de la Nouvelle-France représente près du tiers de l’Amérique du Nord. Il est constitué des colonies suivantes : le Canada, l’Acadie et la Louisiane.

À son apogée, il comprend ainsi le bassin versant du fleuve Saint-Laurent, des Grands Lacs et du Mississippi, le nord de La Prairie, et une grande partie de la péninsule du Labrador.

Une monnaie de carte de 50 livres 1714 (avers/revers)

La position géographique de la Nouvelle-France empêche l’expansion vers l’ouest des colonies britanniques d’Amérique du Nord, alliées aux amérindiens Iroquois, ainsi que le ralliement des treize colonies à la Terre de Rupert (actuelle Baie d’Hudson).

Ceci va entraîner de nombreuses tensions qui culmineront avec l’affaire Jumonville en 1754, événement déclencheur de la guerre de la Conquête qui se soldera par la reddition de la Nouvelle-France en 1760, puis par le traité de Paris de 1763.

La conquête de la Nouvelle-France

Dès le XVIe siècle, la Nouvelle-France attire les conquérants et les négociants européens.

En 1534, pour le compte du roi de France François Ier , Jacques Cartier explore la baie des Chaleurs au Canada, qui deviendra la plus importante des colonies de la Nouvelle-France. Il y rencontre des nations autochtones (Micmacs) et y fait, en tout, trois voyages.

Portrait de Jacques Cartier

Les coureurs des bois (trappeurs) entreprennent la traite des fourrures ou pelleterie (castors notamment) pendant la seconde moitié du XVIe siècle. En raison de problèmes causés par cette traite, le roi Henri IV accorde des monopoles de traite à des groupes de marchands à partir de 1588, dans le but de financer la colonisation des Amériques entreprise tardivement en raison des guerres de religion.

Ce n’est qu’en 1600 que le premier comptoir commercial permanent est établi à Tadoussac.

En 1603, Samuel de Champlain, sur la pointe Saint-Mathieu, conclut un traité d’établissement au Canada avec les tribus amérindiennes : Montagnais, Malécites et Micmacs. Des colons français s’y implantent alors de façon permanente après la fondation de la ville de Québec en 1608.

Portrait de Samuel de Champlain

La vallée du Saint-Laurent devient désormais le cœur d’un développement colonial maritime, avec pour centre le cap Diamant et l’île d’Orléans, séparés par la baie de Beauport.

La Nouvelle-France est une vice-royauté et à tour de rôle, de hauts personnages de la Cour sont nommés vice-roi de Nouvelle-France.

En avril 1663, Louis XIV établit une institution le Conseil souverain de la Nouvelle-France (ou Conseil supérieur de Québec) qui réside dans la colonie.

La création de ce conseil signe la fin du contrat de la Compagnie de la Nouvelle-France, mise sur pied par le cardinal Armand de Richelieu, qui avait failli, selon les vue royales, à sa tâche d’établir une colonie de peuplement en Amérique.

Les trois principaux personnages à y siéger sont le gouverneur, l’évêque et l’intendant. Des conseillers les assistent dans leur tâche.

Structures administratives de la Nouvelle-France

L’intendant préside les délibérations. Tous les membres répondent au Secrétaire d’État à la Marine de la France. Ceux-ci sont choisis parmi la noblesse française. Le Conseil souverain comprend en plus neuf fonctionnaires, entièrement responsables de tous les sujets législatifs, exécutifs et judiciaires. L’intendant est responsable des affaires civiles, incluant l’administration de la justice et le développement du régime seigneurial, des finances et du commerce.

Cinq conseillers servant de Cour d’appel, forment la plus haute cour de justice en Nouvelle-France. (Le nombre des conseillers passe à 12 à partir de 1703.)
Les capitaines de milice ont le rôle de faire le recensement et d’informer les habitants des plans de l’intendant pour le développement de la colonie et de rendre compte des soucis de la population.

L’évêque a, quant à lui, la commande des affaires religieuses, comprenant la charité, l’éducation, les hôpitaux et la conversion des Amérindiens.

Le gouverneur de ce régime est le représentant direct du roi de France. Il est responsable de la défense et des relations diplomatiques.
Le Conseil souverain peut émettre des règlements de police mais avec le temps, il devient presque exclusivement un tribunal d’appel.

Par un édit du 5 juin 1675, le Conseil souverain est réorganisé. Il est assimilé aux parlements du royaume et ses membres sont nommés à vie par commission royale.

Le 16 juin 1703, le nombre de conseillers est révisé et passe à 12. À partir de cette date, le roi de France ne désigne plus l’institution que sous le nom de Conseil supérieur. L’usage des expressions Conseil supérieur de la Nouvelle-France, Conseil supérieur de Québec ou simplement Conseil de Québec est fréquent. Conseil souverain du Canada est aussi parfois employé.
Cette structure gouvernementale dure jusqu’à la chute de la Nouvelle-France en 1760. Sa dernière réunion a lieu le 28 avril 1760, le jour même de la bataille de Sainte-Foy.

Le Canada relève directement du gouverneur de la Nouvelle-France qui siège à Québec. Cependant, la colonie connaît la création de trois gouvernements régionaux distincts : celui de Québec (1608), des Trois-Rivières (1634) et de Montréal (1642).

La région des Pays d’en Haut comprend le bassin versant des Grands Lacs, dont les forts de Pontchartrain (Détroit) et Michillimakinac (Sault-Sainte-Marie) forment à peu près les uniques pôles de peuplement français après la destruction de la Huronie.

Le Canada correspond aujourd’hui globalement au Québec ainsi qu’à différentes parties de l’Ontario et du Manitoba et aux États du Michigan, de New York, de l’Ohio et de Pennsylvanie. Par suite de la conquête de 1759, son patrimoine a évolué à travers le nationalisme « ancien canadien » de la Province de Québec et du Bas-Canada, auquel s’est ensuite substituée l’identité canadienne française, puis québécoise.

Lors du premier recensement effectué en Nouvelle-France, en 1666, on compte 3 215 Européens dans la vallée du Saint-Laurent.

C’est en 1664 que débarquent les premières Filles du Roy, huit cents Filles venues de France et éduquées à Paris par la fine fleur de l’aristocratie française.

L’arrivée des Filles du roi en 1663.

Elles s’installent à demeure en Nouvelle-France jusqu’en 1673, représentant un apport de près de 25 % de la population en place. 9 ans après les premières arrivées, la population double pour un total de « 6 700 âmes en 1672 » ; elle triple en 1682, moins de 18 ans après l’arrivée des premières Filles du Roy, pour un total de 10 000 âmes.

Un siècle plus tard, la population s’élève à 90 000 personnes. Les colons français ayant peuplé le Canada de la Nouvelle-France proviennent principalement de Paris, de l’Île-de-France et des provinces françaises d’Aunis, d’Anjou, de Bretagne, du Maine, de Normandie, de Picardie, du Poitou, de Saintonge et de Touraine. Les filles du Roi proviennent de l’Orléanais alors que quelques dignitaires arrivent directement d’Île-de-France.

Plaisance ou Colonie de Terre-Neuve est fondé par les Basques du sud-ouest de la France et principalement peuplée par les colons venus de la Nouvelle-France où ils s’étaient préalablement établis.

L’Acadie est explorée vers l’an mil par les Vikings. Dès le XIIIe siècle, des pêcheurs basques, bretons et normands (pour la pêche à la morue et la chasse à la baleine) ainsi que des marchands de fourrures fréquentent les côtes.

Carte des voyages vikings vers Terre-Neuve au XIIe siècle.

Lorsque Champlain explore la région, il identifie deux peuples, les Souriquois, correspondant aux actuels Micmacs et vivant à l’est du fleuve Saint-Jean ainsi que les Etchemins, vivant à l’ouest. Leur mode de vie est basé sur la chasse, la pêche et la cueillette.

La première implantation de colons a lieu en 1604 en Acadie.

La Louisiane est une colonie ainsi nommée en l’honneur du roi Louis XIV. Elle est formée du bassin versant du fleuve Mississippi.

Découvert en 1673 par Louis Jolliet et le père Marquette, le territoire est pris par Cavelier de la Salle en 1682, au nom du roi de France, avant que Pierre Le Moyne n’y fonde la colonie en 1699.

Portrait de Cavelier de la Salle.

Elle est subdivisée en deux régions administratives : la Basse-Louisiane et le Pays des Illinois, dit la Haute-Louisiane. Cette dernière région englobe la vallée de l’Ohio, fortement prisée pour le commerce de la fourrure, alors que la Basse-Louisiane s’étend sur les plantations de cannes à sucre et de coton. Outre les terres fertiles des grandes plaines, on trouve aussi en Louisiane, la culture du chanvre, de l’indigo, du lin et du tabac.
Les capitales de la Louisiane sont établies au Fort Maurepas (à Biloxi dans l’état du Mississippi), puis au Fort Louis de La Mobile (à Mobile dans l’Alabama) et finalement, au Vieux Carré de La Nouvelle-Orléans. Pour sa part, le fort de Chartres (à Saint-Louis Missouri) devient le siège des administrations régionales du pays des Illinois.
La Louisiane comme la Baie du Nord est principalement peuplée par des colons provenant de Nouvelle-France. On a une migration de colons d’un territoire à l’autre en Nouvelle-France.

… La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 88

Deuxième partie

Atelier de Serdica :

Le style des graveurs de Serdica est assez particulier. On y discerne un portrait de l’empereur assez rigide mais néanmoins expressif. La titulature de droit est généralement longue, le buste richement décoré et la tête de taille moyenne. Probablement pour des raisons historiques et géographiques, le type de Sol (Le Soleil) dans un quadrige vu de face prend une importance majeure dans cet atelier. Quatre officines furent actives durant les deux premières émissions.
Trois officines seulement sont connues pour la troisième émission où la marque d’officine est provisoirement notée en lettre latine (P, S et T : respectivement pour prima officina, secunda officina et tertia officina). Le nombre d’officines remonte à quatre lors de l’émission suivante, et, après trois ans d’inactivité, descend finalement à deux lors de la dernière émission. Les monnaies de la dernière émission présentent dans le champ les lettres MS, marque explicite de l’atelier (Moneta Serdicae). On retrouve aussi une abréviation semblable sur les monnaies de Cyzique lors des deux dernières émissions. La marque habituelle XXI est présente en numérotation grecque KA.

La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 87

L’obole à l’oiseau des Sotiates

Les oboles à l’oiseau des Sotiates nous étaient inconnues et n’étaient pas répertoriées dans les ouvrages concernés. C’est dans les années 2000 que ces petites monnaies sont découvertes en Béarn, dans les Hautes-Pyrénées et le Gers, moins de dix oboles d’après l’Euroatlas.

Ces divisions des drachmes du sud de la Gaule n’ont attiré que très peu l’attention des chercheurs, certainement à cause de la quantité limitée d’exemplaires. Dans cette note, nous souhaitons revenir sur ce type d’obole dit « à l’oiseau ».
Depuis l’Antiquité, les hommes sont fascinés par leur vol. Les oiseaux représentent la liberté, ils étaient investis de pouvoirs magiques et mystiques.
Les peuples ibériques venus occuper le piémont pyrénéen, ont-ils trouvé la paix et la liberté en Gaule ? Est-ce le message qu’ils nous ont laissé en frappant ces petites monnaies ?
Hormis celles de Marseille, les divisionnaires des drachmes des peuples du sud de la Gaule sont rares, voire très rares pour certaines, connues à quelques exemplaires. Qu’elles soient avec une tête, à la croix, au cheval, au sanglier, au loup, au daim, à l’hippocampe et à l’oiseau, on ne les retrouve pas dans les trésors et les dépôts répertoriés. Ont-elles été frappées uniquement pour des offrandes, ou des numéraires afin de faciliter certains paiements ? Le peu de monnaies retrouvées nous laisse dans le doute quant à leur utilité.
Ces oboles à l’oiseau sont à rapprocher des premières drachmes au cheval et à l’oiseau publiées en 2000 par L. Villaronga, et Richard JC en 2002 sans donner le lieu de découverte.
En Béarn, les mêmes exemplaires ont été découverts (Callegarin 2009) et confirment la présence de l’oiseau sur le cheval, l’oiseau de la drachme et de l’obole sont de même style.


Pendant très longtemps, les numismates voyaient au dessus du cheval une aile stylisée comme si ce revers avait été copié du pégase de la drachme d’Emporia.
Il est plausible que ces monnaies aient été influencées par les imitations du statère à l’oiseau conducteur de Philippe II de Macédoine (Callegarin 2011). …
La suite de l’article dans Monnaies & Détections n° 86

Le monnayage de Probus, empereur romain au destin tragique

Probus (276–282), aureus, (or, 5,98 g, 22mm), Siscia. Avers : IMP C M AVR PROBVS PF AVG, buste de l’empereur à gauche, cuirassé et lauré à gauche, portant le manteau impérial, tenant un sceptre avec un aigle à sa cime. “Imperator Cæsar Marcus Aurelius Probus Pius Augustus”, l’empereur césar Marc Aurèle Probus pieux auguste. Revers : HERCVLI ERY-MANTHIO, Hercule nu se tenant debout, portant le sanglier Erymanthias sur son épaule. « Herculi Erymanthio », Hercule à l’Erymanthias.

La fin de la dynastie des Sévères en 235, plonge l’Empire dans une période chaotique où les empereurs se succèdent au gré des acclamations impériales et des affrontements entre les diverses légions de l’armée romaine. Peu d’empereurs ont la force et la possibilité de maintenir l’Empire entre leurs mains pendant plus de cinq ans. Ces empereurs, avant d’être des dirigeants politiques, doivent être avant tout de grands chefs militaires.
Cette “anarchie militaire”, terme sous lequel on dénomme souvent la seconde moitié du troisième siècle, ne prend fin qu’avec la mise en place de la tétrarchie (système politique dirigée par quatre chefs militaires, les tétrarques), laquelle va vite donner naissance à la dynastie constantinienne.
Parmi ces empereurs, grands chefs militaires, on peut citer Aurélien (270-275) et Probus (276-282).
Probus s’inscrit dans la continuité politique d’Aurélien et de ses réformes. Il entreprend de maintenir l’Empire unifié, continue la décentralisation de Rome mise en œuvre par Aurélien et tente de conserver un système monétaire stable en mettant un frein à l’éternelle dévaluation de l’antoninien et à la crise économique qui sévit depuis la fin de la dynastie des Sévères.

Une brillante carrière militaire qui mène au pouvoir

Marcus Aurelius Probus naît le 19 août 232 à Sirmium, capitale de la Pannonie (actuelles Hongrie et Serbie). Ses origines familiales sont incertaines : son père Maximus serait soit tribun militaire soit agriculteur.

Buste en marbre de Probus conservé au Musée du Capitole à Rome.

Probus, grand général, connaît une importante et brillante carrière militaire dès le règne de Valérien Ier (253-260). En effet, cet empereur le remarque et lui confie le commandement d’une légion. Il combat les Germains et les Sarmates. Il aurait aussi mené des missions de pacification en Afrique dans la région de Carthage et participé aux campagnes d’Aurélien contre Zénobie, reine de Palmyre (actuelle Syrie).
Fin 275, début 276, l’empereur Marcus Claudius Tacite (275-276) le promeut commandant de l’armée d’Orient (dux orientis), pour assurer la protection de la Syrie et de l’Égypte.
En juin 276, Tacite est assassiné.

…

La suite de cet article dans Monnaies & Détections n° 86

L’Indochine française (ou l’Union indochinoise française) est une ancienne colonie d’exploitation, création de l’administration coloniale, regroupant, sous une administration unique : le Tonkin, l’Annam et la Cochinchine sous le nom d’état du Viêt Nam (territoire identique à celui de l’actuelle République socialiste du Viêt Nam), le Laos et le Cambodge et le territoire de Kouang-Tchéou-Wan. L’unité monétaire y est la piastre.
Après une phase de conquête où se distinguèrent missionnaires, officiers et géographes, la politique coloniale française en Indochine vit s’illustrer des hommes politiques comme Jules Ferry, Paul Bert, Paul Doumer ou Albert Sarraut.
Lourde fiscalité et pression administrative furent à l’origine de troubles, avant que la montée du nationalisme annamite, la seconde guerre mondiale et l’intervention du Japon ne mettent fin à un siècle de présence française en Indochine.

La conquête de l’Indochine

L’évangélisation du Tonkin, de la Cochinchine et du Cambodge se fait entre 1658 et 1700.
Les premiers missionnaires catholiques de nationalités portugaise, espagnole, italienne et française mettent le pied en Indochine au XVIIe siècle et fondent des communautés chrétiennes.
Dans les années 1620, un missionnaire, le père Alexandre de Rhodes, met au point une écriture vietnamienne fondée sur l’alphabet latin. Toutefois, l’enseignement du Hán tự, le système d’idéogrammes chinois, continue dans les écoles. En 1661, le missionnaire François Pallu part pour une mission d’évangélisation et d’alphabétisation au Tonkin.
Il faudra attendre le début du XXe siècle, pour que le Quốc ngữ, le vietnamien alphabétisé, s’impose graduellement, malgré la résistance des lettrés. Le Quốc ngữ sera imposé dans les écoles au détriment du sino-vietnamien, jugé comme un patois déchu. Ce nouvel alphabet facilitant l’apprentissage du français, l’administration française n’y sera pas étrangère.
En 1757-1761, la France perd ses possessions en Inde, à la suite de la guerre de Sept ans contre le Royaume Uni. (Monnaies et détection, n° 82 et n° 84)
À partir de 1763, sous Louis XV, les Français vont donc chercher à s’implanter en Asie pour s’assurer des débouchés. C’est le début des relations diplomatiques et des aides militaires françaises à l’Annam et au Tonkin. C’est aussi la présence des premiers commerçants français à Tourane et Saïgon.
L’empire d’Annam est dirigé par la dynastie des Nguyễn, qui s’étend du nord au sud de la péninsule indochinoise, sur sa côte orientale, du delta du Fleuve Rouge à celui du Mékong. Il est bordé à l’ouest par l’actuel Laos, morcelé en principautés, et au sud-ouest par le royaume khmer, entré dans une longue période de décadence.
De 1783 à 1788, sous Louis XVI, un premier projet de colonisation est mis en place : la France aide l’empereur Gia Long à prendre le pouvoir. Gia Long unifie le Vietnam. En remerciement, la France reçoit le comptoir de Tourane et l’archipel Poulo-Condore en 1788.
De 1793 à 1798, à cause de la Révolution française, la France renonce à son projet de conquête de l’Indochine, et abandonne le port de Tourane et l’archipel de Poulo-Condore.
Lors du Traité de Vienne (1815-1816), ces deux possessions abandonnées ne sont même pas évoquées.
Sous Louis XVIII, un retour colonial en Asie est envisagé. Des religieux et des conseillers militaires sont envoyés après 1817.
La conquête de l’Algérie et sa pacification (1830-1848) retarde un retour militaire en Indochine, qui ne sera pas effectif avant les années 1850.
Au cours des années 1840, la persécution ou le harcèlement des missionnaires catholiques par les empereurs Minh Mạng et Thiệu Trị (r. 1841-1847) ne suscita que des réponses sporadiques et non officielles des Français.
En 1847, la France intervient encore non officiellement pour protéger ses missions menacées par les empereurs. Elle attaque Da Nang (bataille navale de Tourane).
Dès 1854, des relations diplomatiques et militaires sont engagées avec le Cambodge qui deviendra protectorat français en 1863.
La France obtient l’Indochine province après province, de 1858 à 1887.
Les premières interventions militaires françaises officielles remontent à 1858, à l’époque du Second Empire (1852-1871) avec comme prétexte la protection des missionnaires et des communautés chrétiennes.
En août 1858, l’escadre franco-espagnole de Charles Rigault de Genouilly débarque à Tourane et s’en empare. C’est la première intervention militaire officielle des Français. C’est le début de la conquête de la Cochinchine. La campagne de Cochinchine (vietnamien : Chiến dịch Nam Kỳ, 1858-1862), commence comme une expédition punitive franco-espagnole limitée et se termine en guerre de conquête française. Elle se conclut par la colonisation française de la Cochinchine, prélude à presque un siècle de domination française au Viêt Nam.
En février 1859, Saïgon, capitale de la Cochinchine d’alors, est prise par la France, seule, car l’Espagne a auparavant abandonné la conquête après l’échec d’une tentative contre Hué.
Le 5 juin 1862, c’est la conclusion entre la France et l’empereur de l’Annam du Traité de Saïgon, stipulant que les trois provinces orientales du sud du Dai Nam : Bien Hoa, Gia Dinh, Vinh Tuong et l’île de Poulo Condor, deviennent la colonie de Cochinchine française. La France obtient également pour sa colonie la liberté religieuse, le droit de commercer et voyager librement le long du Mékong, à ouvrir au commerce les ports de Tourane, Quang Yen et Ba Lac (à l’embouchure du Fleuve Rouge), le droit de commerce en Annam et au Tonkin et 4 millions de piastres (20 millions de francs or).
Les Français placent leurs trois provinces vietnamiennes du sud sous le contrôle du Ministère de la Marine.
En 1863, le Cambodge est placé sous protectorat français.
En 1867, la France érige en colonie la Cochinchine et annexe le Cambodge. … La suite dans Monnaies & Détections n° 85

Cette publication a pour but de présenter des monnaies inédites de François Fébus, frappées à l’atelier de Morlaàs.

François Fébvs, né en 1467, mort en 1483 à Pau, fut roi de Navarre et vicomte du Béarn de 1479 à 1483. Il hérite de sa grand-mère paternelle Eléonore 1ère, le trône de roi de Navarre alors qu’il n’a que 12 ans. Sa mère assurera la régence pendant son court règne.

Le monnayage de François Fébvs est très varié. Les monnaies de Navarre sont frappées en Espagne (Pampelune), celles du Béarn, dans l’atelier de Morlaàs (château de la Fourquie) et ressemblent à celles de son grand-père. Il n’y a pas de denier (du moins, non trouvé à ce jour). Les demi-blancs et la baquette sont rares. Pour avoir travaillé sur le monnayage béarnais, les musées numismatiques de Paris, Londres, Pampelune et Pau ne possèdent pas d’exemplaire de cette dernière. Nous connaissons cette petite monnaie de billon par le dessin du Poey d’Avant, baquette de sa collection, reprise par Gustave Schlumberger dans son livre « Monnaies, jetons et médailles du Béarn ».

Baquette : Billon 0,56 g

Avers : + F : F : D : G : DNS : BEARNI. Vache de Béarn sous une couronne.
Revers : + PAX : ET : HONOR : FOR. Croix cantonnée d’un F et E.
VARIÉTÉ signalée par Schlumberger, mais jamais vue :
Avers : FBS . D . G . COM . BEARNIE. Revers : PAX ET HONOR FORQVIE.


Baquette : Billon 0,78 g.
Collection personnelle

Avers : + F : F : D : G : DNS : BEARNI. Vache de Béarn pas de couronne.
Revers : + PAX : ET : HONOR : FOR. Croix cantonnée d’un besant au 1 et 2 d’un F en 3.


Baquette : Billon 0,85 g.
Collection personnelle

Avers : + F xx   D xx   G xx   DNS xx   BEARNIE. Vache de Béarn sous une couronne.
Revers : + PAX xx   HONOR xx   FORQVIE. Croix non cantonnée.

Il existait trois variétés répertoriées de ces rares monnaies frappées à peu d’exemplaires sur un règne très court, mais en deux ans, la découverte de trois nouvelles baquettes complète cette série. … La suite dans Monnaies & Détections n° 83

Une monnaie énigmatique

La drachme dite « à la paire de fesses » 

Ce monnayage nous est connu par deux trésors découverts dans le département des Landes en 1845 à Eyres-Moncube (250 pièces) et en 1892 à Pomarez (400 pièces). Plusieurs trouvailles de monnaies isolées sont venues compléter notre vision sur ce monnayage que nous percevons encore très mal.

La plupart des trouvailles ont été effectuées dans le département des Landes à Saint-Maurice-sur-Adour (2 pièces) ou à Sanguinet. Mais nous avons aussi des indications de découvertes, dans le Tarn-et-Garonne à Sos (1 pièce sur 4 pièces retrouvées) et au Mas-de-l’Agenais (2 pièces sur 5 pièces retrouvées), dans la Haute-Garonne à Vieille-Toulouse (1 pièce), dans le Lot à Capdenac (1 pièce sur un trésor total de 535 pièces retrouvées) et à Bordeaux (carte n° 1).

La datation des monnaies de ces deux trésors semble se situer au IIe siècle avant J.-C, avant -118. La circulation de ces monnaies à protubérances est attestée tout au long du Ier siècle avant JC, se prolongeant même, à titre résiduel, jusqu’à la période augusto-tibérienne, soit jusqu’au Ier siècle après JC. Elles circulent donc même avant et durant la Guerre des Gaules (58-50 avant JC).

On a pensé tout d’abord que ce type de monnaie avait été émis par le peuple celte de la région de Tarbes, les Tarbelles, mais ensuite, qu’il pouvait s’agir d’une émission du peuple celte de la région de Tartas, les Tarusates.

Les Tarusates comme les Sotiates ou les Élusates furent soumis par Publius Licinius Crassus, lieutenant de César, fils de Crassus en 56 avant J.-C.

Ce petit peuple aquitain avait son territoire circonscrit autour de Tartas dans l’actuel département des Landes entre Dax et Mont-de-Marsan. … La suite dans Monnaies & Détections n° 82 

Le monnayage colonial français

La monnaie des comptoirs de l’Inde française (Pondichéry)

Une puissance coloniale est un Etat qui envoie dans un autre pays, une réunion de personnes – femmes, hommes et enfants – afin d’y établir une présence pérenne et autonome, une colonie de peuplement, et d’y bâtir une société. Cette nouvelle société s’épanouit et se développe en particulier grâce à l’agriculture, à la chasse et au commerce.

La colonie de peuplement (Canada français) est différente du comptoir commercial colonial (Inde française) dont le but n’est pas de peupler, mais de faire des échanges commerciaux avec les commerçants locaux.

Monnayage colonial est le nom donné aux monnaies émises dans et pour ces territoires soumis à une métropole, à une puissance coloniale. La numismatique coloniale française couvre trois siècles d’histoire et un très vaste espace géographique.

Les comptoirs coloniaux français de l’Inde sont formés de l’ensemble des territoires et des bureaux généraux de commerce établis en différentes localités, que la France a maintenu dans la péninsule indienne jusqu’au milieu du XXe siècle.

À la fin du XVIe siècle, deux évènements vont révolutionner l’Occident et son commerce maritime : la découverte de l’Amérique et la découverte de la route des Indes qui avaient auparavant apporté beaucoup au niveau économique pendant l’Antiquité. C’est bien le commerce qui garantira le contact entre l’Orient et l’Occident, bien qu’il ne soit pas encore question de colonies, mais plutôt de rêve et de convoitises liés aux richesses inestimables relatées dans les récits des voyageurs, poussant même les Européens à braver l’inhospitalité maritime de la côte du Coromandel.

Cet attrait pour la richesse de l’Inde est source de nombreux conflits entre membres de l’Europe qui veulent s’approprier le contrôle des routes maritimes et des comptoirs, qui deviendront très vite des bastions fortifiés. Ce sont les Anglais qui finalement au XIXe siècle arriveront à asseoir leur domination, après les Portugais, les Hollandais, les Danois, les Suédois. Les Français n’obtiendront le contrôle que tardivement après de nombreux échecs.

Comptoirs, compagnies de commerce et monnayages coloniaux 

En France, les comptoirs se développent aux XVIIe et XVIIIe siècles, notamment en Afrique occidentale pour la traite des Noirs et le commerce du coton, et en Inde (Pondichéry et Chandernagor) pour les indiennes de coton et les épices. Des comptoirs sont créés également en Amérique du Nord (par exemple, Tadoussac au Québec pour les fourrures et la morue).

Le comptoir colonial 

C’est une structure coloniale à vocation commerciale permettant au pays qui le contrôle de s’assurer un approvisionnement en ressources provenant des régions environnantes. Ces mêmes régions peuvent en échange acquérir des produits provenant du pays contrôlant le comptoir. Le principe du comptoir est que le pays qui le contrôle exclut le peuplement ou le contrôle politique direct des régions avec lesquels le commerce est réalisé, son but étant de faciliter le commerce en permettant le développement d’infrastructures locales : routes, voies ferrées, ports, habitations, infrastructures d’entretien des navires, banques, correspondant à la technologie et aux standards du pays qui le contrôle.

Les pays qui contrôlent ces comptoirs acquièrent ainsi la capacité d’accéder directement aux matières premières ou autres produits introuvables chez eux comme l’or, le caoutchouc, les épices, etc. Historiquement, les comptoirs sont aussi les lieux de départ du commerce des esclaves, notamment en Afrique subsaharienne.

Étant organisés par un seul pays, les échanges métropole/colonies sont monopolistiques – en général opérés par une seule grande compagnie commerciale – et protectionnistes, les prix n’étant pas fixés sur la base d’un échange concurrentiel, le tout au bénéfice exclusif du pays possédant le comptoir. En raison de leur intérêt commercial, les comptoirs sont souvent l’objet d’attaque ou d’invasion par des puissances concurrentes cherchant à prendre le contrôle du commerce régional.

Certains comptoirs restent des lieux d’échange commerciaux mais d’autres sont une étape avant la colonisation complète des régions avoisinantes, comme le fit la France en Afrique. … La suite dans Monnaies & Détections n° 82